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moyens à employer, on le renvoyait à la commis-sion des six, nommée au club central. Celle-là,disait-on, est chargée de pourvoir à tout, et derechercher les moyens de salut public. Legendre,voulant parler sur les dangers du jour, et sur lanécessité d’épuiser les moyens légaux, avant derecourir aux moyens extrêmes, fut traité d'endor-"neur. Robespierre , ne s’expliquant pas, dit quec était à la commune à s’unir intimement an ■peu-pie; que, pour lui, il était incapable de prescrireles moyens de salut; que cela n’était pas donné àUn seul homme, et moins encore à lui qu’à toutautre, épuisé qu’il était par quatre ans de révolu-hon, et consumé d’une fièvre lente et mortelle.
Ces paroles du tribun firent un grand effet, pro-voquèrent de vifs applaudissements. Elles indi-quaient assez qu’il s’en remettait, comme tout lemonde, à ce que feraient les autorités municipalesà l’évêché. Cette assemblée de l’évêché s’était en-eore réunie, et, comme la veille, elle avait étémêlée de beaucoup de femmes. On s’occupa d’a-koi'd de rassurer les propriétaires, en jurant res-Pect aux propriétés. L’on a respecté, s’écria-t-on,propriétés au 10 août et au 14 juillet; et sur-ta-champ on prêta le serment de les respecter aumai 1793. Après quoi, Dufourny, membre dela commission des six, dit que, sans un comman-dant général de la garde parisienne, il était im-possible de répondre d’aucun résultat, et qu’ilAllait demander à la commune d’en nommer uns dr-le-champ. Une femme, la célèbre Lacombe,Prenant la parole, insista sur la proposition de Du-Pou r ny, et déclara que, sans des mesures promptesvigoureuses, il était impossible de se sauver.Aussitôt on fit partir des commissaires pour la®°mmune, et celle-ci répondit, à la manière dea che, que le mode pour la nomination d’un com-^ondant général étant fixé par les décrets de lac °Nvention, et que ce mode lui interdisant de legommer elle-même, il ne lui restait que des vœux4 f °i'mer à ce sujet. C’était inviter le club à rangernomination au nombre des mesures extraor-jl'Ooires de salut public, dont il devait se charger.
«ssemblée résolut ensuite d’inviter tous les can-( j° ns du département à s’unir à elle, et envoya des^ Putés à Versailles . Une confiance aveugle fut^f^oudée au nom des six, et on exigea la promessej^écuter sans examen tout ce qu’ils proposeraient.
e s »lence fut prescrit sur tout ce qui regardait laj a nde question des moyens, et on s’ajourna auen demain matin neuf heures, pour commencer
une séance permanente, qui devait être décisive.
La commission des douze avait été instruite detout dans la soirée même; le comité de salut pu-blic l’avait été aussi, et il soupçonna en outre,d’après un placard imprimé dans la journée, qu’ily avait à Charenton des conciliabules où se trou-vaient Danton, Marat et Robespierre . Le comité desalut public, profitant d’un moment où Danton était absent de son sein, ordonna au ministre del’intérieur de faire les perquisitions les plus activespour découvrir ce conciliabule secret. Rien ne futdécouvert, et tout prouve que le bruit était faux.Il paraît que tout se faisait dans l’assemblée de lacommune. Robespierre désirait vivement une ré-volution manifestement dirigée contre ses antago-nistes, les girondins, mais il n’avait pas besoin dese compromettre pour la produire; il lui suffisaitde ne plus s’y opposer, comme il l’avait fait plu-sieurs fois, pendant le mois de mai. En effet, sondiscours aux Jacobins, où il avait dit que la com-mune devait s’unir au peuple et trouver les moyensque lui ne pouvait pas découvrir, était un véritableconsentement à l’insurrection (54). Cette approba-tion était suffisante, et il y avait assez d’ardeur auclub central, sans qu’il s’en mêlât. Pour Marat , ilfavorisait le mouvement par ses feuilles, par sesscènes de tous les jours à la convention, mais iln’était pas membre de la commission des six, véri-tablement chargée de l’insurrection. Le seul hommequ’on pourrait croire l’auteur caché de ce mouve-ment, c’est Danton ; mais il était incertain ; il dé-sirait l’abolition de la commission des douze, etcependant il n’aurait pas voulu qu’on touchât en-core à la représentation nationale. Meilhan, lerencontrant dans la journée au comité de salutpublic, l’aborda, l’entretint amicalement, lui fitsentir quelle différence les girondins mettaiententre lui et Robespierre , quelle considération ilsavaient pour ses grands moyens, et finit par luidire qu’il pourrait jouer un grand rôle en usant desa puissance au profit du bien, et pour le soutiendes honnêtes gens. Danton , que ces paroles tou-chaient, releva brusquement sa tête, et dit à Meil-han : — Vos girondins n’ont point de confiance enmoi. — Meilhan voulut insister de nouveau ; — ilsn’ont point de confiance, répéta Danton , et il s’é-loigna sans vouloir prolonger l’entretien. Ces pa-roles peignent parfaitement les dispositions de cethomme. Il méprisait cette populace municipale, iln’avait aucun goût pour Robespierre ni pour Marat ,et il eût bien mieux aimé se mettre à la tête des