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RÉVOLUTION FRANÇAISE.
parti jacobin de la France , réuni dans les muni-cipalités et dans les clubs, correspondant d’unbout du territoire à l’autre, se trouvait en pré-sence de la masse moyenne, masse immense,mais divisée dans une multitude de sections,n’exerçant pas de fonctions actives, ne correspon-dant pas de ville en ville, formant çà et là quel-ques clubs modérés, et se réunissant quelquefoisdans les sections ou dans les conseils de départe-ment pour donner un vote incertain et timide.
C’est cette différence de position qui pouvaitfaire espérer aux révolutionnaires de dominer lamasse de la population. Cette masse admettait larépublique, mais la voulait pure d’excès, et dansle moment elle avait encore l’avantage dans toutesles provinces. Depuis que les municipalités, ar-mées d’une police terrible, ayant la faculté de fairedes visites domiciliaires, de rechercher les étran-gers, de désarmer les suspects, pouvaient vexerimpunément les citoyens paisibles, les sectionsavaient essayé de réagir, et elles s’étaient réuniespour en imposer aux municipalités. Dans presquetoutes les villes de France , elles avaient pris unpeu découragé, elle étaient en armes, résistaientaux municipalités, s’élevaient contre leur policeinquisitoriale, soutenaient le côté droit, et récla-maient avec lui l’ordre, la paix, le respect despersonnes et des propriétés. Les municipalités etles clubs jacobins demandaient, au contraire, denouvelles mesures de police, et l’institution detribunaux révolutionnaires dans les départements.Dans certaines villes, on était prêt à en venir auxmains pour ces questions. Cependant les sectionsétaient si fortes par le nombre, qu’elles dominaientl’énergie des municipalités. Les députés monta-gnards , envoyés pour presser le recrutement etranimer le zèle révolutionnaire, s’effrayaient decette résistance, et remplissaient Paris de leursalarmes.
Telle était la situation de presque toute laFrance , et la manière dont elle était partagée. Lalutte se montrait plus ou moins vive, et les partisplus ou moins menaçants, selon la position et lesdangers de chaque ville. Là où les dangers de larévolution paraissaient plus grands, les jacobinsétaient plus portés à employer des moyens violents,et par conséquent la masse modérée plus disposéeà leur résister. Mais ce qui exaspérait surtout lespassions révolutionnaires, c’était le danger destrahisons intérieures, plus encore que le dangerde la guerre étrangère. Ainsi, sur la frontière du
Nord , menacée par les armées ennemies, et peutravaillée par l’intrigue, on était assez d’accord;les esprits se réunissaient dans le vœu de la dé-fense commune, et les commissaires, envoyés de-puis Lille jusqu’à Lyon , avaient fait à la conven-tion des rapports assez satisfaisants. Mais à Lyon ,où des menées secrètes concouraient avec la posi-tion géographique et militaire de cette ville poury rendre le péril plus grand, on avait vu s’éleverdes orages aussi terribles que ceux de Paris . Parsa position à l’Est, et par son voisinage du Pié-mont, Lyon avait toujours fixé les regards de lacontre-révolution. La première émigration de Tu-rin voulut y opérer un mouvement en 1790, et yenvoyer même un prince français . Mirabeau enavait aussi projeté un à sa manière. Depuis que lagrande émigration s’était transportée à Coblentz ,un agent avait été laissé en Suisse pour corres-pondre avec Lyon, et par Lyon , avec le camp deJallès et les fanatiques du Midi . Ces menées pro-voquèrent une réaction de jacobinisme, et lesroyalistes firent naître à Lyon des montagnards-Ceux-ci occupaient un club appelé club central, etcomposé des envoyés de tous les clubs du quar-tier. A leur tête se trouvait un Piémontais qu’une
inquiétude naturelle avait entraîné de pays enpays, et fixé enfin à Lyon , où il avait dû à sonardeur révolutionnaire d’être nommé successive-ment officier municipal, et président du tribunalcivil. Son nom était Chalier. Il tenait dans le clubcentral un langage qui, chez les jacobins de Paris »l’aurait fait accuser par Marat de tendre au boule'versement, et d’être payé par l’étranger. Outre eeclub, les montagnards lyonnais avaient toute 1®municipalité, excepté le maire Nivière, and etdisciple de Roland, et chef à Lyon du parti giron'din. Fatigué de tant d’orages, Nivière avait connuePétion donné sa démission, et comme Pélion avait été aussi réélu par les sections, plus pu> s 'santés et plus énergiques à Lyon que dans tout 1®reste de la France . Sur onze mille votants, ne®mille avaient obligé Nivière à reprendre la main®’mais il s’était démis de nouveau, et cette fois ^municipalité montagnarde avait réussi à se compléter en nommant un maire de son choix. A cet*®occasion, on en étaitvenu auxmains; la jeunes 8 ®des sections avait chassé Chalier du club centré >et dévasté la salle où il exhalait son fanatisme- ^département effrayé avait appelé des comniissatde la convention, qui, en se prononçant dabot^contre les sections, puis contre les excès de