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RÉSUMÉ 1)E D'HISTOIRE DE FRANCE.
françaises furent détruites sans combattre; on admirala retraite du maréchal de Belle-Isle en Allemagne . Lefameux roi de Prusse, Frédéric, se montra grand po-litique et grand capitaine : il conquit la Silésie . Danscette guerre, la France fut l’alliée delà Prusse et del’électeur de Bavière prétendant à l’empire; elle luttacontre l’Angleterre, la Hollande et le Piémont . La ba-taille de Fontenoy (1745) fut gagnée, en France , contreles deux premières puissances, par le maréchal deSaxe. Louis XV était à l’armée; sa maison se battitvaillamment et contribua à la victoire. Les succès fu-rent partagés en Italie , et la paix d’Aix-la-Chapelle(1748) couronna la persévérance courageuse de Marie-Thérèse. La guerre s’était allumée aussi sur les mers.Des marchands français s’emparèrent de Madras, etnotre commerce fut respecté dans les Indes . A cetteépoque, Ëdouard Stuart, aidé par la France , étaitdébarqué en Écosse , il échoua après quelques succès.
La guerre recommença bientôt (1749). L’Angleterreconvoitait le Canada , et, violant le droit des gens,elle reprit les hostilités sans déclaration. Les armesfrançaises furent d’abord prospères au Canada et enEurope . Richelieu prit Mahon; un combat naval futgagné. D’Estrées battit les Anglais à Ilastembeck; leHanovre fut conquis. Dans cette guerre, l’anciennepolitique de l’Europe fut bouleversée; on vit les allian-ces les plus étranges. La France était unie à l’Autriche contre le roi de Prusse. H était perdu. Souhise mar-chait contre lui avec la puissante armée des coalisés.Frédéric la mit (1787), à Rosback, dans une dérouleaussi complète que celle qui eut lieu cinquante ansaprès, à léna. La guerre se prolongea jusqu’au traitéde Paris (1763), qui dépouilla la France de ses pos-sessions en Amérique, excepté la Nouvelle-Orléans .L’alliance contractée alors avec l’Espagne , sous le nomde Pacte de famille, ne fut pas heureuse pour laFrance . Chatam gouvernait l’Angleterre, dont il élevaitla puissance au plus haut degré.
Pour achever le tableau de ce règne, il faudrait par-ler des interminables querelles religieuses et des in-trigues politiques dont l’objet était une bulle Unige-nitus qui proclamait l’infaillibilité du pape. II faudraitrappeler la persécution renouvelée par les jésuites etle pouvoir contre les jansénistes et le parlement, ainsique les ridicules miracles avec lesquels ceux-ci essayè-rent de se défendre. 11 faudrait raconter les déborde-ments de la cour et les scandales de la vie privée d’unroi qui n’aimait pas le peuple; d’un roi qui, s’aban-donnant aux femmes les plus éhontées, donna le gou-vernement à la débauche comme une récompense, etpassa dans les orgies du Parc aux Cerfs le temps où lepeuple manquait de pain. Il faudrait décrire le despo-tisme mesquin des lettres de cachet, et dire commentun chancelier Maupeou osa, à la face de la nation,mettre des créatures à la place déjugés qu’on trouvaittrop intègres. Mais pourquoi s’arrêter à l’ignoble spec-tacle de cette décrépitude de l’arbitraire? Elle a pro-duit les plus grands biens; c’est assez. Le règne deLouis XV est celui de tous auquel la France a le plus
d’obligation : il l’a fait penser profondément ; il a des-sillé ses yeux, en laissant tomber l’auréole du pou-voir absolu ; il a hâté l’époque de la virilité nationale.Le despotisme dégradé est aussi instructif pour lespeuples que le despotisme entouré de gloire leur estfuneste.
Parlons seulement du ministère de Clioiseul qui ren-dit à la France quelque dignité au dehors et conquitla Corse. Rappelons l’expulsion des jésuites qui ve-naient de tuer un roi en Portugal , et qui furent soup-çonnés d’avoir dirigé sur Louis XV le poignard deDamiens. Cet événement est curieux dans un règne oùle fanatisme immola le vieillard Calas et le jeune La-barre. On avait pris Avignon ; on le rendit au papepour le remercier d’abolir l’institut jésuitique. Il fautparler aussi du patriote La Clialotais, qui osa se ren-dre l’organe du parlement de Bretagne en dénonçantla tyrannie concussionnaire de son gouverneur. C’étaitse dévouer que de braver la puissance de l’impunité.
Contemplons maintenant la marche de ce xvm' siè-cle,-voué à la malédiction de tous les partisans del’ignorance, du fanatisme et de l’obéissance passive.Quelque blâme que mérite la corruption de la régence,c’est à cette époque que l’esprit français s’émancipa.Les paradoxes littéraires de Lamoltc attestaient del’indépendance et l’envie de se frayer des roules nou-velles. Fontenelle popularisait la science; Montes-quieu jetait déjà un coup d’œil hardi sur les mœurs,les croyances et les lois des peuples. Voltaire portal’esprit philosophique dans la littérature; Massillon,en le portant dans la chaire, rendit un moment l’élo-quence chrétienne l’interprète d’une raison sévère.Les protestants réfugiés, Bayle surtout, avaient con-tribué plus ou moins à l’affranchissement de la pensée ;les Anglais avaient montré, dans l’examen des ques-tions religieuses, une hardiesse que Voltaire imita.Frédéric, qui n’était point un philosophe, mais seule-ment un esprit fort, car la philosophie est la science defaire du bien aux hommes, Frédéric appela Voltaire etle protégea ouvertement. Il se forma en France uneassociation de philosophes instruits, qui entreprirentl’Encyclopédie, c’est-à-dire la grande pensée de Bacon ,assujettie à l’alphabet. Une autre association, moinsvantée, rendit, selon moi, de plus grands services àl’humanité : je veux parler des économistes, qu’on n’apointàssez appréciés parce qu’ils ont prêté au ridicule,et qu’en France le ridicule est mortel. Malgré leur tondogmatique, les formes ambitieuses de leur style, etles inductions trop exclusives qu’ils tiraient de prin-cipes qui sont contestés aujourd’hui, on leur doit de lareconnaissance pour avoir dirigé la curiosité nationalevers l’examen des questions d’intérêt public. Les sys-tèmes bizarres ont pullulé ; mais l’attention s’est tour-née vers l’utile ; les causes de la misère et du malaisedes peuples ont été cherchées, et l’esprit public s’estformé. Adam Smith et les Écossais ont appliqué à cetteétude philanthropique la même rectitude d’esprit qu’ilsont portée dans l’histoire philosophique, en suivantles traces de Voltaire . Les Italiens se sont également