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Tome I.
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CONVENTION NATIONALE (1795).

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ce qu’on exigeait de lui dans la limite des lois etde ses fonctions.

Un membre, voyant ces précautions, lui dit^lorsque sans doute il n’est pas instruit de ce quis ’est passé dans la séance de la veille, qu’il neconnaît pas l’ordre des questions, qu’il faut le luilaire connaître, et que la première a pour objetl’enlèvement de vingt-deux députés.Pachefait ob-server alors que la personne de tous les députésest confiée à la ville de Paris ; que porter atteinteà leur sûreté serait compromettre la capitale avecles départements, et provoquer la guerre civile.On lui demande alors comment il se fait qu’il aitsigné la pétition présentée le 15 avril au nom desquarante-huit sections de Paris , contre les vingt-deux. Pache répond qu’alors il fit son devoir ensignant une pétition qu’on l’avait chargé de pré-senter, mais qu’aujourd’hui la question proposéesort des attributions de l’assemblée, réunie pours’occuper de l’emprunt et des suspects, et qu’ilsera obligé de lever la séance si on persiste à s oc-cuper de pareilles discussions. Sur de telles obser-vions, il s’élève une grande rumeur; et comme°u ne peut rien faire en présence de Pache, etqu’on n’a aucun goût à s’occuper de simples listesde suspects, on se sépare sans ajournement fixe.

Le mardi 21, il ne se trouva qu’une douzaine deMembres présents à l’assemblée. Les uns ne vou-laient plus se rendre dans une réunion aussi tu-multueuse et aussi violente; les autres trouvaientqu’il n’était pas possible d’y délibérer avec assezd’énergie.

Ce fut aux Cordeliers qu’alla se décharger, lelendemain 22, toute la fureur des conjurés. Fem-mes et hommes poussèrent d’horribles vociféra-ll °ns. C’était une prompte insurrection qu’il fal-lait, et il ne suffisait plus du sacrifice devingt-*Wx députés; on en demandait maintenant troiscents. Une femme, parlant avec l’emportement des °u sexe, proposa d’assembler tous les citoyensla place de la Réunion ; d’aller porter en corpsRépétition à la convention, et de ne pas désem-parer qu’on ne lui eût arraché les décrets indis-pensables au salut public. Le jeune Varlel, qui semontrait depuis si longtemps dans toutes les émeu-tes , présenta en quelques articles un projet d’in-s Urrection. Il proposait de se rendre à la conven-tl0n » en portant les droits de l’homme voilés d’unCrê Pe, d’enlever tous les députés ayant appartenuau x assemblées législative et constituante, de sup-puter tous les ministres, de détruire tout ce qui

restait de la famille des Bourbons, etc. Legendrese hâte de le remplacer à la tribune pour s’oppo-ser à ces propositions. Toute la force de sa voixput à peine couvrir les cris et les buées qui s’éle-vaient contre lui, et il parvint avec la plus grandepeine à combattre les motions incendiaires dujeune Varlet. Cependant on voulait assigner unterme fixe à l’insurrection , et prendre jour pouraller exiger de la convention ce qu’on désiraitd’elle; mais la nuit étant déjà avancée, chacunfinit par se retirer sans aucune décision prise.

Tout Paris était déjà instruit de ce qui s’étaitdit, soit dans les deux réunions de la mairie, le19 et le 20, soit dans la séance des Cordeliersdu 22. Une foule de membres du comité centralrévolutionnaire avaient eux-mêmes dénoncé lespropos qui s’y étaient tenus, les propositionsqu’on y avait faites, et le bruit d’un complot con-tre un grand nombre de citoyens et de députésétait universellement répandu. La commission desdouze en était informée avec le plus grand détail,et se préparait à agir contre les auteurs désignésdes propositions les plus violentes.

La section de la Fraternité les dénonça formel-lement, le 24, par une adresse à la convention;elle rapporta tout ce qui s’était dit et fait dansl’assemblée de la mairie, et accusa hautement lemaire d’y avoir assisté. Le côté droit couvrit d’ap-plaudissements cette courageuse dénonciation, etdemanda que Pache fût appelé à la barre. Marat répondit que les membres du côté droit étaienteux-mêmes les seuls conspirateurs; que Valazé ,chez lequel ils se réunissaient tous les jours, leuravait donné avis de s’armer, et qu’ils s’étaientrendus à la convention avec des pistolets. — Oui,réplique Valazé , j’ai donné cet avis, parce qu’ildevenait nécessaire de défendre notre vie, et cer-tainement nous l’aurions défendue. — Oui, oui,s’écrient énergiquement tous les membres du côtédroit. — Lasource ajoute un fait des plus graves,c’est que les conjurés, croyant apparemment quel’exécution était fixée pour la nuit dernière, s’é-taient rendus chez lui pour l’enlever.

Dans ce moment on apprend que la commissiondes douze est munie de tous les renseignementsnécessaires pour découvrir le complot, et en pour-suivre les auteurs, et on annonce un rapport desa part pour le lendemain. La convention déclareen attendant que la section de la Fraternité a bienmérité de la patrie.

Le soir du meme jour, grand tumulte à la mu-