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Tome I.
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RÉVOLUTION FRANÇAISE.

celle du Rhin , avait passé sous les ordres de Li-gneville, quand Beurnonville fut nommé ministrede la guerre. Elle se trouvait en présence du princedeHohenlohe, et n’en avait rien à craindre, car ceprince occupant à la fois Namur, Luxembourg etTrêves , avec trente mille hommes au plus, ayantdevant lui les places de Metz et Thionville , ne pou-vait rien tenter de dangereux. On venait de l’affai-blir encore en détachant sept à huit mille hommesde son corps, pour les joindre à l’armée prus-sienne. Dès lors, il devenait plus facile et plusconvenable que jamais de joindre l’armée activede la Moselle à celle du Haut-Rhin, pour tenterdes opérations importantes.

Sur le Rhin , la campagne précédente s’étaitler-minée à Mayence . Custine, après ses ridiculesdémonstrations autour de Francfort , avait été con-traint de se replier et de s’enfermer à Mayence ,où il avait rassemblé une artillerie assez considéra-ble, tirée de nos places fortes, et particulièrementde Strasbourg . Là, il formait mille projets; tan-tôt il voulait prendre l’offensive, tantôt garderMayence , tantôt même abandonner cette place.Enfin il fut résolu qu’il la garderait, et il contri-bua même à décider le conseil exécutif à prendrecette détermination. Le roi de Prusse se vit alorsforcé d’en faire le siège, et c’était la résistancequ’ils rencontraient sur ce point qui empêchait lescoalisés d’avancer au Nord.

Le roi de Prusse passa leRhin à Bacharach , unpeu au-dessousde Mayence ; Wurmseravecquinzemille Autrichiens et quelques mille hommes deGondé, le franchit un peu au-dessus : le corpsliessoisdeSchœnfeldresta sur la rive droite devantle faubourg de Gassel. L’armée prussienne n’étaitpas encore aussi forte qu’elle devait l’être, d’a-près les engagements qu’avait pris Frédéric-Guil-laume. Ayant envoyé un corps considérable en Po-logne , il ne lui restait que cinquante-cinq millehommes, en y comprenant les différents contin-gents, Hessois, Saxons et Bavarois. Ainsi, encomptant les sept à huit mille Autrichiens deWurmser, les cinq ou six mille émigrés de Condé,et les cinquante-cinq mille hommes du roi dePrusse, on peut évaluer à près de quatre-vingtmille soldats l’armée qui menaçait la frontière del’Est. Nos places fortes du Rhin renfermaient à peuprès trente-huit mille hommes de garnison; l’ar-mée active était de quarante à quarante-cinq millehommes, celle de la Moselle de trente, et si l’onavait réuni ces deux dernières.sous un seul com-

mandement, et avec un point d’appui comme celuide Mayence , on aurait pu aller chercher le roi dePrusse lui-même et l’occuper au delà du Rhin .

Les deux généraux de la Moselle et du Rhin auraient dû au moins s’entendre ; ils auraient pudisputer, empêcher même le passage du fleuve,mais ils n’en firent rien. Dans le courant du moisde mars, le roi de Prusse traversa impunément leRhin , et ne rencontra sur ses pas que des avant-gardes qu’il repoussa sans peine. Pendant ce temps,Custine était à Worms. Il n’avait pris soin de dé-fendre ni les bords du Rhin , ni les revers desVosges, qui, formant le pourtour de Mayence ,auraient pu arrêter la marche des Prussiens. Haccourut, mais s’alarma subitement des échecsessuyés par ses avant-gardes; il crut avoir centcinquante-mille hommes sur les bras; il se figurasurtout que Wurmser, qui devait déboucher p arle Palatinat et au-dessus de Mayence , était sur sesderrières, et allait le séparer de l’Alsace ; il de-manda des secours à Ligneville, qui, tremblant deson côté, n’osa pas déplacer un régiment; alors ilse mità fuir, se relira tout d’un trait sur Landau,puis sur Wissenbourg, et songea même à chercherune protection sous le canon de Strasbourg . Cetteinconcevable retraite ouvrit tous les passages auSPrussiens, qui vinrent se grouper sous Mayence ,et l’investirent sur les deux rives.

Vingt mille hommes s’étaient enfermés dans 1*place, et si c’était beaucoup pour la défense, c’é-tait beaucoup trop pour l’état des vivres, qui u epouvaient pas suffire à une garnison aussi consi'dérable. L’incertitude denos plans militaires aval*empêché de prendre aucune mesure pour l'appro-visionnement de la ville. Heureusement elle ren-fermait deux représentants du peuple, Rewbell ell’héroïque Merlin de Thionville , les généraux Klé-ber, Aubert-Dubayet et l’ingénieur Meunier, enfinune garnison qui avait toutes les vertus guerrière*’la bravoure, la sobriété, la constance. L’invests-sement commença en avril. Le général Kalkreud 1formait le siège avec un corps prussien. Le roiPrusse et Wurmser étaient en observation au pi e( *des Vosges , et faisaient face à Custine. La gar»*'son renouvelait fréquemmentses sorties et étend altfort loin sa défense. Le gouvernement frança 1 *’sentant la faute qu’il avait commise en sépar a0tles deux armées de la Moselle et du Rhin , les réu-nit sous Custine. Ce général, disposant de soixanteà soixante-dix mille hommes, ayant les Prussien*et les Autrichiens éparpillés devant lui, etau de •