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Tome I.
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RÉVOLUTION FRANÇAISE.

et dès que des individus étaient nommés pour 'exécuter une chose, l’assemblée semblait croireque la chose serait exécutée, et que des comitésauraient pour elle ou du courage, ou des lumiè-res, ou des forces. Celui-ci devait nepas manquerd’énergie, et il était composé de députés apparte-nant presque tous au côté droit. On y comptaitentre autres Boyer-Fonfrède, Rabaut Saint-Étienne , Kervélégan, Henri Larivière, tous mem-bres de la Gironde . Mais l’énergie même de ce co-mité allait lui être funeste. Institué pour mettrela convention à couvert des mouvements des jaco-bins, il allait les exciter davantage, et augmenterle danger même qu’il était destiné à écarter. Lesjacobins avaient menacé les girondins par leurscris; les girondins rendaient la menace en insti-tuant une commission, et à cette menace les jaco-bins allaient répondre enfin par un coup fatal, enfaisant le 51 mai et le 2 juin.

A peine cette commission fut-elle instituée queles sociétés populaires et les sections crièrent,comme d’usage, à l’inquisition et à la loi martiale.L’assemblée de la mairie, ajournée au dimanche 19,se réunit en effet, et fut plus nombreuse que dansles séances précédentes. Cependant le maire n’yétait pas, et un administrateur de police prési-dait. Quelques sections manquaient au rendez-vous, et il n’y en avait guère que trente-cinq quieussent envoyé leurs commissaires. L’assembléese qualifiait de comité central révolutionnaire. Ony convient d’abord de ne rien écrire, de ne teniraucun registre, et d’empêcher quiconque voudrase retirer de sortir avant la fin de la séance. Onsonge ensuite à fixer les objets dont il faut s’occu-per. L’objet réel et annoncé était l’emprunt, et laliste des suspects; néanmoins, dès les premièresparoles, on commence;! dire que les patriotes dela convention sont impuissants pour sauver lachose publique, qu’il est nécessaire de suppléeraleur impuissance, et qu’il faut pour cela rechercherles hommes suspects, soit dans les administrations,soit dans les sections, soit dans la conventionelle-même, et s’emparer d’eux pour les mettredans l’impossibilité de nuire. Un membre, parlantfroidement et lentement, dit qu’il ne connaît desuspects, que dans la convention, et que c’est làqu’il faut frapper. Il propose donc un moyen fortsimple : c’est d’enlever vingt-deux députés , de lestransporter dans une maison des faubourgs, de leségorger, et de supposer des lettres pour faire ac-croire qu’ils ont émigré. « Nous ne ferons pas cela

» nous-mêmes, ajoute cet homme,mais en payant,» il nous sera facile de trouver des exécuteurs. »Un autre membre répond aussitôt que celte me-sure est inexécutable, et qu’il faut attendre queMarat et Robespierre aient proposé aux Jacobinsleurs moyens d’insurrection, qui sans doute vau-dront mieux.— Silence! s’écrient plusieurs vois*on ne doit nommer personne. — Un troisièmemembre, député de la section de 92, représentequ’il ne convient pas d’assassiner, et qu’il y a destribunaux pour juger les ennemis de la révolution-A celte observation, un grand tumulte s’élève; onse récrie contre la doctrine de celui qui vient deparler; on dit qu’il ne faut souffrir que des hom-mes qui soient à la hauteur des circonstances, ctque chacun doit dénoncer son voisin s’il en s« s 'pecte l’énergie. Sur-le-champ, celui qui a vouluparler des lois et des tribunaux est chassé de l’* 5 '

semblée. On s’aperçoit en même tempsqu’un ment'

bre de la section de la Fraternité, section assezmal disposée pour les jacobins, prenait des notes*et il est expulsé comme le précédent. On continuesur le même ton à s’occuper de la proscription de sdéputés, du lieu à choisir pour cette septembre'lion , et pour l’emprisonnement des autres sus-pects, soit de la commune, soit des sections. U' 1membre veut que l’exécution se fasse celte nu' 1même; on lui répond que ce n’est pas possible;réplique qu’on a des hommes tout prêts, et ‘*ajoute qu’àminuit Coligny étailàla cour, etqu aune heure il était mort.

Cependant le temps s’écoule; on renvoie au I e11demain l’examen de ces divers objets, et on eût 1 'vient de s’occuper de trois choses : 1° de l’enlève-ment des députés, 2° de la liste des suspeu ts ’3" de l’épurement de tous les bureaux et com> teS 'On s’ajourne au lendemain, six heures du soir-

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présente plusieurs listes portant des nomstoute espèce. Il observe qu’on ne doit pas les not*mer autrement que listes de suspects, ce qui eta ^légal, puisque les listes étaient ordonnées.ques membres observent qu’il ne faut pas q l,e ,

Le lendemain lundi 20, l’assemblée sede nouveau. Cette fois Paclie était présent; <> n 1

criture d’aucun membre soit connue, et qu

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faire recopier les listes. D’autres disent que des t epublicains ne doivent rien craindre. Pache aj

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que peu lui importe qu’on le sache muni de CÊlistes, car elles concernent la police de Paris , d°°il est chargé. Le caractère fin et réservé de P aCne se démentait pas, et il voulait faire entrer