CONVENTION NATIONALE (1795).
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f l'ie l’assemblée centrale des sections, composéedes autorités administratives, des présidents dessections, des membres des comités révolulionnai-r es, se réunira au plus tôt pour faire la réparti-bon de l’emprunt forcé, et pour rédiger les listesdes suspects, etc.
Le trouble était au comble. D’une part, on di-sait que les aristocrates du dehors et ceux du de-dans étaient d’accord ; que les conspirateurs deMarseille, de la Vendée, de la Normandie , seconcertaient entre eux; que les membres du côtédroit dirigeaient cette vaste conjuration, et que lebunulte des sections n’était que le résultat deleurs intrigues dans Paris : d’autre part, on attri-buait à la Montagne tous les excès commis surtous les points, et on lui imputait le projet debouleverser la France , et d’assassiner vingt-deuxdéputés. Des deux côtés, on se demandait com-blent on sortirait de ce péril, et ce qu’on feraitPour sauver la république. Les membres du côtédroit s’excitaient au courage, et se conseillaientQuelque acte d’une grand énergie. Certaines sec-bons, telles que celles du Mail, de la Butle-des-Moulins, et plusieurs autres, les appuyaient for-le ment, et refusaient d’envoyer des commissaires" l’assemblée centrale formée à la mairie. Elles re-ssaient aussi de souscrire à l’emprunt forcé, di-
sant qu’elles pourvoiraient à l’entretien de leurs'’olontaires, et s’opposaient à de nouvelles listesdo suspects, disant encore que leur comité révo-lutionnaire suffisait pour faire la police dans leurAssort. Les montagnards, au contraire, criaientu la trahison, répétaient en tous lieux qu’il fallaitCn finir, qu’on devait se réunir, s’entendre, etsauver la république de la conspiration des vingt-doux. Aux Cordeliers, on disait ouvertement qu’ilAllait les enlever et les égorger. Dans une assem-blée où se réunissaient des femmes furieuses, onProposait de saisir l’occasion du premier tumulte" 'a convention, et de les poignarder. Ces forcénéesboi taient des poignards, faisaient tous les joursbfand bruit dans les tribunes, et disaient qu’ellesCuveraient elles-mêmes la république. On parlaitPartout du nombre de ces poignards, dont un seul■'"'mûrier du faubourg Saint-Antoine avait fabriquéPlusieurs centaines. De part et d autre, on mar-oliait en armes, et avec tous les moyens d attaqueret de se défendre. Il n’y avait encore aucun com-Pl°t arrêté, mais les passions en étaient à ce point( 1 "saltation, où le moindre événement suffit pour"mener une explosion. Aux Jacobins, on proposait
des moyens de toute espèce. On prétendait que lesactes d’accusation dirigés par la commune contreles vingt-deux ne les empêchaient pas de siégerencore, et que, par conséquent, il fallait un acted’énergie populaire; que les citoyens destinés à laVendée ne devaient pas partir avant d’avoir sauvéla patrie; que le peuple pouvait la sauver, maisqu’il était nécessaire de lui en indiquer les moyens,et que pour cela il fallait nommer un comité decinq membres, auquel la société permettrait d’a-voir des secrets pour elle. D’autres répondaientqu’on pouvait tout dire dans la société; qu’il étaitinutile de vouloir rien cacher, et qu’il était tempsd’agir à découvert. Robespierre , qui trouvait cesdéclarations imprudentes, s’opposait à ces moyensillégaux; il demandait si on avait épuisé tous lesmoyens utiles et plus sûrs qu’il avait proposés.« Avez-vous organisé, leur disait-il, votre armée» révolutionnaire? Avez-vous fait ce qu’il fallait» pour payer les sans-culottes appelés aux armes» ou siégeant dans les sections? Avez-vous arrêté» les suspects? Avez-vous couvert vos places pu-» bliques de forges et d’ateliers ? Vous n’avez donc» employé aucune des mesures sages et naturelles» qui ne compromettraient pas les patriotes, etd vous souffrez que des hommes qui n’entendent» rien à la chose publique vous proposent des me-» sures qui sont la cause de toutes les calomnies» répandues contre vous ! Ce n’est qu’après avoir» épuisé tous les moyens légaux qu’il faut recou-» rir aux moyens violents, et encore ne faut-il» pas les proposer dans une société qui doit être» sage et politique. Je sais, ajoutait Robespierre ,» qu’on m’accusera de modérantisme, mais je suis» assez connu pour ne pas craindre de telles im-» putalions. s
Ici, comme avant le -10 août, on sentait le be-soin de prendre un parti, on errait de projets enprojets, on parlait d’un lieu de réunion pour par-venir à s’entendre. L’assemblée de la mairie avaitété formée ; mais le département n’y était pas pré-sent; un seul de ses membres, le jacobin Du-fourny, s’y était rendu ; plusieurs sections y man-quaient; le maire n’y avait pas encore paru, et ons’était ajourné au dimanche 19 mai, pour s’y oc-cuper de l’objet de la réunion. Malgré le but, enapparence assez circonscrit, que l’arrêté de lacommune fixait à cette assemblée, on y avait tenules propos qui se tenaient partout, et on y avait dit,comme ailleurs, qu’il fallait un nouveau 10 août.Cependant on s’était borné à de mauvais propos,