Band 
Tome I.
Seite
355
JPEG-Download
 

353

CONVENTION NATIONALE (1793).

Espagnols. C’était encore le cas de fondre hardi-ment sur Perpignan et de s’emparer de cette place,Int n’eût pas résisté; mais Ricardos, qui n’avaitque masquer Bellegarde et les Bains, ne crutPas devoir pousser la hardiesse plus loin, et revintPaire le siège de ces deux petites forteresses. IlSe n empara vers la fin de juin, et se porta de nou-Ve au en présence de nos troupes, ralliées à peuP r ès dans les mêmes positions qu’auparavant.N*nsi, en juillet, un combat malheureux pouvaitft °us faire perdre le Roussillon.

Nous voyons les calamités s’augmenter en nousa Pprochant d’un autre théâtre de guerre, plus san-Blant, plus terrible que tous ceux qu’on a déjàParcourus. La Vendée , en feu et en sang, allait'°®ir au delà de la Loire une colonne formidable.Nous avons laissé les Vendéens enflammés par desSu ccès inespérés, maîtres de la ville deThouars,qu’ils avaient prise surQuétineau, et commençanta méditer de plus grands projets. Au lieu de mar-ier sur Doué et Saumur , ils s’étaient rabattus ausu d du théâtre de la guerre, et avaient voulu dé-^ger le pays du côté de Fontenay et de Niort ,de Lescure et de Larochejacquelein, chargéscette expédition, s’étaient portés sur Fontenaye 16 mai. Repoussés d’abord par le général San-° s > ils se replièrent à quelque distance; bientôt,Profitant delà confiance aveugle que le général ré-publicain venait de concevoir d’un premier succès,reparurent au nombre de quinze à vingt mille,

>ls

8 emparèrent de Fontenay, malgré les efforts queI e jeune Marceau déploya dans cette journée, etexigèrent Chalbos et Sandos à se retirer à Niort

’kus le plus grand désordre. Là, ils trouvèrentdes

armes, des munitions en grande quantité, et, ^inclurent de nouvelles ressources, qui, jointesCe lles qu’ils s’étaient procurées à Thouars, leurPermettaient de pousser la guerre avec l’espé-eence de nouveaux succès. Lescure fit une procla-n ) at 'on aux habitants, et les menaça des plus ter-mes peines, s’ils donnaient des secours auxRépublicains. Après quoi, les Vendéens se sépa-erent suivant leur coutume, pour retourner auxJuvaux de la moisson, et un rendez-vous fut fixé°Ur le i«r j u j n ( j ang | eg env i rons de Doué,ans la basse Vendée , où Charelle dominait> sans lier encore ses mouvements avec ceuxq 6s autres chefs, les succès avaient été balancés,à v' C ^ aux ’ commandant à Nantes , s’était maintenuachecoui, mais avec peine; le général Boulard,1 commandait aux Sables, grâce à scs bonnes

dispositions et à la discipline de son armée, avaitoccupé pendant deux mois la basse Vendée , etmême conservé des postes très-avancés jusqu’auxenvirons de Palluau. Le 17 mai cependant, il futobligé de se retirer à la Molte-Achart, très-prèsdes Sables, et il se trouvait dans le plus grandembarras, parce que ses deux meilleurs batail-lons, tout composés de citoyens de Bordeaux ,voulaient se retirer, soit pour retourner à leursaffaires, qu’ils avaient quittées, soit par mécon-tentement du 31 mai.

Les travaux des champs avaient amené quelquerepos dans la basse comme dans la haute Vendée ,et, pour quelques jours, la guerre fut un peumoins active, et ajournée au commencement dejuin.

Le général Berruyer, dont les ordres s’éten-daient dans l’origine sur tout le théâtre de laguerre, avait été remplacé, et son commandementse trouvait divisé entre plusieurs généraux. Sau-mur, Niort , les Sables, composèrent l’armée ditedes côtes delà Rochelle , qui fut confiée à Biron;Angers, Nantes et la Loire-Inférieure , formèrentl’armée dite des côtes de Brest, qu’on remit à Can-claux, général à Nantes. Enfin les côtes de Cher-bourg avaient été données à Wimpffen , devenuensuite, comme on Ta vu, général des insurgés duCalvados .

Biron, transporté de la frontière du Rhin àcelle d’Italie, eide cette dernière en Vendée , nese rendit qu’avec répugnance sur ce théâtre dedévastations, et devait s’y perdre par son aversionà partager les fureurs de la guerre civile. Il arrivale 27 mai à Niort , ettrouval’arméedansun désor-dre affreux. Elle était composée de levées enmasse, faites par force ou par entraînement dansles contrées voisines, et confusément jetées sur laVendée , sans instruction, sans discipline, sansapprovisionnements. Formées de paysans et debourgeois industrieux des villes, qui avaient quittéà regret leurs occupations, elles étaient prêtes àse dissoudre au premier accident. Il eût beaucoupmieux valu les renvoyer pour la plupart, car ellesfaisaient faute dans les campagnes et dans les vil-les; encombraient inutilement le pays insurgé;l’affamaient par leur niasse, y répandaient le dés-ordre, les terreurs paniques, et entraînaient sou-vent dans leur fuite des bataillons organisés, qui,livrés à eux-mêmes, auraient beaucoup mieux ré-sisté. Toutes ces bandes arrivaient avec leur chef,nommé dans la localité, qui se disait général, par-