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CONVENTION NATIONALE (1793).
le devoir de tous les citoyens étant de lui rendrela liberté, il arrêtait qu’une force de quatre raillehommes serait levée pour marcher sur Paris , etque des commissaires envoyés à tous les départe-ments voisins, iraient les engager à imiter cetexemple, et à concerter leurs opérations. Le dé-partement du Calvados, séant à Caen , fit arrêterles deux députés, Rome et Prieur de la Côte-d’Or,envoyés par la convention pour presser l’organisa-tion de l’armée des côtes de Cherbourg. Il fut con-venu que les départements de la Normandie s’as-sembleraient extraordinairement à Caen pour sefédérer. Tous les départements de la Bretagne , telsque ceux des Côtes-du-Nord, du Finistère , duMorbihan, d’Ille-et-Vilaine, de la Mayenne , et dela Loire-Inférieure , prirent des arrêtés semblables,et députèrent des commissaires à Rennes , pour yétablir l’autorité centrale de la Bretagne . Les dé-partements du bassin de la Loire, excepté ceuxqui étaient occupés par les Vendéens, suivirentl’exemple général, et proposèrent même d’envoyerdes commissaires à Bourges , d’y former une con-vention composée de deux députés de chaquedépartement, et d’aller détruire la convention usur-patrice ou opprimée, siégeant à Paris .
A Bordeaux , la sensation fut extrêmement vive.Toutes les autorités constituées se réunirent ena ssemblée, dite commission 'populaire de salutpublic, déclarèrent que la convention n’était pluslibre, et qu’il fallait lui rendre la liberté; en con-séquence, elles arrêtèrent qu’une force arméeserait levée sur-le-champ, et qu’en attendant, unePétition serait adressée à la convention nationale,Pour quelle s’expliquât et fit connaître la véritéles journées de juin. Elles dépêchèrent ensuitedos commissaires à tous les départements, pour lesmviter à une coalition générale. Toulouse , anciennev ‘lle parlementaire, où beaucoup de partisans deAncien régime se cachaient derrière les girondins,av ait déjà institué une force départementale de®dlle hommes. Ses administrations déclarèrent,en présence des commissaires envoyés à 1 arméedes Pyrénées , qu’elles ne reconnaissaient plus lainvention : elles élargirent beaucoup d’individuse mprisonnés, en firent incarcérer beaucoup dau-* res accusés d’être montagnards, et annoncèrentouvertement qu’elles étaient prêtes à se fédérerave c les départements du Midi . Les départementsSu périeurs du Tarn, de Lot-et-Garonne , de l’Avey-l ’°u. du Cantal, du Puy-de-Dôme , de l’Hérault,s uivirent l’exemple de Toulouse et de Bordeaux .
Nîmes se déclara en état de résistance; Marseille rédigea une pétition foudroyante, remit en activitéson tribunal populaire, commença une procédurecontre les lueurs, et prépara une force de sixmille hommes. AGrenoble, les sections furentcon-voquées, et leurs présidents, réunis aux autoritésconstituées, s’emparèrent de tous les pouvoirs,envoyèrent des députés à Lyon , et voulaient fairearrêter Dubois-Crancé et Gauthier, commissairesde la convention à l’armée des Alpes. Le départe-ment de l’Ain adopta la même marche. Celui duJura , qui avait déjà levé un corps de cavalerie etune force départementale de 800 hommes, pro-testa de son côté contre l’autorité de la convention.A Lyon enfin, où les sections régnaient en souve-raines depuis le combat du 29 mai, on reçut et onenvoya des députés pour se concerter avec Mar-seille, Bordeaux et Caen ; on instruisit sur-le-champ une procédure contre Chalier, président duclub jacobin, et contre plusieurs autres monta-gnards. Il ne restait donc sous l’autorité de laconvention que les départements du Nord , et ceuxqui composaient le bassin de la Seine . Les dépar-tements insurgés s’élevaient à soixante ou soixante-dix, et Paris devait, avec quinze ou vingt, résis-ter à tous les autres, et continuer la guerre avecl’Europe .
A Paris , les avis étaient partagéssur les moyensà prendre dans ce péril. Les membres du comitéde salut public, Cambon, Ba’rrère, Bréard, Treil-hard, Mathieu, patriotes accrédités, quoiqu’ilseussent improuvé le 2 juin, auraient voulu qu’onemployât les voies de conciliation. 11 fallait, suivanteux, prouver la liberté de la convention par desmesures énergiques contre les agitateurs, et, aulieu d’irriter les départements par des décretssévères, les ramener en leur montrant le dangerd’une guerre civile en présence de l’étranger. Bar-rère proposa, au nom du comité de salut public,un projet de décret tout à fait conçu danscet esprit.D’après ce projet, les comités révolutionnaires,qui s étaient rendus si redoutables par leurs nom-breuses arrestations, devaient être cassés danstoute la France , ou ramenés au but de leur insti- ^tution, qui était la surveillance des étrangers sus-pects; les assemblées primaires devaient être réu-nies à Paris pour nommer un autre commandantdelà force armée, à la place d’Henriot, qui étaitde la nomination des insurgés; enfin, trente dépu-tés devaient être envoyés aux départements commeotages. Ces mesures semblaient propres à calmer