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Tome I.
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CONVENTION NATIONALE (1795).

Louis XVI était mort, on s’armerait pour le ven-ger; que s’il était vivant et détenu, on s’armeraitde même pour le délivrer, et que par conséquentles résultats seraient les mêmes. Barrère préten-dit qu’il était indigne de promener ainsi une têtedans les cours étrangères, et de stipuler la vie oula mort d’un condamné comme un article de traité.11 ajouta que ce serait une cruauté pour Louis XVI lui-même, qui mourrait à chaque mouvement desarmées. L’assemblée, fermant aussitôt la discus-sion , décida que chaque membre voterait par ouiou par «on sans désemparer. Le 20 janvier, à troisheures du matin , l’appel nominal est terminé, etle président déclare, à la majorité de trois centquatre-vingts voix sur trois cent dix, qu’il ne serapas sursis à l’exécution de Louis Capet .

Dans cet instant il arrive une lettre de Kcrsaint.Ce député donne sa démission. 11 ne peut plus,dit-il à l’assemblée, supporter la honte de s’as-seoir dans son enceinte avec des hommes de sang,

alors que leur avis, précédé de la terreur, l’em-porte sur celui des gens de bien, alors que Marat l’emporte sur Pétion. Cette lettre cause une ru-meur extraordinaire. Gensonné prend la parole etchoisit cette occasion de se venger sur les septem-briseurs du décret de mort qu’on venait de ren-dre. « Ce n’était rien, disait-il, que d’avoir puni8 les attentats de la tyrannie, si on ne punissait1 d’autres attentats plus redoutables. On n’avait8 rempli que la moitié de sa tâche si on ne pu-* nissait pas les forfaits de septembre, et si on8 n’ordonnait pas une instruction contre leurs au-8 leurs. » À cette proposition, la plus grande par-l, e de l’assemblée se lève avec acclamation. —^lurat et Tallien s’opposent à ce mouvement. « Si8 vous punissez, s’écrient-ils, les auteurs de scp-8 lembre, punissez aussi les conspirateurs qui8 étaient retranchés au château dans la journée8 du 10 août. » Aussitôt l’assemblée, accueillant*°Utes ces demandes, ordonne au ministre de laJustice de poursuivre tout à la fois les auteurs desbrigandages commis dans les premiers jours deSe Ptembre, les individus trouvés les armes à la’ûain dans le château pendant la nuit du 9 au 10,et hs fonctionnaires qui avaient quitté leur posteb° llr revenir à Paris conspirer avec la cour.

Louis XVI était définitivement condamné ; au-Clln sursis ne pouvait différer le moment de laj, 6n tence, et tousles moyens imaginés pourreculerfatal étaient épuisés. Tous les membres°°té droit, les royalisles secrets comme les ré-

publicains, étaient également consternés et decette sentence cruelle et de l’ascendant que venaitd’acquérir la Montagne. Dans Paris régnait unestupeur profonde ; l’audace du nouveau gouverne-ment avait produit l’effet ordinaire de la force surles masses; elle avait paralysé , réduit au silencele plus grand nombre, et excité seulement l’indi-gnation de quelques âmes plus fortes. Il y avaitencore quelques anciens serviteurs de Louis XVI ,quelques jeunes seigneurs, quelques gardes ducorps, qui se proposaient, dit-on, de voler au se-cours du monarque et de l’arracher au supplice.Mais se voir, s’entendre, se concerter au milieude la terreur profonde des uns, et de la surveil-lance si active des autres, était impraticable, ettout ce qui était possible, c’était de tenter quel-ques actes isolés de désespoir. Les jacobins, char-més de leur triomphe, en étaient cependant éton-nés, et ils se recommandaient de se tenir serréspendant les dernières vingt-quatre heures, d’en-voyer des commissaires à toutes les autorités, à lacommune, à letat-major de la garde nationale, audépartement, au conseil exécutif, pour réveillerleur zèle et assurer l’exécution de l’arrêt. Ils sedisaient que cette exécution aurait lieu, qu’elleétait infaillible; mais, au soin qu’ils mettaient àle répéter, on voyait qu’ils n’y croyaient pas en-tièrement. Ce supplice d’un roi, au sein d’un paysqui, trois années auparavant, était, par les mœurs,les usages et les lois, une monarchie absolue, pa-raissait encore douteux, et ne devenait croyablequ’après l’événement.

Le conseil exécutif était chargé de la doulou-reuse mission de faire exécuter la sentence. Tousles ministres étaient réunis dans la salle de leursséances et frappés de consternation. Garat, commeministre de Injustice, était chargé du plus péniblede tous les rôles, celui d’aller signifier à Louis XVI les décrets de la convention. Il se rend au Temple,accompagné de Santerrc, d’une députation de lacommune et du tribunal criminel, et du secrétairedu conseil exécutif. Louis XVI attendait depuisquatre jours ses défenseurs, et demandait en vainà les voir. Le 20 janvier, à deux heures d’aprèsmidi, il les attendait encore, lorsque tout à coupil entend le bruit d’un cortège nombreux; il s’a-vance , et aperçoit les envoyés du conseil exécutif.Il s’arrête avec dignité sur la porte de sa cham-bre, et ne paraît point ému. Garat lui dit alorsavec tristesse qu’il est chargé de lui communiquerles décrets de la convention. Grouvclle, secrétaire