ses lils, sa fille, et jusqu’à l’intrigante Sillery, setrouvaient auprès de lui. Dumouriez commencePar des manifestes, et que dit-il? tout ce que lesorateurs et les écrivains de la faction disaient à latribune et dans les journaux : que la conventionétait composée de scélérats, à part une petite por-tion saine; que Paris était le foyer de tous lescrimes; que les jacobins étaient des désorganisa-teurs qui répandaient le trouble et la guerre ci-vile, etc. »
Telle est la manière dont Robespierre expliqueet la défection de Dumouriez , et l’opposition desgirondins. Après avoir longuement développé cetortificieux tissu de calomnies, il propose d’envoyera u tribunal révolutionnaire les complices de Du-•nouriez, tous les d’Orléans et leurs amis. « Quant» aux députés Guadet, Gensonné, Vergniaud , etc.,» ce serait, dit-il avec une méchante ironie, un» sacrilège que d’accuser d’aussi honnêtes gens,
* et sentant mon impuissance à leur égard, je m’en» remets à la sagesse de l’assemblée. »
Les tribunes et la Montagne applaudirent leurvertueux orateur. Les girondins étaient indignésde cet infâme système, auquel une haine perfide: 'vait autant de part qu’une défiance naturelle decaractère, car il y avait dans ce discours un arts, ngulier à rapprocher les faits, à prévenir les ob-jections, et Robespierre avait montré dans cetteLiche accusation plus de véritable talent que dansfoutes ses déclamations ordinaires. Vergniaud s’é-lance à la tribune , le cœur oppressé, et demandela parole avec tant de vivacité, d’instance, de ré-solution, qu’on la lui accorde, et que les tribuneset la Montagne finissent par la lui laisser sanst*'ouble. II oppose au discours médité de Robes-P'erreun discours improvisé avec la chaleur duPlus éloquent et du plus innocent des hommes.
« 11 osera, dit-il, répondre à monsieur Robes -1 pierre, et il n’emploiera ni temps ni art pour
* répondre y car il n’a besoin que de son âme. II
* »e parlera pas pour lui, car il sait que dans les
* temps de révolution la lie des nations s’agite et8 domine un instant les hommes de bien, mais
* pour éclairer la France . Sa voix, qui plus d’une8 l°is a porté la terreur dans ce palais, d’où elle8 a concouru à précipiter la tyrannie, la portera8 a ussi dans Taine des scélérats qui voudraient8 substituer leur propre tyrannie à celle de la8 r °yauté. »
. Alors il répond à chaque inculpation de Robes-l n erve ce que chacun y peut répondre d’après la
simple connaissance des faits. 11 a provoqué la dé-chéance par son discours de juillet. Un peu avantle 10 août, doutant du succès de l’insurrection, nesachant même pas si elle aurait lieu, il a indiquéà un envoyé de la cour ce qu’elle devait faire pourse réconcilier avec la nation et sauver la patrie.Le 10 août, il a siégé au bruit du canon, tandisque monsieur Robespierre était dans une cave. Iln’a pas fait prononcer la déchéance, parce que lecombat était douteux, et il a proposé de nommerun gouverneur au dauphin, parce que, dans le casoù la royauté eût été maintenue, une bonne édu-cation donnée au jeune prince assurait l’avenir dela France . Lui et ses amis ont fait déclarer laguerre, parce qu’elle l’était déjà de fait, et qu’ilvalait mieux la déclarer ouvertement, et se dé-fendre, que la souffrir sans la faire. Lui et sesamis ont été portés au ministère et dans les comi-tés par la voix publique. Dans la commission desvingt et un de l’assemblée législative, ils se sontopposés à ce qu’on quittât Paris , et ils ont pré-paré les moyens que la France a déployés dansl’Argonne. Dans le comité de sûreté générale dela convention, fTs ont travaillé constamment, et àla face de leurs collègues qui pouvaient assister àleurs travaux. Lui, Robespierre , a déserté le co-mité et n’y a jamais paru. Ils n’ont pas calomniéParis ; mais combattu les assassins qui usurpaientle nom de Parisiens, et déshonoraient Paris et larépublique. Us n’ont pas perverti l’opinion publi-que, car, pour sa part, il n’a pas écrit une seulelettre, et ce que Roland a répandu est connu detout le monde. Lui et ses amis ont demandé l’appelau peuple dans le procès de Louis XVI , parcequ’ils ne croyaient pas que, dans une questionaussi importante, on pût se passer de l’adhésionnationale. Pour lui personnellement, il connaît àpeine Dumouriez , et ne Ta vu que deux fois ; lapremière à son retour de TArgonne, la seconde àson retour de la Belgique ; mais Danton , Sanlerrc,le voyaient, le félicitaient, le couvraient de cares-ses, et le faisaient dîner tous les jours avec eux.Quant à Égalité, il ne le connaît pas davantage.Les montagnards seuls l’ont connu et fréquenté ;et, lorsque les girondins l’attaquaient, les monta-gnards l’ont constamment défendu. Ainsi, quepeut-on reprocher à lui et ses amis?... D’être desmeneurs, des intrigants? Mais ils ne courent pasles sections pour les agiter; ils ne remplissent pasles tribunes pour arracher des décrets par la ter-reur; ils n’ont jamais voulu laisser prendre les mi-