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la veille n’a pas etc rendu, car les pétitionnairesont voté avec les députés, ou que s’il a été rendu,il doit être rapporté, parce, que l’assemblée n’étaitpas libre. ■— Quand vous êtes libres, ajoute Lan-juinais, vous ne votez pas l’impunité du crime. —A gauche, on affirme que Lanjuinais altère lesfaits; que les pétitionnaires n’ont pas voté, qu’ilsse sont retirés dans les couloirs. A droite, on as-sure le contraire; et, sans s’être entendu à cetégard, on met aux voix le rapport du décret. A unemajorité de cinquante et une voix, le décret estrapporté. « Vous avez fait, dit alors Danton , un» grand acte de justice, et j'espère qu’il sera se-j produit avant la fin de la séance ; mais si la» commission que vous venez de réintégrer, con-» serve ses pouvoirs tyranniques, si les magistrats» du peuple ne sont pas remis à la liberté et à» leurs fonctions, alors je vous déclare qu’après» avoir prouvé que nous passons nos ennemis ent> prudence et en sagesse, nous prouverons que» nous les passons en audace et en vigueur révo-» lulionnaire. » On met alors aux voix l’élargis-sement provisoire des détenus, et il est prononcéà l’unanimité. Rabaut Saint-Étienne veut être en-tendu au nom de la commission des douze, invoquel’attention au nom du salut public, et ne peut sefaire écouter; enfin il donne sa démission.
Le décret avait été ainsi rapporté, et la majoritérevenue au côté droit, semblait prouver que les dé-crets n’appartiendraient au côté gauche que dansquelques moments de faiblesse. Quoique les magis-trats réclamés eussent été élargis, quoique Hébertlut rendu à la commune, où il recevait des cou-ronnes , néanmoins le rapport du décret avait sou-levé toutes les passions, et l’orage, qui semblaits’être dissipé un moment, allait enfin éclater d’unemanière plus terrible.
Le jour même, l’assemblée qui s’était tenue à lamairie, et qui ne s’y réunissait plus depuis que lemaire avait interdit les propositions dites de salutpublic, fut renouvelée à l’évêché, dans le clubélectoral, où se rendaient parfois quelques élec-teurs. Elle fut composée de commissaires des sec-tions , choisis dans les comités de surveillance, decommissaires de la commune, du département, etdes divers clubs. Les femmes mêmes y étaient re-présentées , et sur cinq cents personnes, on comp-tait cent femmes, à la tête desquelles s’en trouvaitune, fameuse par ses emportements politiques etson éloquence populaire. Le premier jour, il neparut à cette réunion que les envoyés de trente-
FRANÇA1SE.
six sections; il en restait douze qui n’avaient pasdéputé de commissaires, et on leur adressa unenouvelle convocation. On s’occupa ensuite de nom-mer une commission de six membres, chargéed’imaginer et de présenter le lendemain les moyensde salut public. On se sépara après cette mesurepréliminaire, et on s’ajourna pour le lendemain 29-
Le même soir, grand tumulte dans les sections.Malgré le décret de la convention qui les ferme adix heures, elles se prolongent bien après, se con-stituent à cette heure en sociétés patriotiques, et,sous ce nouveau titre, continuent leur séance fortavant dans la nuit. Dans les unes, on prépare denouvelles adresses contre la commission des douze Idans les autres, on fait des pétitions à l’assemblée,pour lui demander l’explication de ces parolesd’Isnard : Paris sera rayé de la liste des cités.
A la commune, long discours de Chaumette surla conspiration évidente qui se trame contre laliberté, sur les ministres, sur le côté droit, etc-Hébert arrive, raconte sa détention, reçoit unecouronne qu’il dépose sur le buste de J.-J. Rous-seau , et retourne ensuite à sa section, accompa-gné par des commissaires de la commune, q u>ramènent en triomphe le magistrat délivre deses fers.
Le lendemain 29, la convention est affligée dedeux nouvelles fâcheuses venant des deux pointsmilitaires les plus importants, le Nord et la Ven-dée . L’armée du Nord a été repoussée entre Bo«-chain et Cambrai; Valenciennes et Cambrai son 1privées de toute communication. A Fontenay, l fiStroupes républicainesont été complètement battue®par M. de Lescure, qui s’est emparé de Fontenaymême. Ces nouvelles répandent la plus grand econsternation, et rendent plus dangereuse la situ®'tion du parti modéré. Les sections se succèdent,avec des bannières portant ces mots : Résistantà l’oppression. Les unes demandent, comme eH 6 *l’avaient annoncé la veille, l’explication des parol eSdisnard; les autres déclarent qu’il n’y a plus d’a* 1tre inviolabilité que celle du peuple, que P arconséquent les députés qui ont cherché à arm erles départements contre Paris doivent être mis c "accusation, que la commission des douze doit etr ecassée, qu’une armée révolutionnaire doit être organisée, etc. _ .
Aux Jacobins, la séance n’était pas moins sig n ^ficative. De toutes parts, on disait que le moi» ^était arrivé, qu’il fallait enfin sauver le peuple»dès qu’un membre se présentait pour détailler