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8 fait un discours éloquent, dans lequel il a an-1 noncé que le temps arriverait bientôt où Marat 1 serait vengé; mais qu’il ne fallait pas, par des* démarches hâtives et inconsidérées, s’attirer des1 reproches des ennemis de la patrie. Il a ajouté1 que la liberté ne pouvait périr, et que la mort de8 Marat ne ferait que la consolider. Après plusieurs8 discours,quiontétévivementapplaudis, le corps8 de Marat a été déposé dans la fosse. Les larmes8 ont coulé, et chacun s’est retiré l’âme navrée de8 douleur. »
Le cœur de Marat , disputé par plusieurs socié-te s, resta aux Cordeliers. Son buste répandu par-tout avec celui de Lepellelier et de Brutus, figuradans toutes les assemblées et les lieux publics. LeScellé mis sur ses papiers fut levé; on ne trouvac hez lui qu’un assignat de cinq francs, et sa pau-vreté fut un nouveau sujet d’admiration. Sa gou-vernante , qu’il avait, selon les paroles de Chau-toette, prise pour épouse, un jour de beau temps,® la face du soleil, fut appelée sa veuve, et nourriea ux frais de l’État.
Telle fut la fin de cet homme, le plus étrange decette époque si féconde en caractères. Jeté dans lacarrière des sciences, il voulut renverser tous lessystèmes; jeté dans les troubles politiques, il conçut
tout d’abord une pensée affreuse, une pensée queles révolutions réalisent chaque jour, à mesure queleurs dangers s’accroissent, mais qu’elles ne s’a-vouent jamais, la destruction de tous leurs adver-saires. Marat , voyant que, tout en les condamnant,la révolution n’en suivait pas moins ses conseils ,que les hommes qu’il avait dénoncés étaient dépo-pularisés et immolés au jour qu’il avait prédit, seregarda comme le plus grand politique des tempsmodernes, fut saisi d’un orgueil et d’une audaceextraordinaires, et resta toujours horrible pour sesadversaires, et au moins étrange pour ses amiseux-mêmes. Il finit par un accident aussi singulierque sa vie, et succomba au moment même où leschefs de la république, se concentrant pour formerun gouvernement cruel et sombre, ne pouvaientplus s’accommoder d’un collègue maniaque, systé-matique et audacieux, qui aurait dérangé tous leursplans par ses saillies. Incapable, en effet, d’êtreun chef actif et entraînant, il fut l’apôtre de la ré-volution, et lorsqu’il ne fallait plus d’apostolat,mais de l’énergie et de la tenue, le poignard d’unejeune fille indignée vint à propos en faire un mar-tyr, et donner un saint au peuple, qui, fatigué deses anciennes images, avait besoin d’en créer denouvelles.
CHAPITRE XXV.
htributlon des partis, depuis le 51 mai, dans la convention ; le comité de salut public et la commune. — Divisions dans laMontagne. Discrédit de Danton. — Politique de Robespierre. — Événements en Vendée . Défaites de Westermann à^bâlillon, et du général Labarolière à Vibiers. — Siège et prise de Mayence par les Prussiens et les Autrichiens. Prisede Valenciennes . — Dangers extrêmes de la république en août 1795. — État financier. Discrédit des assignats. Établis-saient du maximum. Détresse publique. Agiotage.
Les triumvirs si fameux, il ne restait plus queebespierre et Danton . Pour se faire une idée deear influence, il faut voir comment s étaient dis—j r ’bués les pouvoirs, et quelle marche avaient suiviees e sprits depuis la suppression du côté droit.
Lès le jour même de son institution, la conven-10n fut en réalité saisie de tous les pouvoirs. Elle*to voulut cependant pas les garder ostensiblement^ atls ses mains, afin d’éviter les apparences dues Potisme; elle laissa donc exister hors de sonSe ' n un fantôme de pouvoir exécutif, et conserva
des ministres. Mécontente de leur administration,dont l’énergie n’était pas proportionnée aux cir-constances, elle établit, immédiatement après ladéfection de Dumouriez , un comité de salut public,qui entra en fonctions le 10 avril, et qui eut surle gouvernement une inspection supérieure. Ilpouvait suspendre l’exécution des mesures prisespar les ministres, y suppléer quand il les jugeaitinsuffisantes, ou les révoquer lorsqu’il les croyaitmauvaises. 11 rédigeait les instructions des repré-sentants envoyés en mission, et pouvait sculcorres-