Band 
Tome I.
Seite
356
JPEG-Download
 

556

RÉVOLUTION FRANÇAISE.

lait de son armée, ne voulait pas obéir et contra-riait toutes les dispositions des chefs supérieurs.Du côté d’Orléans , on formait des bataillons,connus dans cette guerre sous le nom d e bataillonsd’Orléans . On les composait avec des commis, desgarçons de boutique, des domestiques, avec tousles jeunes gens enfin recueillis dans les sectionsde Paris , et envoyés à la suite de Santerre.On lesamalgamait avec des troupes tirées de l’armée duNord, dont on avait détaché cinquante hommespar bataillon. Mais il fallait associer ces élémentshétérogènes, trouver des armes et des vêtements.Tout manquait, la paye même ne pouvait êtrefournie, et comme elle était inégale entre la troupede ligne et les volontaires, elle occasionnait sou-vent des révoltes.

Pour organiser cette multitude, la conventionenvoyait commissaires sur commissaires. Il y enavait à Tours, à Saumur, à Niort, à la Rochelle ,à Nantes . Us se contrariaient entre eux et contra-riaient les généraux. Le conseil exécutif y entre-tenait aussi des agents, et le ministre Bouchotte avait inondé le pays de ses affidés, choisis tousparmi les jacobins et les cordeliers. Ceux-ci secroisaient avec les représentants, croyaient fairepreuve de zèle en accablant le pays de réquisitions,et accusaient de despotisme et de trahison les gé-néraux qui voulaient arrêter l’insubordination destroupes, ou empêcher des vexations inutiles. Ilrésultait de ce conflit d’autorités un chaos d’accu-sations et un désordre de commandement effroya-bles. Biron ne pouvait se faire obéir, et il n’osaitmettre en marche son armée, de peur quelle ne sedébandât au premier mouvement, ou pillât tout surson passage. Tel est le tableau exact des forces quela république avait à cette époque dans la Vendée .

Biron se rendit à Tours , arrêta un plan éven-tuel avec les représentants, qui consistait, dèsqu’on aurait un peu réorganisé cette multitudeconfuse, à porter quatre colonnes de dix millehommes chacune, delà circonférence au centre.Les quatre points de départs étaient les ponts deCé, Saumur, Ghinon et Niort . En attendant, ilalla visiter la basse Vendée , où il supposait ledanger plus grand que partout ailleurs. Biron crai-gnait avec raison que des communications ne s’é-tablissent entre les Vendéens et les Anglais . Desmunitions et des troupes débarquées dans le Ma-rais pouvaient aggraver le mal, et rendre la guerreinterminable. Une flotte de dix voiles avait étésignalée, et on savait que les émigrés bretons

avaient reçu l’ordre de se rendre dans les îles deJersey et Guernesey . Ainsi tout justifiait les crain-tes de Biron, et sa visite dans la basse Vendée .

Sur ces entrefaites, les Vendéens s’étaientréunisle 1" juin. Us avaient introduit quelque régularitéchez eux, et nommé un conseil pour gouverner 1®pays occupé par leurs armées. Un aventurier, q 111se faisait passer pour évêque d’Agra et envoyé dupape, présidait ce conseil, et, en bénissant desdrapeaux, en célébrant des messes solennelles»excitait l’enthousiasme des Vendéens, et leur ren-dait ainsi son imposture très-utile. Us n’avaientpas encore choisi un généralissime; mais chaqu®chef commandait les paysans de son quartier, et ^était convenu qu’ils se concentreraient entre eU*dans toutes leurs opérations. Ces chefs avaientfait une proclamation au nom de Louis XVII et d”comte de Provence , régent du royaume en la i” 1 'norité du jeune prince, et ils s’appelaient com»n a,i "dants des armées royales et catholiques. Us proj e 'tèrent d’abord d’occuper la ligne de la Loire , etde s’avancer sur Doué et Saumur . L’entrepr )S ®était hardie, mais facile en l’état des choses. Le 'ils entrèrent à Doué, et arrivèrent le 9 devaU 1Saumur. Dès que leur marche fut connue, le S®"néral Salomon, qui était à Thouars avec troi smille hommes de bonnes troupes, reçut l’ordre d emarcher sur leurs derrières. Salomon obéit, m a * sles trouva trop en force; il n’aurait pu essayer d eles entamer sans se faire écraser; il revint aThouars, et de Thouars à Niort . Les troupes d cSaumur avaient pris position aux environs de l aville, sur le chemin de Fontevrault, dans les r ®'tranchements de Nantilly, et sur les hauteurs d eBournan. Les Vendéens s’approchent, attaque 1 ’ 1la colonne de Berlhier, sont repoussés par u» eartillerie bien dirigée, mais reviennent en fd rce ’et font plier Berlhier, qui est blessé. Les gend® 1 'mesà pied, deux bataillons d’Orléans , et les c ”'"rassiers résistent encore; mais ceux-ci perde”leur colonel; alors la défaite commence, et te tfSsont ramenés dans la place, où les Vendéens Pnètrent à leur suite. U restait encore en dehorsgénéral Coustard, commandant les bataillons P° s "tés sur les hauteurs de Bournan. U se voit sép ar ®des troupes républicaines, qui avaient été ref” ulées dans Saumur , et forme la résolution bar” 1d’y rentrer, en prenant les Vendéens par derriè r ®'Il fallait traverser un pont où les vainqueurs venaient de placer une batterie. Le brave Cousta rordonne à un corps de cuirassiers qu’il avait à se®

le