Band 
Tome I.
Seite
294
JPEG-Download
 

iy4 11 ÉVOLUTION

française touchait cependant à son but ; mais leprince de Cobourg ayant d’abord commis la fautede ne pas attaquer nos troupes à l’instant où ellestraversaient la Gette, et gravissaient ses bords es-carpés , la réparait en donnant un ordre général dereprendre les positions abandonnées. Des forcessupérieures étaient portées sur notre gauche contreMiranda. Clerfayt, profitant de ce que la premièrecolonne n’avait pas persisté à le déborder; de ceque la seconde ne s’était pas établie sur la tombede Middelwinden ; de ce que la troisième et lesdeux composant le centre s’élaient accumulées con-fusément dans Neertvinden, traversait la plaine deLanden , reprenait Racour, la tombe de Middel-winden, Overwinden et Neerwinden . Dans ce mo-ment , les Français étaient dans une position dé-sastreuse. Chassés de tous les points qu’ils avaientoccupés, rejetés sur le penchant des hauteurs,débordés par leur droite, foudroyés sur leur frontpar une artillerie supérieure , menacés par deuxcorps de cavalerie, et ayant une rivière à dos, ilspouvaient cire détruits, et l’auraient été certai-nement , si l’ennemi, au lieu de porter la plusgrande partie de ses forces sur leur gauche, eûtpoussé plus vivement leur centre et leur droite.Dnmouriez, accourant alors sur ce point menacé,rallie ses colonnes, fait reprendre la tombe deMiddelwinden, et marche lui-même sur Neerwin-den , déjà pris deux fois par les Français, et reprisdeux fois aussi par les Impériaux. Dumouriez yrentre pour la troisième fois, après un horriblecarnage. Ce malheureux village était encombréd’hommes et de chevaux, et dans la confusion del’attaque, nos troupes s’y étaient accumulées etdébandées. Dumouriez , sentant le danger, aban-donne ce champ embarrassé de débris humains,et recompose ses colonnes à quelque distance duvillage. Là, il s’entoure d’artillerie, et se disposeà se maintenir sur ce champ de bataille. Dans cemoment, deux colonnes de cavalerie fondent surlui, Tune de Neerwinden, l’autre d’Overwinden.Valence prévient la première à la tète de la cavaleriefrançaise, la charge impétueusement, la repousse,et, couvert de glorieuses blessures, est obligé decéder son commandement au duc de Chartres . Legénéral Thouvenot reçoit la seconde avec calme,la laisse s’engager au sein de notre infanterie,dont il fait ouvrir les rangs, puis il ordonne toutà coup une double décharge de mitraille et demousqueterie, qui, faite à bout pourtant, accablela cavalerie impériale cl la détruit presque cnliè-

ÉKANÇAISÉ.

renient. Dumouriez reste ainsi maître du champde bataille, et s’y établit pour achever le lendemainson mouvement de conversion.

La journée avait été sanglante, mais le plus dif-ficile semblait exécuté. La gauche, établie dès lematin à Leaw et Orsmaël, devait n’avoir plus rienà faire, et le feu avait cessé à deux heures aprèsmidi. Dumouriez croyait qu’elle avait conserveson terrain. 11 se regardait comme victorieux,puisqu’il occupait tout le champ de bataille. Ce-pendant la nuit approchait, la droite et le centreallumaient leurs feux, et aucun officier n’étaitvenu apprendre à Dumouriez , de la part de Mi'randa, ce qui se passait sur son flanc gauche.Alors il conçoit des doutes, et bientôt des in'quiétudes. Il part à cheval avec deux officiers etdeux domestiques, et trouve le village de Laceabandonné par Dampierre, qui commandait sonsle duc de Chartres Tune des deux colonnes ducentre. Dumouriez apprend là que la gauche, en'lièremenl débandée, avait repassé la Celte, etavait fui jusqu’à Tirlemont ; et que Dampierre, scvoyant alors découvert, s’était reporté en arrière,au poste qu’il occupait le malin avant la bataille-Il part aussitôt ventre à terre, accompagne de scsdeux domestiques et de ses deux officiers, manquedelre pris par les hulans autrichiens, arrive versminuit à Tirlemont , et trouve Miranda qui s’étaitreplié à deux lieues du champ de bataille, et q l,eValence, transporté là par suite de ses blessures,engageait vainement à se reporter en avant. M*'randa, entré à Orsmaël dès le malin, avait été at'laqué au moment où les Impériaux reprenaienttoutes leurs positions. La plus grande partie de sforces de l’ennemi avait porté sur son aile, q ul ’formée en partie des volontaires nationaux, s’éta* 1débandée et avait fui jusqu’à Tirlemont . Miranda»entraîné, n’avait eu ni le temps ni la force de >' a \lier ses soldats, quoique Miascsinsky fût venu ®son secours avec un corps de troupes fraîches; 'ne songea même pas à en faire prévenir le g e0t *rai en chef. Quant à Champmorin, placé à Le a "avec la dernière colonne, il s’y était mainte 1111jusqu’au soir, et n’avait songé à rentrer àgen, son point de départ, que vers la fin dejournée.

L’armée française se trouva ainsi détachée»

t • Cl

partie en arrière de la Gette, partie en avant,si l’ennemi, moins intimidé par une action aUSS *opiniâtre, eût voulu pousser scs avantages, iU 1 ®* 1vait couper notre ligne, anéantir notre di