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Tome I.
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CONVENTION NATIONALE (1793).

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d une invasion presque inévitable. Depuis la ba-taille de Neerwinden et la défection de Dumou-ïle z, une suite effrayante de revers nous avait faitPerdre nos conquêtes et notre frontière du Nord.On se souvient que Dampierre, nommé général enchef, avait rallié l’armée sous les murs de Bou-chain, et lui avait rendu là un peu d’ensemble etde courage. Heureusement pour la révolution, lescoalisés, fidèlesau plan méthodique arrêté aucom-•Uencement de la campagne, ne voulaient percerSu raucun point, et ne devaient pénétrer enFrancelue lorsque le roi de Prusse, après avoir prisMayence, pourrait s’avancer dans le cœur de nos

Provinces. S’il s’était trouvé chez les généraux dela coalition un peu de génie ou un peu d’union, lacause de la révolution était perdue. Après Neer-"inden et la défection de Dumouriez , ils auraientdû marcher en avant, ne laisser aucun repos àn otre armée battue, divisée et trahie ; et, soitqu’onla fit prisonnière, soit qu’on la rejetât dans lesPlaces fortes, nos campagnes restaient ouvertes à1 ennemi victorieux. Mais les alliés tinrent uncongrès à Anvers , pour régler les opérations ulté-C'eures de la guerre. Le duc d’York , le prince deCobourg , le prince d’Orange et divers générauxdécidèrent entre eux ce qu’il convenait de faire.Cn résolut de prendre Condé et Valenciennes ,Pour donner à la maison d’Autriche de nouvellesPlaces fortes dans les Pays-Bas, et de s’emparerde Dunkerque , pour assurer à l’Angleterre ceport si désiré sur le continent. Ces conventionslaites, on recommença les opérations. Les Anglais ,les Hollandais étaient arrivés en ligne. Le ducdYork commandait vingt mille Autrichiens et•ranovriens; le prince d’Orange quinze mille Hol-'andais; le prince de Cobourg avait quarante-cinqnil Ue Autrichiens et huit mille Hessois. Le princede Hohenlohe occupait avec trente mille Autri-c hiens Namuret Luxembourg, et liait l’arméè coa-l* s ée des Pays-Bas avec l’armée prussienne char-ge du siège de Mayence. Ainsi quatre-vingt ou1 u aire-vingt-dix mille hommesmenaçaientle Nord.

Méjà les coalisés faisaient le blocus de Condé, eta plus grande ambition du gouvernement français cta jt de débloquer cette place. Dampierre, brave,^ais se défiant de ses soldats, n’osait pas attaquer' es masses formidables. Cependant, pressé parcommissaires de la convention, il ramene no-tre armée au camp de Famars sous Valenciennes,le 1" mai, il attaque sur plusieurs colonnes les"trichiens retranchés dans les bois de Vicogne

et de Saint-Amant. Les combinaisons militairesétaient timides encore; former une masse, saisirle point faible de l’ennemi, et le frapper hardi-ment , était une tactique inconnue des deux par-tis. Dampierre se jette avec bravoure, mais en pe-tites masses, sur un ennemi divisé lui-même, etqu’il eût été facile d’accabler sur un point; punide sa faute, il est repoussé' après un combatacharné. Le 9 mai, il recommence l’attaque; ilétait moins divisé que la première fois, mais lesennemis avertis l’étaient moins aussi; et, tandisqu’il fait des efforts héroïques pour décider de laprise d’une redoute qui devait déterminer la jonc-tion de deux de ses colonnes, il est atteint d’unboulet de canon, et blessé à mort. Le général La-marche, revêtu du commandement provisoire, or-donne la retraite, et ramène l’armée dans le campde Famars .

Le camp de Famars , situé sous les murs de Va-lenciennes, et lié à celte place, empêchait d’enfaire le siège. Les coalisés résolurent de l’attaquerle 23 mai. Ils éparpillèrent leur troupes, suivantleur méthode accoutumée, en dispersèrent inutile-ment une partie sur une foule de points que laprudence autrichienne voulait tous garder, et n’at-taquèrent pas le camp avec toute la puissance qu’ilsauraient pu déployer. Arrêtés une journée entièrepar l’artillerie, honneur de l’armée française , ilsne passèrent que vers le soir la Ronelle, qui dé-fendait le front du camp. Lamarche décampa lanuit en bon ordre , et vint se poster au camp deCésar, qui se liait à la place de Bouchain, commecelui de Famars à Valenciennes . Ici encore il fal-lait nous poursuivre et nous disperser; mais l’é-goïsme et la méthode fixèrent les coalisés autourde Valenciennes . Une partie de leur armée, dis-posée en corps d’observation, se plaça entre Va-lenciennes et Bouchain, et fit face au camp deCésar. Une autre division entreprit le siège de Va-lenciennes , et le reste continua le blocus de Condé,qui manquait de vivres, et qu’on espérait réduiresous peu de jours. Le siège régulier de Valencien-nes fut commencé. Cent quatre-vingts bouches àfeu venaient de Vienne, et cent autres de Hol-lande; quatre-vingt-treize mortiers étaient déjàpréparés. Ainsi en juin et en juillet on affamaitCondé , on incendiait Valenciennes, et nos géné-raux occupaient le camp de César avec une arméebattue et désorganisée. Condé et Valenciennes ré-duits, tout devenait à craindre.

L’armée delà Moselle , liant l’armée du Nord à