CONVENTION NATIONALE (1795).
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1 cependant que la cherté du pain, le défaut de» circulation dans les subsistances, la mauvaise8 administration dans les armées, et l’indigence8 dont le spectacle nous afflige, tiennent à d’autres8 causes que celle du Temple. Quels sont donc8 leurs projets? Qui me garantira que ces mêmes8 hommes qui s’efforcent continuellement d’avilir
* la convention, et qui peut-être y auraient réussi8 si la majesté du peuple, qui réside en elle, pou-8 vait dépendre de leurs perfidies; que ces mêmes8 hommes qui proclament partout qu’une nouvelle
* révolution est nécessaire, qui font déclarer telle8 ou telle section en état d’insurrection perma-8 nente, qui disent à la commune que lorsque la8 convention a succédé à Louis on n’a fait ques changer de tyrans, et qu’il faut une autre jour-8 née du 10 août ; que ces mêmes hommes qui ne» parlent que de complots, de mort, de traîtres ,» de proscriptions; qui publient dans les assem-8 blées de section et dans leurs écrits qu’il faut8 nommer un défenseur à la république, qu’il n’y8 a qu’un chef qui puisse la sauver; qui me ga-8 rantira, dis-je, que ces mêmes hommes ne crie-8 l'ont pas, après la mort de Louis, avec la plus8 grande violence : Si le pain est cher, la cause en8 est dans la convention; si le numéraire est rare,8 si nos armées sont mal approvisionnées, la cause8 en est dans la convention ; si la machine du gou-8 vernement se traîne avec peine, la cause en est8 dans la convention chargée de la diriger; si les8 calamités de la guerre se sont accrues par les8 déclarations de l’Angleterre et de l’Espagne , la8 cause en est dans la convention, qui a provoqué8 ces déclarations par la condamnation précipitée8 de Louis!
» Qui me garantira qu’à ces cris séditieux de la8 turbulence anarchique, ne viendront pas se ral-8 lier l’aristocratie avide de vengeance, la misère8 avide de changement, et jusqu’à la pitié que des» préjugés invétérés auront excitée sur le sort de8 Louis? Qui me garantira que celte tempête, où8 l’on verra ressortir de leurs repaires les tueurs8 du 2 septembre, on ne vous présentera pas tout8 couvert de sang, et comme un libérateur, ce dé-8 faiseur, ce chef qu’on dit être si nécessaire?8 Un chef! ah! si telle était leur audace, il nepa-8 raîtraït que pour être à l’instant percé de mille8 coups ! Mais à quelles horreurs ne serait pas livré8 Paris; Paris , dont.la postérité admirera le cou-8 cage héroïque contre les rois, et ne concevra ja-8 mais 1 ignominieux asservissement à une poignée1
» de brigands, rebut de l'espèce humaine, qui s’a-» gitent dans son sein et le déchirent en tous sens» par les mouvements convulsifs de leur ambitions et de leur fureur ! Qui pourrait habiter une cité» où régneraient la terreur et la mort! Et vous,» citoyens industrieux, dont le travail fait toute la» richesse, et pour qui les moyens de travail se-8 raient détruits, vous qui avez fait de si grands8 sacrifices à la révolution, et à qui l’on enlèverait» les derniers moyens d’existence, vous dont les8 vertus, le patriotisme ardent et la bonne foi ont» rendu la séduction si facile, que deviendriez-s vous ? quelles seraient vos ressources? quelles8 mains essuieraient vos larmes et porteraient des» secours à vos familles désespérées?
8 Iriez-vous trouver ces faux amis, ces pér-il fides flatteurs qui vous auraient précipités dans» l’abîme? Ah! fuyez-Ies plutôt! redoutez leur8 réponse ! je vais vous l’apprendre. Vous leurd demanderiez du pain; ils vous diraient : Allezd clans les carrières disputer à la terre quelques8 lambeaux sanglants des victimes que vous avez8 égorgées! Ou Voulez-vous du sang? Prenez, en8 voici du sang et des cadavres , nous n’avons pasd d'autre nourriture à vous offrir!... Vous frémis-8 sez, citoyens! 0 ma patrie, je demande acte à8 mon tour des efforts que je fais pour te sauver8 de celte crise déplorable, s
L’improvisation de Vergniaud avait produit surses auditeurs de tous les côtés une impression pro-fonde , et une admiration générale. Itobespierreavait été atterré sous cette franche et entraînanteéloquence. Cependant Vergniaud avait ébranlémais n’avait pas entraîné l’assemblée, qui hésitaitentre les deux partis. Plusieurs orateurs furentsuccessivement entendus, pour ou contre l’appelau peuple. Brissot, Gensonné , Pétion, le soutinrentà leur tour. Enfin un orateur eut sur la questionune influence décisive; ce fut Barrère. Par sa sou-plesse, son éloquence évasive et froide, il était lemodèle et l’oracle du milieu. Il parla longuementsur le procès, l’envisagea sous tous les rapports,des faits, des lois et de la politique, et fournit desmotifs de condamnation à tous les faibles qui nedemandaient que des raisons spécieuses pour cé-der. Sa médiocre argumentation servit de prétexteà tous ceux qui tremblaient, et dès cet instant lemalheureux roi fut condamné. La discussion s’é-tait prolongée jusqu’au 7 janvier 1793, et déjàpersonne ne voulait plus entendre cette éternellerépétition des memes faits et des mêmes raisonne
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