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Tome I.
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CONVENTION NATIONALE (1703).

Campée à Neerwinden , et mettre en fuite la gauchedéjà repliée. Dumouriez , sans s’épouvanter, sedécide froidement à la retraite, et dès le lende-main matin il se prépare à l’exécuter. Pour cela,il s’empare de l’aile de Miranda, tâche de luirendre quelque courage, et veut la reporter enavant pour arrêter l’ennemi sur la gauche de laligne, tandis que le centre et la droite, faisantleur retraite, essayeront de repasser la Celte. Maiscette portion de l’armée, abattue par sa défaite dela veille, n’avance qu’avec peine. HeureusementHampierre, qui avait repassé la Gette le jourmême avec une colonne du centre, appuyé le mou-vement de Dumouriez , et se conduit avec autantd’intelligence que de courage. Dumouriez , tou-jours au milieu de ses bataillons, les soutient, etVeut les conduire sur la hauteur de Wommersemqu’ils avaient occupée la veille avant le commen-cement de la bataille. Les Autrichiens y avaientplacé des batteries, et faisaient de ce point un feumeurtrier. Dumouriez se met à la tête de ces sol-dats abattus, leur fait sentir qu’il vaut mieux ten-ter l’attaque que de recevoir un feu continu, qu’ilsen seront quittes pour une charge, bien moinsMeurtrière pour eux que cette froide immobilité°n présence d’une artillerie foudroyante. Deux fois*1 les ébranle, et deux fois, comme découragésPar le souvenir de la veille, ils s’arrêtent; et tandisflu’ils supportent avec une constance héroïque lefeu des hauteurs de Wommersem, ils n’ont pas lecourage beaucoup plus facile de charger à labaïonnette. Dans cet instant, un boulet emportele cheval de Dumouriez ; il est renversé et couvertde terre. Ses soldats épouvantés sont prêts à fuira cette vue; mais il se relève avec une extrêmePromptitude, remonte à cheval, et coptinue à lesMaintenir sur le champ de bataille.

Pendant ce temps, le duc de Chartres opérait*a retraite de la droite et de la moitié du centre.Conduisant ses quatre colonnes, avec autant d’in-tré pidité que d’intelligence, il se retire froide-O'ent en présence d’un ennemi formidable, et. tra-Ver se les trois ponts de la Gette sans avoir étée Ç l amé. Dumouriez replie alors son aile gauche,j" nsi que la colonne de Dampierre, et rentre danses Positions de la veille, en présence d un en-^ ei ni saisi d’admiration pour sa belle retraite.

^9, l’armée se trouvait, comme le i7, entrea ckendoven et Goidsenhoven, mais avec une|l e ne de quatre mille morts, avec une désertione Plus de dix mille fuyards, qui couraient déjài

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vers l’intérieur, et avec, le découragement d’unebataille perdue.

Dumouriez , dévoré de chagrins, agité de sen-timents contraires, songeait tantôt à se battre àoutrance contre les Autrichiens, tantôt à détruirela faction des jacobins, auxquels il attribuait ladésorganisation et les revers de son armée. Dansles accès de sa violente humeur, il parlait touthaut contre la tyrannie de Paris , et ses propos,répétés par son état-major, circulaient dans toutel’armée. Néanmoins, quoique livré à un singulierdésordre d’esprit, il ne perdit pas le sang-froidnécessaire dans une retraite, etil fit les meilleuresdispositions pour occuper longtemps la Belgique par les places fortes, s’il était obligé de l’évacueravec ses armées. En conséquence, il ordonna augénéral d’Harville de jeter une forte garnison dansle château -de Namur, et de s’y mainleniravec unedivision. Il envoya le général Ruault à Anvers pour recueillir les vingt mille hommes de l’expé-dition de Hollande, et garder l’Escaut, tandis quede bonnes garnisons occuperaient Bréda et Gcr-truydenberg. Son but était de former ainsi undemi-cercle de places fortes, passant par Namur ,Mons, Tournay, Courtray, Anvers , Bréda etGer-truydenberg; de se placer au centre de ce demi-cercle, et d’y attendre les renforts nécessairespour agir plus énergiquement. Le 22, il livra de-vant Louvain un combat de position aux Impé-riaux, qui fut aussi grave que celui de Goidsen-hoven, et leur coûta autant de monde. Le soir, Ileut une entrevue avec le colonel Mack, officier en-nemi qui exerçait une grande influence sur lesopérations des coalisés, par la réputation dont iljouissait en Allemagne . Ils convinrent de ne pluslivrer de combats décisifs, de se suivre lentementet en bon ordre, pour épargner le sang des soldatset ménager les pays qui étaient le théâtre de laguerre. Cette espèce d’armistice, toute favorableaux Français , qui se seraient débandés s’ils avaientété attaqués vivement, convenait aussi parfaite-ment au timide système de la coalition, qui, aprèsavoir recouvré la Meuse , ne voulait plus rien ten-ter de décisif avant la prise de Mayence. Telle futla première négociation de Dumouriez avec l’en-nemi. La politesse du colonel Mack, ses manièresengageantes, purent disposer l’esprit si agité dugénéral à recourir à des secours étrangers. 11 com-mençait à ne plus apercevoir d’avenir dans la car-rière où il se trouvait engagé : si quelques moisauparavant il prévoyait succès, gloire, influence,

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