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Tome I.
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RÉVOLUTION FRANÇAISE.

bien mieux calculée que celle de Danton . Rien neblesse les hommes et ne favorise les bruits équi-voquescomme l’absence. Danton , négligent commeun génie ardent et passionné était trop peu chezles jacobins. Quand il reparaissait, il était réduità se justifier, à assurer qu’il serait toujours bonpatriote, à dire que « si quelquefois il Usait de» certains ménagements pour ramener des esprits» faibles, mais excellents, on pouvait être assuré» que son énergie n’en était pas diminuée ; qu’il» veillait toujours avec la même ardeur aux in-» térêts de la république, et qu’elle serait vic-» torieuse. » Vaines et dangereuses excuses! Dèsqu’on s’explique, dès qu’on se justifie, on est do-miné par ceux auxquels on s’adresse. Robespierre ,au contraire, toujours présent, toujours prêt àécarter les insinuations, n’était jamais réduit à sejustifier; il prenait au contraire le ton accusateur;il gourmandait ses fidèles jacobins, et il avait jus-tement saisi ce point où la passion qu’on inspireétant bien prononcée, on ne fait que l’augmenterpar des rigueurs.

On a vu de quelle manière il traita JacquesRoux , qui avait proposé une pétition contre l’acteconstitutionnel ; il en faisait de même dans toutesles circonstances où il s’agissait de la convention.Cette assemblée était épurée, disait-il; elle neméritait que des respects; quiconque l’accusaitétait un mauvais citoyen. Le comité de salut pu-blic n’avait sans doute pas fait tout ce qu’il devaitfaire (car tout en les défendant, Robespierre nemanquait pas de censurer ceux qu’il défendait) ;mais ce comité était dans une meilleure voie ; l’at-taquer c’était détruire le centre nécessaire de tou-tes les autorités, affaiblir l’énergie du gouverne-ment, et compromettre la république. Quand onvoulait fatiguer le comité ou la convention de pé-titions trop répétées, il s’y opposait en disantqu’on usait l’influence des jacobins, et qu’on fai-sait perdre le temps aux dépositaires du pouvoir.Un jour, on voulait que les séances du comité fus-sent publiques ; il s’emporta contre cette proposi-tion; il dit qu’il y avait des ennemis cachés, qui,sous le masque du patriotisme, faisaient les pro-positions les plus incendiaires, et il commença àsoutenir que l’étranger payait deux espèces de con-spirateurs en France : les exagérés, qui poussaienttout au désordre, et les modérés, qui voulaienttout paralyser par la mollesse.

Le comité de salut publie avait été prorogé troisfois; le 10 juillet, il devait être prorogé une qua-

trième, ou renouvelé. Le 8, grande séance aux Ja-cobins. De toutes parts, on dit que les membres ducomité doivent être changés, et qu’il ne faut pasles proroger de nouveau, comme on l’a fait troismois de suite. — « Sans doute, dit Bourdon, I ecomité a de bonnes intentions, je ne veux pasl’inculper ; mais un malheur attaché à l’espèce hu-maine est de n’avoir d’énergie que quelques joursseulement. Les membres actuels du comité ontdéjà passé cette époque ; ils sont usés : changeons-les. Il nous faut aujourd’hui des hommes révolu-tionnaires, des hommes à qui nous puissions con-fier le sort de la république, et qui nous enrépondent corps pour corps. »

L’ardent Chabot succède à Bourdon. « Lecomite,dit-il, doit être renouvelé, et il ne faut pas souffn rune nouvelle prorogation. Lui adjoindre quelquesmembres de plus, reconnus bons patriotes, ne suf-firait pas, car on en a la preuve dans ce qui est ar-rivé. Couthon, Saint-Just, Jean-Bon-Saint-André »adjoints récemment, sont annulés par leurs coll e 'gués. Il ne faut pas non plus qu’on renouvelle I ecomité au scrutin secret, car le nouveau ne vau-drait pas mieux que l’ancien, qui ne vaut rien d utout. J’ai entendu Mathieu, poursuit Chabot, tem rles discours les plus inciviques à la société desfemmes révolutionnaires. Ramel a écrit à Toulouse que les propriétaires pourraient seuls sauver Dchose publique, et qu’il fallait se garder de remettreles armes aux mains des sans-culottes. Carnbon estun fou qui voit tous les objets trop gros, et s’en ef-fraye cent pas à l’avance. Guyton-Morveau est unhonnête homme, un quaker qui tremble toujours -Delmas, qui avait la partie des nominations, 1,3fait que de mauvais choix, et a rempli l’armée é®contre-révolutionnaires; enfin ce comité était nn® 1de Lebrun, et il est ennemi de Bouchotte . »

Robespierre s’empresse de répondre à Chab® 1,« A chaque phrase, à chaque mot, dit-il, ducours de Chabot, je sens respirer le patriotismeplus pur; mais j’y vois aussi le patriotisme t r °Pexalté qui s’indigne que tout ne tourne pas au êde ses désirs, qui s’irrite de ce que le comitésalut public n’est pas parvenu dans ses opérait 0à une perfection impossible, et que Chabot ne tr° ttvera nulle part.

j> Je le crois comme lui, ce comité n’est pas c0lU ^posé d’hommes également éclairés, également y e ^tueux; mais quel corps trouvera-t-il composecette manière? Empêchera-t-il les hommes dsujets à l’erreur? N’a-t-il pas vu la convention,