CONVENTION NATIONALE (1795).
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Contre le parti ennemi, cl d’une contribution desriches en faveur des pauvres qui allaient se battre,fut presque général dans les sections. Plusieursd’entre elles vinrent l’exprimer à la commune; lesjacobins l’émirent de leur côté, et le lendemain laconvention se trouva en présence d’une opinionUniverselle et irrésistible.
Le jour suivant en effet (le 9 mars), tous lesdéputés montagnards étaient présents à la séance.Les jacobins remplissaient les tribunes. Ils enavaient chassé toutes les femmes, parce qu'il fallait,disaient-ils, faire une expédition. Plusieurs d’entreeux portaient des pistolets. Le député Gamon vou-lut s’en plaindre, mais ne fut pas écouté. La Mon-tagne et les tribunes, fortement résolues, intimi-daient la majorité, et paraissaient décidées à nesouffrir aucune résistance. Le maire se présenteavec le conseil de la commune, confirme le rap-port des commissaires de la convention sur le dé-vouement des sections, mais répète leur vœu d’untribunal extraordinaire et d’une taxe sur les ri-ches. Une foule de sections succèdent à la commune,et demandent encore le tribunal et la taxe. Quel-ques-unes y ajoutent la demande d’une loi contreles accapareurs, d’un maximum dans le prix desdenrées, et de l’abrogation du décret qui qualifiaitMarchandises la monnaie métallique, et permel-la U qu’elle circulât à un prix différent du papier.Après toutes ces pétitions, on insiste pour la miseaux voix des mesures proposées. On veut d’abordVoter sur-le-champ le principe de l’établissementd’un tribunal extraordinaire. Quelques députés s’yapposent. Lanjuinais prend la parole, et demandeau moins que, si l’on veut absolument consacrerl‘uiquité d’un tribunal sans appel, on borne cettecalamité au seul département de Paris. Guadet ,'alazé, font de vains efforts pour appuyer Lanjui-^ais: ils sont brutalement interrompus par laMontagne. Quelques députés demandent même1 u e ce tribunal porte le nom de révolutionnaire.^a>s la convention, sans souffrir une plus longue
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Sc usssion, « décrété l’établissement d’un tri-bunal criminel extraordinaire, pour juger sansappel, et sans recours au tribunal de cassa-tlo n, les conspirateurs et les contre-révolution-
1 naires, et charge son comité de législation* ( | e lui présenter demain un projet d'organisa-
tion.
Immédiatement après ce décret, on en rend uns Çcond qui frappe les riches d’une taxe extraor-( Maire de guerre; un troisième qui organise qua-
rante et une commissions, de deux députés cha-cune, chargés de se rendre dans les départements,pour y accélérer le recrutement par tous les moyenspossibles, pour y désarmer ceux qui ne partentpas, pour faire arrêter les suspects, pour s’empa-rer des chevaux de luxe, pour y exercer enfin ladictature la plus absolue. A ces mesures on enajoute d’autres encore. Les bourses des collègesn’appartiendront à l’avenir qu’aux fils de ceux quiseront partis pour les armées ; tous les célibatairestravaillant dans les bureaux seront remplacés pardes pères de famille; la contrainte par corps seraabolie. Le droit de tester l’avait été quelques joursauparavant. Toutes ces mesures furent prises surla proposition de Danton , qui connaissait parfai-tement l’art de rattacher les intérêts à la cause dela révolution.
Les jacobins, satisfaits de cette journée, cou-rurent s’applaudir chez eux du zèle qu’ils avaientmontré, de la manière dont ils avaient composé lestribunes, et de l’imposante réunion que présen-taient les rangs serrés de la Montagne, lis se re-commandèrent de continuer, et d’être tous présentsà la séance du lendemain où devait s’organiser letribunal extraordinaire. Robespierre , se disaient-ils, nous l’a bien recommandé. Cependant ils n’é-taient pas satisfaits encore de ce qu’ils avaientobtenu: l’un d’eux proposa de rédiger une pétitionoù ils demanderaient le renouvellement des co-mités et du ministère, l’arrestation de tous les fon-tionnaircs à l’instant même de leur destitution,et celle de tous les administrateurs des postes, etdes journalistes contre-révolutionnaires. Sur-le-champ on veut faire la pétition; cependant le pré-sident objecte que la société ne peut faire d’actecollectif, et on convient d’aller chercher un autrelocal, pour s’y réunir en qualité de simples péti-tionnaires. On se répand alors dans Paris . Le tu-multe y régnait. Une centaine d’individus, promo-teurs ordinaires de tous les désordres, conduitspar Lasouski, s’étaient rendus chez le journa-liste Gorsas , armés de pistolets et de sabres, etavaient brisé ses presses. Gorsas s’était enfui,et n’était parvenu à se sauver qu’en se défendantavec beaucoup de courage et de présence d’es-prit. Ils avaient fait de même chez l’éditeur de laChronique, dont ils avaient aussi ravagé l’impri-merie.
La journée du lendemain 10 menaçait d’êtreencore plus orageuse. C’était un dimanche. Unrepas était préparé à la section de la Halle-aux-