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Tome I.
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CONVENTION NATIONALE (1793).

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revenir à la discussion ordinaire, c’est-à-dire auxmoyens de purger le gouvernement, et d’en chas-ser les traîtres, lesrolandins, les brissotins, etc...On propose pour cela de composer une liste desemployés de toutes les administrations, et de dé-signer ceux qui ont mérité leur renvoi. « Àdres-» sez-moi cette liste, dit Marat , je ferai le choix» de ceux qu’il faut renvoyer ou conserver, et je» le signifierai aux ministres, s Robespierre faitune observation; il dit que les ministres sontpresque tous complices des coupables, qu’ils n’é-couteront pas la société, qu’il vaut mieux s’adres-ser au comité de salut public, placé par ses fonc-tions au-dessusdu conseil exécutif, et que d’ailleursla société ne peut sans se compromettre communi-quer avec des ministres prévaricateurs. « Cesrai-» sons sont frivoles, réplique Marat avec dédain;» un patriote aussi pur que moi pourrait commu-» niquer avec le diable; je m’adresserai aux minis-» très, et je les sommerai de nous satisfaire au» nom de la société. »

Une considération respectueuse entourait tou-jours le vertueux, l'éloquent Robespierre ; maisl’audace, le cynisme insolent de Marat , étonnaientet saisissaient toutes les têtes ardentes. Sa hideusefamiliarité lui attachait quelques forts des halles,qui étaient flattés de celte intimité avec l’ami dupeuple, et qui étaient tout disposés à prêter à sachétive personne le secours de leurs bras et deleur influence dans les places publiques.

La colère de la Montagne provenait des obsta-cles qu’elle rencontrait, mais ces obstacles étaientbien plus grands encore dans les provinces qu’àf'aris, et les contrariétés qu’allaient éprouver sur*eur route ses commissaires envoyés pour presser*e recrutement devaient bientôt pousser son irri-*Mion au dernier terme. Toutes les provinces®hùent parfaitement disposées pour la révolution,riais toutes ne l’avaient pas embrassée avec autantArdeur, et, ne s’étaient pas signalées par autant^excèsque la ville de Paris . Ce sont les ambitions°* s ives, les esprits ardents, les talents supérieurs,^i les premiers s’engagent dans les révolutions :'*° e capitale en renferme toujours beaucoup plus^eles provinces, parce qu’elle est le rendez-vous6 tous les hommes qui, par indépendance ouj'tt'bition, abandonnent le sol, la profession et lesgîtions de leur pères. Paris devait donc pro-Ulr e les plus grands révolutionnaires. Placée enJ^tce à peu de distance des frontières, but de touss coups de l’ennemi, cette ville avait couru plus

de danger qu’aucune cité de la France : siège desautorités, elle avait vu s’agiter dans son sein tou-tes les grandes questions. Ainsi le danger, la dis-pute, tout s’était réuni pour produire chez ellel’emportement et les excès. Les provinces, quin’étaient pas soumises aux mêmes causes d’agita-tion, avaient vu ces excès avec effroi, et parta-geaient les sentiments du côté droitctdelaPlaine.Mécontentes surtout des traitements essuyés parleurs députés, elles croyaient voir dans la capitale,outre l’exagération révolutionnaire, l’ambition dedominer la France , comme Rome dominait lesprovinces conquises. Telles étaient les dispositionsde la masse calme, industrieuse, modérée, à l’é-gard des révolutionnaires de Paris . Cependant ccsdispositions étaient plus ou moins prononcées sui-vant les circonstances locales. Chaque province ,chaque cité avait aussi ses révolutionnnaires em-portés, parce qu’en tous lieux se trouvent des es-prits aventureux, des caractères ardents. Presquetous les hommes de cette espèce s’étaient empa-rés des municipalités , et ils avaient profité pourcela du renouvellement général des autorités, or-donné par la législative après le 10 août. La masseinactive et modérée cède toujours le pas aux plu sempressés, et il était naturel que les individus! les plus violents s’emparassent des fonctions mu-nicipales, les plus difficiles de toutes, et qui exi-geaient le plus de zèle et d'activité. Les citoyenspaisibles, qui forment le grand nombre, s’étaientretirés dans les sections, où ils allaient donnerquelquefois leurs votes, et exercer leurs droits ci-viques. Les fonctions départementales avaient étéconférées aux notables les plus riches et les plusconsidérés, et par cela même les moins actifs etles moins énergiques des hommes. Ainsi tous leschauds révolutionnaires étaient retranchés dansles municipalités, tandis que la masse moyenneet riche occupait les sections et les fonctions dé-partementales.

La commune de Paris, sentant celte position,avait voulu se mettre en correspondance avec tou-tes les municipalités. Mais, comme on l’a vu, elleen avait été empêchée par la convention. La so-briété mère des jacobins y avait suppléé par sa pro-pre correspondance, et la relation qui n’avait paspu s’établir encore de municipalité à municipalité,existait de club à club, ce qui revenait à peu prèsau même, car les mêmes hommes qui délibéraientdans les clubs jacobins allaient agir ensuite dansles conseils généraux des communes. Ainsi tout le

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