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Tome I.
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RÉVOLUTION FRANÇAISE.

la convention est l’objet, et il demande des mesuresde répression. Danton , au contraire, réclame unemention honorable en faveur de la pétition qui seprépare. Pétion, révolté, veut qu’on envoie ses au-teurs au tribunal révolutionnaire. Danton répondque de vrais représentants, forts de leur con-science, ne doivent pas craindre la calomnie, quelleest inévitable dans une république, et que d’ail-leurs on n’aencore ni repoussé les Autrichiens,nifait une constitution, et que par conséquent il estdouteux que la convention ait mérité des éloges. Ilinsiste ensuite pour qu’on cesse de s’occuper dequerelles particulières, et pour que ceux qui secroient calomniés s’adressent aux tribunaux. Onécarte donc la question; mais Fonfrède la ramène,et on l’écarte encore. Robespierre , passionné pourles querelles personnelles, la reproduit de nou-veau, et demande à déchirer le voile. On lui ac-corde la parole, cl il commence contre les giron-dins la plus amère, la plus atroce diffamation qu’ilse fût encore permise. Il faut s’arrêter à ce dis-cours, qui montre comment la conduite de ses en-nemis se peignait dans sa sombre intelligence*.

Suivant lui, il existait au-dessous de la grandearistocratie, dépossédée en 1789, une aristocratiebourgeoise, aussi vaniteuse et aussi despotique quela précédente, et dont les trahisons avaient succédéà celles de la noblesse. La franche révolution nelui convenait pas, et il lui fallait un roi avec la con-stitution de 1791, pour assurer sa domination. Lesgirondins en étaient les chefs. Sous la législative,ils s’étaient emparés des ministères par Roland,Clavière et Servan ; après les avoir perdus , ilsavaient voulu se venger par le 20 juin; et à laveille du 10 août, ils traitaient avec la cour, etoffraient la paix à condition qu’on leur rendrait lepouvoir. Le 10 août même, ils se contentaient desuspendre le roi, n’abolissaient pas la royauté, etnommaient un gouverneur au prince royal. Aprèsle 10 août, ils s’emparaient encore des ministères,et calomniaient la commune pour ruiner son in-lluence et s’assurer une domination exclusive. Laconvention formée, ils envahissaient les comités,continuaient de calomnier Paris , de présenter cetteville comme le foyer de tous les crimes, pervertis-saient l’opinion publique par le moyen de leursjournaux et des sommes immenses que Roland

* Voyez la note 53 à la fin du volume, à laquelle nousavons renvoyé déjà une fois, et qui peint le caractère delîohespierro.

consacrait à la distribution des écrits les plus per-fides. En janvier, enfin, ils s’opposaient à la mortdu tyran, non par intérêt pour sa personne, maispar intérêt pour la royauté. — « Cette faction,continuait Robespierre , est seule cause de laguerre désastreuse que nous soutenons mainte-nant. Elle l’a voulue pour nous exposer à l’invasionde l’Autriche , qui promettait un congrès avec laconstitution bourgeoise de 1791. Elle l’a dirigéeavec perfidie, et après s’être servie du traître La-fayelte, elle s’est servie depuis du traître Dumou-riez , pour arriver au but qu’elle poursuit depuissi longtemps. D’abord, elle a feint d’être brouilléeavec Dumouriez , mais la brouillerie n’était passérieuse, car autrefois elle l’a porté au ministèrepar Gensonné son ami, et elle lui a fait allouer sixmillions de dépenses secrètes. Dumouriez , s’en-tendant avec la faction, a sauvé les Prussiens dansl’Argonne , tandis qu’il aurait pu les anéantir. EnBelgique , à la vérité, il a remporté une grandevictoire, mais il lui fallait un grand succès pourobtenir la confiance publique, et dès qu’il a eucette confiance, il en a abusé de toutes les ma-nières. 11 n’a pas envahi la Hollande, qu’il auraitpu occuper dès la première campagne ; il a empê-ché la réunion à la France des pays conquis, etle comité diplomatique, d’accord avec lui, n’a riennégligé pour écarter les députés belges qui deman-daient la réunion. Ces envoyés du pouvoir exécu-tif, que Dumouriez avait si mal traités parce qu’ilsvexaient les Belges, ont tous été choisis par lesgirondins, et ils étaient convenus d’envoyer desdésorganisatcurs contre lesquels on sévirait pu-bliquement pour deshonorer la cause républicaine.Dumouriez , après avoir tardivement attaqué laHollande, revient en Belgique , perd la bataille deNecrwinden, et c’est Miranda, l’ami de Pétion etsa créature, qui, par sa retraite, décide la perte decette bataille. Dumouriez se replie alors, et lèvel’étendard de la révolte, au moment même où lafaction excitait les soulèvements du royalisme dansl’Ouest. Tout était donc préparé pour ce moment.Un ministre perfide avait été placé à la guerre poufcette circonstance importante; le comité de sûretegénérale, composé de tous les girondins, exceptesept à huit députés fidèles qui n’y allaient pas, cecomité ne faisait rien pour prévenir les dangerspublics. Ainsi rien n’avait été négligé pour lesuccès de la conspiration. Il fallait un roi, maisles généraux appartenaient tous à Égalité. La fa-mille Er/alitê était rangée autour de Dumouriez ,