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pondre avec eux. Placé de cette manière au-dessusdes ministres et des représentants, qui étaient eux-mêmes placés au-dessus des fonctionnaires de touteespèce, il avait sous sa main le gouvernement toutentier. Quoique, d’après son titre, celte autorité nefût qu’une simple inspection, en réalité elle deve-nait l’action même; car un chef d’État n’exécutejamais rien lui-même, et se borne à tout faire fairesous ses yeux, à choisir les agents, à diriger lesopérations. Or, par son seul droit d’inspection, lecomité pouvait tout cela, et il l’accomplit. Il réglales opérations militaires, commanda les approvi-sionnements, ordonna les mesures de sûreté,nomma les généraux et les agents de toute espèce,et les ministres tremblants se trouvaient trop heu-reux de se décharger de toute responsabilité en seréduisant au rôle de simples commis. Les membresqui composaient le comité de salut public étaientBarrère, Delmas, Bréard, Cambon, Robert Lindet ,Danton , Guyton-Morveau, Mathieu et Ramel. Ilsétaient reconnus pour des hommes habiles et labo-rieux, et quoiqu’ils fussent suspects d’un peu demodération, on ne les suspectait pas au point deles croire, comme les girondins, complices del’étranger. En peu de temps, ils réunirent dansleurs mains toutes les affaires de l’État, et bienqu’ils n’eussent été nommés que pour un mois, onne voulut pas les interrompre dans leurs travaux,et on les prorogea de mois en mois, du 10 avrilau 10 mai, du 10 mai au 10 juin, du 10 juin au10 juillet. Au-dessous de ce comité, le comité desûreté générale exerçait la haute police, chose siimportante en temps de défiance; mais, dans sesfonctions mêmes, il dépendait du comité de salutpublic, qui, chargé en général de tout ce qui inté-ressait le salut de l’État, devenait compétent pourrechercher les complots contre la république.
Ainsi, par ses décrets la convention avait la vo-lonté suprême; par ses représentants et son comité,elle avait l’exécution ; de manière que, tout en nevoulant pas réunir les pouvoirs dans ses mains,elle y avait été invinciblement conduite parles cir-constances, et parle besoin de faire exécuter, sousses yeux et par ses propres membres, ce qu’ellecroyait mal fait par des agents étrangers.
Cependant, quoique toute l’autorité s’exerçâtdans son sein, elle ne participait aux opérationsdu gouvernement que par son approbation, et neles discutait plus. Les grandes questions d’organi-sation sociale étaient résolues par la constitution,qui établissait la démocratie pure. La question de
savoir si on emploierait, pour se sauver, les moyensles plus révolutionnaires, et si on s’abandonneraità tout ce que la passion pourrait inspirer, étaitrésolue par le 31 mai. Ainsi la constitution de l’Étatet la morale politique se trouvaient fixées. H nerestait donc plus à examiner que des mesuresadministratives, financières et militaires. Or lessujets de cette nature peuvent rarement être coin'pris par une nombreuse assemblée, et sont livresà l’arbitraire des hommes qui s’en occupent spe'cialement. La convention s’en remettait volontiersà cet égard aux comités qu’elle avait chargés desaffaires. Elle n’avait à soupçonner ni leur probiteini leurs lumières, ni leur zèle. Elle était donci’ e 'duile à se taire; et la dernière révolution, en l u *ôtant le courage de discuter, lui en avait enlev el’occasion. Elle n’était plus qu’un conseil d’État»où des comités, chefs de travaux, venaient rendredes comptes toujours applaudis, et proposer de sdécrets toujours adoptés. Les séances, devenuessilencieuses, sombres et assez courtes, ne se pi’ 0 'longeaient plus, comme auparavant, pendant l eSjournées et les nuits.
Au-dessous de la convention, qui s’occupait de smatières générales du gouvernement, la commuO es’occupait du régime municipal et y faisait uU evéritable révolution. Ne songeant plus, depuis I e31 mai, à conspirer et à se servir de la force loca* ede Paris contre la convention, elle s’occupait d ela police, des subsistances, des marchés, des eu*'tes, des spectacles, des filles publiques mêmes»et rendait sur tous ces objets de régime intéricu 1et privé, des arrêtés qui devenaient bientôt mod e 'les dans toute la France . Chaumelte, procures 1,général de la commune, était, par ses réquisit 01 'res toujours écoutés et applaudis par le peuple» ,erapporteur de cette législature municipale. Che rchant sans cesse de nouvelles matières à régie 1 ’’envahissant continuellement sur la liberté pri' ,cC ,’ce législateur des halles et des marchés devemchaque jour plus importun et plus redoutai 1 ’Pache, toujours impassible, laissait tout faire soses yeux, donnait son approbation aux mes 111proposées, et abandonnait à Chaumelte les l ,onneurs de la tribune municipale.
La convention laissait agir librement ses com 1tés, et la commune étant exclusivement occupde ses attributions, la discussion sur les ma»de gouvernement était restée aux jacobins; seils discutaient, avec leur audace accoutumée, ^opérations du gouvernement, et la conduite