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CONVENTION NATIONALE (1793).
fut-il réuni qu’il s’empara de l’île de Noirmou-liers, île importante, dont il pouvait faire sa placede guerre, et son point de communication avec lesAnglais .
Dans le Bocage, les paysans s’adressèrent àMM. de Bonchamps, d’Elbée, de Larochejacque-lein, et les arrachèrent de leurs châteaux pour lesmettre à leur tête. M. de Bonchamps avait autre-fois servi sous M. de Suffren, était devenu officierhabile, et réunissait à une grande intrépidité uncaractère noble et élevé. Il commandait tous lesrévoltés de l’Anjou et des bords de la Loire;M. d’Elbée avait servi aussi, et joignait à une dé-votion excessive un caractère obstiné, et unegrande intelligence de ce genre de guerre. C’étaitdans le moment le chef le plus accrédité de cettepartie du Bocage. Il commandait les paroisses au-tour de Chollet et de Beaupréau. Cathelineau etStolllet gardèrent leur commandement dû à laconfiance qu’ils avaient inspirée, et se réunirent àMM. de Bonchamps et d’Elbée, pour marcher surBressuire, où se trouvait le général Quétineau .Celui-ci avait fait enlever du château de Clisson lafamille de Lescure qu’il soupçonnait de conspira-tion, et la détenait à Bressuire . Henri de Laroche-jacquelein, jeune gentilhomme autrefois enrôlédans la garde du roi, et maintenant retiré dans leBocage, se trouvait à Clisson chez son cousin deLescure. 11 s’évada, soulevâtes Aubiers, où il étaitné, et toutes les paroisses autour de Châtillon. IIse joignit ensuite aux autres chefs, et avec euxforça le général Quétineau à s’éloigner de Bres-suire . M. de Lescure fut alors délivré avec sa fa-mille. C’était un jeune homme de l’âge de Henri deLarochejacquelein. Il était calme, prudent, d’unebravoure froide mais inébranlable, et joignait àces qualités un rare esprit de justice. Henri, soncousin, avait une bravoure héroïque et souventemportée: il était bouillant et généreux. M. deLescure se mit alors à la tête de ses paysans, quivinrent se réunir à lui, et tous ensemble se ras-semblèrent à Bressuire pour marcher sur Thouars.Les femmes de tous les chefs distribuaient des co-cardesetdes drapeaux;on s’exaltait par des chants,0r > marchait comme à une croisade. L armée ne'•caîiiait point avec elle de bagages; les paysans,fioi ne voulaient jamais rester longtemps absents,
portaient avec eux le pain nécessaire à la durée dechaque expédition, et dans les cas extraordinaires,les paroisses averties préparaient des vivres pourceux qui en manquaient. Cette armée se composaitd’environ trente mille hommes, et fut appelée lagrande armée royale et catholique. Elle faisait faceà Angers, Saumur, Doué, Thouars et Parthenay .Entre cette armée et celle du Marais, commandéepar Charette, se trouvaient divers rassemblementsintermédiaires, dont le principal, sous les ordresde M. de Royrand, pouvait s’élever à dix ou douzemille hommes.
Le grand rassemblement commandé par MM. deBonchamps, d’Elbée, de Lescure, de Laroche-jacquelein, Cathelineau , Stolllet, arriva devantThouars le 3 mai, et se prépara à l’attaquer dèsle 4 au matin. Il fallait traverser le Thoué, quientoure la ville de Thouars presque de toutes parts.Le général Quétineau fit défendre les passages.Les Vendéens canonnèrent quelque temps avecl’artillerie qu’ils avaient prise aux républicains, ettiraillèrent sur la rive avec leur succès accoutumé.M. de Lescure, voulant alors décider le passage,s’avance au milieu des balles, dont son habit estcriblé, et ne peut entraîner qu’un seul paysan.Mais Larochejacquelein accourt, ses gens le sui-vent ; on passe le pont et les républicains sont re-foulés dans la place. Il fallait pratiquer une brèche,mais on manquait des moyens nécessaires. Henride Larochejacquelein se fait élever sur les épaulesde ses soldats, et commence à atteindre les rem-parts. M. d’Elbée attaque vigoureusement de soncôté, et Quétineau , ne pouvant résister, consent àse rendre pour éviter des malheurs à la ville. LesVendéens, grâce à leurs chefs, se conduisirentavec modération; aucun excès ne fut commis en-vers les habitants, et on se contenta de brûlerl’arbre de la liberté et les papiers des administra-tions. Le généreux Lescure rendit à Quétineau leségards qu’il en avait reçus pendant sa détention àBressuire et voulut l’engager à rester dans l’ar-mée vendéenne pour le soustraire aux sévéritésdu gouvernement, qui, ne lui tenant pas compte del’impossibilité de la résistance, le punirait peut-être de s’être rendu. Quétineau refusa généreuse-ment et voulut retourner aux républicains pourdemander des juges.