Band 
Tome I.
Seite
336
JPEG-Download
 

RÉVOLUTION FRANÇAISE .

336

leur donner le courage et l’ensemble nécessairespour résister à l’insurrection.

Dans ce moment, la section du faubourg Saint-Antoine, excitée par les émissaires qui étaient ve-nus lui dire que la Butte-des-Moulins avait arboréla cocarde blanche, descend dans l’intérieur deParis avec ses canons, et s’arrête à quelques pasdu Palais-Royal , où la section de la Butte-des-Moulins s’élait retranchée. Celle-ci s’était mise enbatailledans le jardin, avait fermé toutes les gril-les, et se tenait prête, avec ses canons, à soutenirun siège en cas d’attaque. Au dehors on continuaità répandre le bruit quelle avait la cocarde et ledrapeau blancs, et on excitaitla sectiondu faubourgSaint-Antoine à l’attaquer. Cependant quelquesofficiers de cette dernière représentent qu’avantd’en venir à des extrémités, il faut s’assurer desfaits et tâcher de s’entendre. Ils se présentent auxgrilles et demandent à parler aux officiers de laButte-des-Moulins. On les reçoit, et ils ne trou-vent partout que des couleurs nationales. Alors ons’explique, on s’embrasse de part et d’autre. Lesofficiers retournent à leurs bataillons, et bientôtles deux sections réunies se confondent et parcou-rent ensemble les rues de Paris .

Ainsi la soumission devenait de plus en plusgénérale, et on laissait la nouvelle commune pour-suivre ses débats avec la convention. Dans ce mo-ment, Barrère, toujours prêt à fournir les projetsmoyens, proposait, au nom du comité de salutpublic, d’abolir la commission des douze, mais,en même temps, demeure la force armée à la dis-position de la convention. — Tandis qu’il déve-loppe son projet, une nouvelle députation vient,pour la troisième fois, exprimer ses dernières in-tentions à l’assemblée, au nom du département,de la commune, et des commissaires des sectionsextraordinairement réunis à l’évêché.

Le procureur-syndic du département, l’Huillier,a la parole.» Législateurs, dit-il, depuis long-» temps la ville et le département de Paris sonts calomniés aux yeux de l’univers. Les mêmes» hommes qui ont voulu perdre Paris dans l’opi-» nion publique sont les fauteurs des massacres» de la Vendée ; ce sont eux qui flattent et sou-» tiennent les espérances de nos ennemis; ce sont» eux qui avilissent les autorités constituées, qui» cherchent à égarer le peuple pour avoir le droit» de s’en plaindre; ce sont eux qui vous dénoncent» des complots imaginaires pour en créer de réels;» ce sont eux qui vous ont demandé le comité des

» douze pour opprimer la liberté du peuple; ce» sont eux enfin qui, par une fermentation crimi-s nelle, par des adresses controuvées, par leurt> correspondance, entretiennent les haines et less divisions dans votre sein, et privent la patrie duv plus grand des bienfaits, d’une bonne conslitu-i tion qu’elle a achetée par tant de sacrifices. »

Après cette véhémente apostrophe , l’Huillierdénonce des projets de fédéralisme; déclare que laville de Paris veut périr pour le maintien de l’u-nité républicaine, et demande justice des parolesfameuses d’Isnard, Paris sera rayé de la liste (lescités.

» Législateurs, s’écrie-t-il, le projet de détruirei Paris serait-il bien formé ! voudriez-vous dissou-» dre ce dépôt sacré des arts et des connaissances» humaines! » Après ces lamentations affectées,il demande vengeance contre Isnard, contre lesdouze, et contre beaucoup d’autres coupables, telsque Brissot, Guadet, Vergniaud, Gensonné , Bu-zot, Barbaroux, Roland, Lebrun, Clavière, etc.

Le côté droit garde le silence. Le côté gaucheelles tribunes applaudissent. Le président Grégoirerépond à l’Huillier par des éloges emphatiques deParis , et invite la députation aux honneurs de laséance. Les pétitionnaires qui la composaientétaient mêlées à une foule de gens du peuple-Trop nombreux pour rester tous à la barre, ilsvont se placer du côté de la Montagne, qui les ac-cueille avec empressement et leur ouvre ses rangs-Alors une multitude inconnue se répand dans lasalle, et se confond avec l’assemblée. Les tribunes,à ce spectacle de fraternité entre lesreprésentantset le peuple retentissent d’applaudissements. Os-selin demande aussitôt que la pétition soit impri'mée, et qu’on délibère sur son contenu, rédigé enprojet par Barrère. —Président, s’écrie Vergniaud,consultez l’assemblée pour savoir si elle veut défi'bérer dans l’état où elle se trouve!—Aux voix I eprojet de Barrère ! s’écrie-t-on à gauche. —NoU sprotestons, s’écrie-t-on à droite, contre toute d e 'libération.—La convention n’est pas libre, édDoulcet. — Eh bien ! reprend Levasseur, que l eSmembres du côté gauche se portent vers la droit e >et alors la convention sera distincte des pétition-naires, et pourra délibérer. A cette proposition, I aMontagne s’empresse de passer à droite. Pour unmoment, les deux côtés se confondent, et les bancsde la Montagne sont entièrement abandonnés auxpétitionnaires. On met aux voix l’impression d el’adresse, et elle est décrétée.— Aux voix, répété-