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Tome I.
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CONVENTION NATIONALE (1792).

ciper aux embarras d’un autre, en acceptant lepapier qui représente ses dettes.

L’impétuosité du caractère de Dumouriez , por-tée jusqu’à l’imprudence, ne permet pas de croirequ’il fût demeuré depuis le 7 jusqu’au 11 à Mous,et qu’il eût laissé le duc de Saxe-Tesclien se reti-rer tranquillement, si des détails d’administrationne l’eussent retenu malgré lui, et n eussent absorbéson attention qui aurait dû être exclusivementfixée sur les détails militaires. Il forma un plantrès-bien conçu; c’était de passer lui-même desmarchés avec les Belges, pour les vivres, four-rages et approvisionnements. Il y avait à cela unefoule d’avantages. Les objets à consommer étaientsur les lieux, et on n’avait pas à craindre les re-tards. Ces achats intéressaient beaucoup de Belgesà la présence des armées françaises . En payant lesvendeurs en assignats, ceux-ci étaient obligés d’enfavoriser eux-mêmes la circulation ; on se dispen-sait ainsi de rendre cette circulation forcée, choseimportante, car chaque individu à qui arrive unemonnaie forcée se regarde comme volé par l’auto-rité qui l’impose, et c’est le moyen de blesser leplus universellement un peuple. Dumouriez avaiten outre songé à faire des emprunts au clergé,avec la garantie de la France . Ces emprunts luifournissaient des fonds et du numéraire ; et leclergé, quoique frappé momentanément, se sen-tait rassuré sur son existence et ses biens, puis-qu’on traitait avec lui. Enfin la France ayant àdemander aux Belges des indemnités pour les fraisd’une guerre libératrice, on eût affecté ces indem-nités au payement des emprunts, et, moyennantun léger appoint, toute la guerre eût été payée, etDumouriez , comme il l’avait annoncé, aurait vécuaux frais de la Belgique , sans la vexer ni la désor-ganiser. Mais c’étaient là des plans de génie, et,en temps de révolution, il semble que le géniedevrait prendre un parti décidé : il devrait ou pré-voir les désordres et les violences qui vont suivre,et se retirer sur-le-champ; ou, en les prévoyant,s’y résigner, et consentir à être violent pour con-tinuer d’être utile à la tête des armees ou de 1 État.Aucun homme n’a été assez détache des choses deCe monde, pour essayer du premier parti; il en est11 n qui a été grand, et qui a su demeurer pur enVivant le second. C’est celui qui, placé au comité( iu salut public, sans participer a ses actes politi-ses, se renferma dans les soins de la guerre, et°j' c junïsa la victoire, chose pure, permise, et tou-J° l 'rs patriotique sous tous les régimes.

Dumouriez s’était servi pour ses marchés et sesopérations financières de Malus, commissaire desguerres, qu’il estimait beaucoup parce qu’il letrouvait habile et actif, sans trop s’inquiéter s’ilétait modéré ou non dans ses gains; il avait em-ployé aussi le nommé d’Espagnac, ancien abbélibertin, et l’un de ces corrompus spirituels del’ancien régime, qui faisaient tous les métiers avecbeaucoup de grâce et d’habileté, et laissaient danstous une réputation équivoque. Dumouriez le dé-pêcha au ministère pour expliquer ses plans, etfaire ratifier tous les engagements qu’il avait pris.Il donnait déjà bien assez de prise sur lui par l’es-pèce de dictature administrative qu’il s’arrogeait,et par la modération révolutionnaire qu’il montraità l’égard des Belges, sans se compromettre encorepar son association avec des hommes déjà suspects,et qui, ne le fussent-ils pas, allaient bientôt ledevenir. Dans ce moment en effet une rumeur gé-nérale s’élevait contre les anciennes administra-tions, qui étaient remplies, disait-on, de friponset d’aristocrates.

Après avoir donné ses soins à l’entretien de sessoldats, Dumouriez s’occupa d’accélérer la marchede Labourdonnaye. Ce général, après s’être obstinéà demeurer en arrière, n’était entré à Tournay quefort tard, et là, il provoquait des scènes dignesdes jacobins, et levait de fortes contributions.Dumouriez lui ordonna de marcher rapidement surGand et l’Escaut, pour se rendre à Anvers et ache-ver ensuite le circuit du pays jusqu’à la Meuse.Valence, enfin arrivé en ligne après des retardsinvolontaires, eut ordre d’être le 13 ou le 14 àNivelles. Dumouriez , croyant que le duc de Saxe-Teschen se retirerait derrière le canal de Vilvorde ,voulait que Valence, tournant la forêt de Soignes ,se portât derrière ce canal, et y reçut le duc aupassage de la Dyle.

Le 11, il partit de Mons , ne joignit que lente-ment l’armée ennemie, qui elle-même se retiraitavec ordre, mais avec une extrême lenteur. Malservi par ses transports, il ne put pas arriver assezpromptement pour se venger des retards qu’il avaitété obligé de subir. Le 13, s’avançant lui-mêmeavec une simple avant-garde, il donna au milieude l’ennemi à Anderlecht, et faillit être enveloppé ;mais, avec son adresse et sa fermeté ordinaires,il déploya sa petite troupe, usa avec beaucoupd’appareil dé quelques pièces d’artillerie, et per-suada aux Autrichiens qu’il était sur le champ debataille avec toute son armée. 11 parvint ainsi à les

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