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Tome I.
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CONVENTION NATIONALE (1793).

Mayence, gardée par vingt mille Français , nesongeait pas à fondre sur le corps d’observation, àk disperser, et à venir joindre la brave garnison•lui lui tendait la main. Vers le milieu de mai, sen-tant le danger de son inaction, il fit une tentativeB *al combinée, mal secondée, et qui dégénéra en^e déroute complète. Suivant son usage, il seplai gnit des subordonnés, et fut transporté à Tar-dée du Nord pour rendre l’organisation et le cou-rge aux troupes retranchées au camp de César.Ainsi la coalition qui faisait les sièges de Valen-O'fcnnes et de Mayence , pouvait, après deux pla-Ce s prises, avancer sur notre centre, et effectuersans obstacle l’invasion.

Du RhinauxAlpeset aux Pyrénées, une chaînede révoltes menaçait les derrières de nos armées,e l interrompait leurs communications. Les Vosges ,le Jura, l’Auvergne, la Lozère, forment, du Rhin aux Pyrénées , une masse presque continue deMontagnes de différente étendue et de diverse^auteur. Les pays de montagnes sont, pour les in-stitutions, les moeurs et les habitudes, des lieuxde conservation. Dans presque toutes celles que®°®s venons de désigner, la population gardait unre ste d’attachement pour son ancienne manièred être, et, sans être aussi fanatisée que la Vendée ,e lle était néanmoins assez disposée à s’insurger.Les Vosges , à moitié allemandes, étaient travail-lées par les nobles, par les prêtres, et montraientdes dispositions d’autant plus menaçantes, quel’armée du Rhin chancelait davantage. Le Jura e lait tout entier insurgé pour la Gironde ; et sidans sa rébellion il montrait plus d’esprit de li-berté, il n’en était pas moins dangereux, car quinze^ vingt mille montagnards se rassemblaient autourde Lons-le-Saulnier , et se liaient aux révoltés de1 Ain et du Rhône . On a vu dans quel état se trou-Va U Lyon. Les montagnes de la Lozère , qui sépa-le 'U la haute Loire du Rhône , se remplissaientrévoltés à la manière des Vendéens. Comman-dés par un ex-constituant nommé Charrier, ilss élevaient déjà au nombre de trente mille, et pou-'aient se joindre par la Loire à la Vendée . Après,venaient les insurgés fédéralistes du Midi . Ainsi,de vastes révoltes, différentes début et de princi-lj es > mais également formidables, menaçaient lesArrières des armées du Rhin, des Alpes et des‘yénées.

long des Alpes , les Piémontais étaient enai>m es, et voulaient reprendre sur nous la Savoie ct le comté de Nice. Les neiges empêchaient le

commencement des hostilités le long du Saint-Bernard , et chacun gardait ses postes dans lestrois vallées dcSallenche, de la Tarenlaise et dela Maurienne. Aux Alpes maritimes et à l’arméedite d’Italie , il en était autrement. Là, les hostili-tés avaient été reprises de bonne heure, et dès lemois de mai on avait recommencé à se disputer leposte si important de Saorgio, duquel dépendaitla tranquille possession de Nice. En effet, ce posteune fois occupé, les Français étaient maîtres duCol de Tende, et tenaient la clef de la grandechaîne. Aussi les Piémontais avaient mis autantd’énergie à le défendre que nous à l’attaquer. Ilsavaient tant en Savoie que du côté de Nice , qua-rante mille hommes, renforcés par huit mille Au-trichiens auxiliaires. Leurs troupes disséminéesen plusieurs corps d’égale force depuis le Col deTende jusqu’au grand Saint-Bernard, avaientsuivi, comme toutes celles de la coalition, lesystème des cordons, et gardaient toutes les val-lées. L’armée française d’Italie était dans le plusdéplorable état; composée de quinze mille hom-mes au plus, dénuée de tout, faiblement comman-dée, il n’était pas possible d’en obtenir de grandsefforts. Le général Biron, qui l’avait commandéeun instant, l’augmenta de cinq mille hommes, maisil ne put la pourvoir de tout ce qui lui était néces-saire. Si une de ces grandes pensées qui nous au-raient perdu au Nord s’était élevée au Midi, notreruine n’eût pas été moins certaine de ce côté. LesPiémontais pouvaient, à la faveur des glaces quiparalysaient forcément toute action du côté desgrandes Alpes , transporter toutes leurs forces auxAlpes du Midi , et, débouchant sur Nice avec unemasse de trente mille hommes, culbuter notrearmée d’Italie , la refouler sur les départementsinsurgés, la disperser entièrement, favoriser lesoulèvement des deux rives du Rhône , s’avancerpeut-être jusqu’à Grenoble et Lyon , prendre là parderrière notre armée engagée dans les vallées delàSavoie , et envahir ainsi toute une partie de laFrance . Mais il n’y avait pas plus un Amédée chezeux, qu un Eugène chez les Autrichiens, ou qu’unMarlborough chez les Anglais . Ils s’étaient doncbornés à la défense de Saorgio.

Brunet, qui succéda à Anselme, avait fait, surle poste de Saorgio, les mêmes efforts que Dam-pierre du côté de Condé. Après plusiers combatsinutiles et sanglants, on en livra enfin un dernier,le 12 juin, qui fut suivi d’une déroute complète.Alors encore, si l’ennemi eût puisé dans son suc-