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RÉVOLUTION
nislres dans les assemblées dont ils étaient mem-bres. Des modérés?.. Mais ils ne Tétaient pas au10 août, lorsque Robespierre et Marat se cachaient;ils l’étaient en septembre, lorsqu’on assassinaitles prisonniers et qu’on pillait le garde-meuble.
« Vous savez, dit en finissant Vergniaud, si9 j’ai dévoré en silence les amertumes dont on9 m’abreuve depuis six mois, si j’ai su sacrifier à» ma patrie les plus justes ressentiments; vous» savez si, sous peine de lâcheté, sous peine de» m’avouer coupable, sous peine de compromettre» le peu de bien qu’il m’est encore permis de9 faire, j’ai pu me dispenser de mettre dans tout» leur jour les impostures et la méchanceté de» Robespierre . Puisse cette journée être la der-9 nière que nous perdions en débats scandaleux! 9Vergniaud demande ensuite qu’on mande la sectionde la Halle-aux-Blés, et qu’on se fasse apporter sesregistres.
Le talent de Vergniaud avait captivé jusqu’à sesennemis. Sa bonne foi, sa touchante éloquence,avaient intéressé et entraîné la grande majoritédel’assemblée, et on lui prodiguait de toutes partsles plus vifs témoignages. Guadet demande la pa-role; mais à sa vue, la Montagne silencieuse s’é-branle, et pousse des cris affreux. La séance futsuspendue, et ce ne fut que le 12 que Guadet ob-tint à son tour la faculté de répondre à Robes-pierre , et il le fit de manière à exciter les passionsbien plus vivement que Vergniaud. Personne, se-lon lui, n’avait conspiré; mais les apparences, s’ily en avait, étaient bien plus contre les monta-gnards et les jacobins qui avaient eu des relationsavec Dumouriez et Égalité, que contre les giron-dins qui étaient brouillés avec tous deux. « Qui9 était, s’écrie Guadet, qui était avec Dumouriez ,
9 aux Jacobins , aux spectacles? Votre Danton. 9— « Ali ! tu m’accuses, s’écrie Danton ; tu ne con-9 nais pas ma force ! 9
La fin du discours de Guadet est remise au len-demain. R continue à rejeter toute conspiration,s’il y en a une, sur les montagnards. Il lit, enfinissant, une adresse qui, comme celle de la Halle-aux-Blés, était signée par Marat . Elle était des ja-cobins, et Marat l’avait signée comme président dela société. Elle renfermait ces paroles que Guadet lit à l’assemblée : Citoyens, armons-nous ! Laconlre-révolution est dans le gouvernement, elleest dans le sein de la convention. Ciloyens, mar-chons-y, marchons !
FRANÇAISE.
clions! 9 A ce mot, l’assemblée se soulève, etdemande le décret d’accusation contre Marat. Dan-ton s’y oppose, en disant que des deux côtés del’assemblée on paraissait d’accord pour accuser lafamille d’Orléans, qu’il fallait donc l’envoyer de-vant les tribunaux, mais qu’on ne pouvait accuserMarat pour un cri jeté au milieu d’une discussionorageuse. On répond à Danton que les d’Orléansne doivent plus être jugés à Paris, mais à Mar-seille . Il veut parler encore ; mais, sans l’écouler,on donne la priorité au décret d’accusation contreMarat , et Lacroix demande qu’il soit mis sur-le-champ en arrestation.— « Puisque mes ennemis,» s’écrie Marat , ont perdu toute pudeur, je de-9 mande une chose : le décret est fait pour exciter9 un mouvement; faites-moi donc accompagner9 par deux gendarmes aux Jacobins, pour que9 j’aille leur recommander la paix. 9 — Sans écou-ter ces ridicules boutades, il est mis en arresta-tion , et on ordonne la rédaction de l’acte d’accu-sation pour le lendemain à midi.
Robespierre courut aux Jacobins exprimer sonindignation, célébrer l’énergie de Danton, la mo-dération de Marat , etleur recommander d’être cal-mes, afin qu’on ne pût pas dire que Paris s’étaitinsurgé pour délivrer un jacobin.
Le lendemain, l’acte d’accusation fut lu et ap-prouvé par l’assemblée, et l’accusation, tant defois proposée contre Marat , fut sérieusement pour-suivie devant le tribunal révolutionnaire.
C’était le projet d’une pétition contre les giron-dins qui avait amené ces violentes explications en-tre les deux côtés de l’assemblée ; mais il ne futrien statué à cet égard , et on ne pouvait rien sta-tuer en effet, puisque l’assemblée n’avait pas laforce d’arrêter les mouvements qui produisaientles pétitions. On suivit avec activité le projet d’uneadresse générale de toutes les sections, et on con-vint d’une rédaction uniforme ; sûr quarante-troissections, trente-cinq y avaient adhéré; le conseilgénéral de la commune l’approuva, et le 13 avril»les commissaires des trente-cinq sections, ayant I emaire Pache à leur tête, s’étaient présentés à I abarre. C’était en quelque sorte le manifeste p allequel la commune de Paris déclarait ses inten-tions , et menaçait de l’insurrection en cas de refus-Ainsi elle avait fait avant le 10 août, ainsi ell efaisait à la veille du 31 mai. L’orateur de la dépu-tation, Rousselin, en fit la lecture. Après avoitretracé la conduite criminelle d’un certain nom-bre de députés, la pétition, demandait leur expul'