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CONVENTION NATIONALE (1793).
s *on de la convention, et les énumérait l’un après1 autre. Ils étaient vingt-deux : Brissot, Guadet ,Wgniaud, Gensonné, Grangeneuve, Buzot , Bar-baroux, Salles, Biroleau, Pontécoulanl, Pélion ,banjuinais, Valazé , Hardy, Louvet, Leliardy,Gorsas, Fauchet, Lanthénas , Lasource, Valady,Cltambon.
Les tribunes applaudissent à la lecture de cesNoms. Le président avertit les pétitionnaires quela loi les oblige à signer leur pétition. Ils s’em-pressent de le faire. Pache seul, essayant de pro-longer sa neutralité, demeure en arrière. On luidemande sa signature; il répond qu’il n’est pas duNombre des pétitionnaires, et qu’il a seulementoté chargé par le conseil général de les accompa-gner. Mais voyant qu’il ne peut pas reculer, ils avance et signe la pétition. Les tribunes l’en ré-compensent par de bruyants applaudissements.
Boyer-Fonfrède se présente aussitôt à la tri-bune, et dit que si la modestie n’était pas un de-'oir, il demanderait à être ajouté à la glorieuseliste des vingt-deux députés. La majorité de l’as-semblée, saisie d’un mouvement généreux, s'é-crie : « Qu’on nous inscrive tous, tous! » Aussi-tôt on accourt auprès des vingt-deux députés, onl°ur donne les témoignages les plus expressifsdintérêt, on les embrasse, et la discussion, in-le rrompue par celte scène, est renvoyéeaux jours
suivants.
La discussion s’engage à l’époque fixée. Les re-proches et les justifications recommencent entre•es deux côtés de l’assemblée. Des députés duContre, profitant de quelques lettres écrites surlétal des armées, proposent de s’occuper des in-térêts généraux de la république, et de négligeres querelles particulières. On y consent, mais le1^ une nouvelle pétition contre le côté droit ra-mone à celle des trente-cinq sections. O 11 dénoncee U même temps divers actes de la commune : paru n, elle se déclare en étal continuel de révolu-ll ° n ; et par un autre, elle établit dans son sein unc °niité de correspondance avec toutes les munici-palités du royaume. Depuis longtemps elle citer-ait en effet à donner à son autorité toute localej 111 caractère de généralité, qui lui permît de par-au nom de la France , et de rivaliser d autorité8Vec la convention. Le comité de l’évêché, dissousle l’avis des jacobins, avait aussi eu pour objet® mettre Paris en communication avec les autresV, *| es ; et maintenant la commune y voulait sup-1 e ®i’ en organisant cette correspondance clans son
propre sein. Vergniaud prend la parole, et atta-quant à la fois la pétition des trente-cinq sections,les actes qu’on impute à la commune, et les pro-jets que sa conduite décèle, demande que la péti-tion soit déclarée calomnieuse, et que la munici-palité soit tenue d’apporter ses registres à l’as-semblée pour faire connaître les arrêtés qu’elle apris. Ces propositions sont admises, malgré lestribunes et le côté gauche. Dans ce moment, lecôté droit, soutenu par la Plaine, commençait àemporter toutes les décisions. Il avait fait nommerpour président Lasource, l’un de ses membres lesplus chauds; et il avait encore la majorité, c’est-à-dire la légalité, faible ressource contre la force,et qui sert- tout au plus à l’irriter davantage.
Les officiers municipaux , mandés à la barre,viennent hardiment soumettre leurs registres desdélibérations, et semblent attendre l’approbationde leurs arrêtés. Ces registres portaient, 1° que leconseil général se déclarait en état de révolution,tant que les subsistances ne seraient pas assurées;2° que le comité de correspondance avec les qua-rante-quatre mille municipalités serait composéde neuf membres, et mis incessamment en acti-vité ; 5° que douze mille exemplaires de la péti-tion contre les vingt-deux seraient imprimés etdistribués parle comité de correspondance ; 4° en-fin , que le conseil général se regarderait commefrappé, lorsqu’un de ses membres, ou bien unprésident, un secrétaire de section ou de club, se-raient poursuivis pour leurs opinions. Ce dernierarrêté avait été pris pour garantir Marat , qui étaitaccusé pour avoir signé , en qualité de présidentde section , une adresse séditieuse.
La commune, comme on le voit, résistait piedà pied à l’assemblée, et sur chaque point débattuprenait une décision contraire à la sienne. S’agis-sait-il des subsistances, elle se constituait en ré-volution, si les moyens violents étaient refusés.S’agissait-il de Marat , elle le couvrait de son égide.S’agissait-il des vingt-deux, elle en appelait auxquarante-quatre mille municipalités, et se mettaiten correspondance avec elles pour leur demanderen quelque sorte des pouvoirs généraux contre laconvention. L’opposition était complète sur tousles points, et de plus accompagnée de préparatifsd’insurrection.
A peine la lecture des registres est-elle achevée,que Robespierre jeune demande aussitôt les hon-neurs de la séance pour les officiers municipaux.Le côté droit s’y oppose; la Plaine hésite, et dit