Band 
Tome I.
Seite
264
JPEG-Download
 

264

RÉVOLUTION FRANÇAISE.

menls. La clôture fut prononcée sans opposition ;mais la proposition d’un nouvel ajournement ex-cita un soulèvement des plus violents, et fut enfindécidée par un décret qui fixa la position des ques-tions et l’appel nominal au 14 janvier.

Ce jour fatal arrivé, un concours extraordinaire despectateurs entourait l’assemblée et remplissait lestribunes. Une foule d’orateurs se pressent pour pro-poser différentes manières de poser les questions.Enfin, après de longs débats, la convention ren-ferme toutes les questions dans les trois suivantes :

Louis Capct est-il coupable de conspiration con-tre la liberté de la nation, et d’attentats contre lasûreté générale cle l'Etat ?

Le jugement, quel qu'il soit, sera-t-il envoyé àla sanction du peuple ?

Quelle peine lui sera-t-il infligé?

Toute la journée du 14 avait été employée àposer les questions. Celle du 15 fut réservée àl’appel nominal. L’assemblée décida d’abord quechaque membre prononcerait son vote à la tribune;que ce vote pourrait être motivé, et serait écrit etsigné ; que les absents sans cause seraient censu-rés, mais que ceux qui rentreraient pourraientémettre leur vœu, même après l’appel nominal.Enfin ce fatal appel commence sur la premièrequestion. Huit membres sont absents pour causede maladie, vingt par commission de l’assemblée.Trente-sept, en motivant leurs voles de diversesmanières, reconnaissent Louis XVI coupable, maisse déclarent incompétents pour prononcer un ju-gement, et ne demandent contre lui que des me-sures de sûreté générale. Enfin six cent quatre-vingt-trois membres déclarent sans explicationLouis XVI coupable. L’assemblée se composait desept cent quarante-neuf membres.

Le président, au nom de la convention natio-nale, déclare Louis Capet coupable de conspirationcontre la liberté de la nation, et d’attentats contrela sûreté générale de l’Etat.

L’appel nominal recommence sur la secondequestion, celle de l’appel au peuple. Vingt-neufmembres sont absents. Quatre, lesquels sonlLafon,Waudelaincourt, Morisson et Lacroix, refusent devoter. Le nommé Noël se récuse. Onze donnentleur opinion avec différentes conditions. Deux centquatre-vingt-un votent pour l’appel au peuple;quatre cent vingt-trois le rejettent. Le présidentdéclare, au nom de la convention nationale, quele jugement de Louis Capet ne sera pas envoyé àla ratification du peuple.

La journée du 13 avait été absorbée tout entièrepar ces deux appels nominaux; le troisième futrenvoyé à la séance du lendemain.

L’agitation augmentait dans Paris à mesure quel’instant décisif s’approchait. Aux théâtres, desvoix favorables à Louis XVI s’étaient fait en-tendre à l’occasion de la pièce de l'Ami des Lois.La commune avait ordonné la suspension de tousles spectacles; mais le conseil exécutif avait ré-voqué cette mesure comme attentatoire à la libertéde la presse, dans laquelle on comprenait la libertédu théâtre. Dans les prisons il régnait une con-sternation profonde. On avait répandu que lesépouvantables journées de septembre devaient s’yrenouveler, et les prisonniers, leurs parents, as-siégeaient les députés de supplications, pour qu’onles arrachât à la mort. Les jacobins, de leur côté,disaient que de toutes parts on conspirait poursoustraire Louis XVI au supplice, et pour rétablirla royauté. Leur colère, excitée par les délais etles obstacles, en devenait plus menaçante et lesdeux partis s’effrayaient ainsi l’un l’autre, en sesupposant des projets sinistres. La séance du 16avait excité un concours encore plus considérableque les précédentes. C’était la séance décisive, carla déclaration de la culpabilité n’était rien siLouis XVI était condamné au simple bannissement,et le but de ceux qui voulaient son salut étaitrempli, puisque tout ce qu’ils pouvaient attendredans le moment., c’était de l’arracher à l’échafaud.Les tribunes avaient été envahies de bonne heurepar les jacobins, et leurs regards étaient fixés surle bureau où chaque membre allait paraître pourdéposer son vole. Une grande partie du jour estconsacrée à des mesures d’ordre public, à appelerles ministres, à les entendre, à provoquer des ex-plications de la part du maire, sur la clôture desbarrières qu’on disait avoir été fermées pendantla journée. La convention décrète qu’elles resterontouvertes, et que les fédérés présents à Paris par-tageront avec les Parisiens le service de la ville etde tous les établissements publics. Comme lajournée était avancée, on décide que la séance serapermanente jusqu’à la fin de l’appel nominal. Nl’instant où l’appel nominal allait commencer, ondemande à fixer à quel nombre de voix l'arrêt doitêtre rendu. Lehardy propose les deux tiers desvoix , comme dans les tribunaux criminels. Dan-ton , qui venait d’arriver de Belgique , s’y opposefortement, et requiert la simple majorité, cest-à-dire la moitié des voix plus une. Lanjutnais