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CONVENTION NATIONALE (1793).
arrivait souvent, c’était une nouvelle occasion dequerelles et de luttes qui contribuaient à augmen-ter le désordre général. Dumouriez , indigné devoir ses conquêtes compromises, et par la désor-ganisation de son armée, et par la haine qu’on in-spirait aux Belges, avait déjà traité durement quel-ques-uns de ces proconsuls, et était venu à Paris exprimer son indignation, avec la vivacité de soncaractère et la hauteur d’un général victorieux, quise croyait nécessaire à la république.
Telle était notre situation sur le principal théâ-tre de la guerre. Custine, rejeté dans Mayence, ydéclamait contre la manière dont Beurnonvilleavait exécuté sa tentative sur Trêves, Kellermannse maintenait aux Alpes, à Chambéry et à Nice .Servan s’efforçait en vain de composer une arméeaux Pyrénées ; et Monge, aussi faible pour lesjacobins que l’était Paclie, avait laissé décomposerl’administration delà marine. Il fallait donc portertoute l’attention publique sur la défense des fron-tières. Dumouriez avait passé la fin de décembre etle mois de janvier à Paris , où il s’était compromispar quelques mots en faveur de Louis XVI , parson absence aux Jacobins, où on l’annonçait sanscosse et où il ne paraissait jamais, enfin par sesliaisons avec son ami Gensonné . Il avait rédigéquatre mémoires, l’un sur le décret du 15 dé-cembre, l’autre sur l’organisation de l’armée, letroisième sur les fournitures, et le dernier sur leplan de campagne pour l’année qui s’ouvrait. Aulias de chacun de ses mémoires se trouvait sa dé-mission, si on refusait d’admettre ce qu’il proposait.
L’assembléeavait, outre son comilédiplomatiqueet son comité militaire, établi un troisième comitéextraordinaire, dit de défense générale, chargé des occuper universellement de tout ce qui intéres-sait la défense delà France . Il était fort nombreux,et tous les membres de l’assemblée pouvaientmême, s’il leur plaisait, assister à ses séances,d’objet qu’on avait eu en le formant était de con-cilier les membres des partis opposés, et de lesAssurer sur leursintenlionsen Icsfaisanltravaillerensemble au salutcommun. Robespierre , irrité dyv °ir les girondins, y paraissait peu; ceux-ci étaientau contraire fort assidus. Dumouriez y comparutOvec ses plans, ne fut pas toujours compris, déplutsouvent par sa hauteur, et abandonna ses mémoiresn leur sort. Il se retira donc à quelque distance deay is, peu disposé à se démettre de son généralat,quoiqu’il en eût menacé la convention, et attendante moment d’ouvrir la campagne.
11 était entièrement dépopularisé aux Jacobins,et calomnié tous les jours dans les feuilles de Marat ,pour avoir soutenu la demi-révolution en Belgique ,et y avoir affiché une grande sévérité contre lesdémagogues. On l’accusait d’avoir volontairementlaissé échapper les Autrichiens delà Belgique ; et,remontant même plus haut, on assurait publique-ment qu’il avait ouvert les portes de l’Argonne àFrédéric-Guillaume , qu’il aurait pu détruire. Ce-pendant les membres du conseil et des comités,qui cédaient moins aveuglément aux passions dé-magogiques, sentaientson utilité et le ménageaientencore. Robespierre même le défendait, en rejetanttous ces torts sur ses prétendus amis les girondins .On se mit ainsi d’accord pour lui donner toutes lessatisfactions possibles, sans déroger cependant auxdécrets rendus et aux principes rigoureux de larévolution. On lui rendit scs deux commissaires-ordonnateurs Malus et Petit-Jean, on lui accordade nombreux renforts, on lui promit des approvi-sionnements suffisants, on adopta ses idées pour leplan général de campagne; mais on ne fit aucuneconcession quant au décret du 15 décembre età lanouvelle administration de l’armée. La nominationde Beurnonville, son ami, au ministère de la guerre,fut un nouvel avantage pour lui, et il put espérerde la part de l’administration le plus grand zèle àle pourvoir de tout ce dont il aurait besoin.
Il crut un moment que l’Angleterre le prendraitpour médiateur entre elle et la France , et il étaitparti pour Anvers avec cette espérance flatteuse.Mais la convention, fatiguée des perfidies de Pilt,avait, comme on l’a vu, déclaré la guerre à kHollande et à l’Angleterre. Celle déclaration letrouva donc à Anvers , et voici ce qui fut résolu,en partie d’après ses plans pour la défense du ter-ritoire. On convint de porter les armées à cinqcent deux mille hommes, et on trouvera que c’étaitpeu, si on songe à l’idée qu’on s’était faite de lapuissance de la France , et comparativement à laforce à laquelle on les éleva plus tard. On devaitgarder la défensive à l’Est et au Midi ; demeureren observation le long des Pyrénées et des côtes,et déployer toute l’audace de l’olfensive dans leNord, où, comme l’avait dit Dumouriez , « on ne» pouvait se défendre que par des batailles. » Pourexécuter ce plan, cent cinquante mille hommesdevaient occuper la Belgique etcouvrir la frontièrede Dunkerque à la Meuse ; cinquante mille de-vaient garder l’espace compris entre la Meuse etla Sarre; cent cinquante mille s’étendre le long du