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CONVENTION NATIONALE (1793).
Puis qu’elle a vomi de son sein les traîtres qui ladéshonoraient, reprendre une, nouvelle énergie,Une grandeur qui lui avait été étrangère jusqu’à ceJ°ur, un caractère plus auguste dans sa représcn-tatl 'on? Cet exemple ne suffit-il pas pour prouverîu’il n’est pas toujours nécessaire de détruire, etflu’il est plus prudent quelquefois de s’en tenir àréformer ?
» Oui, sans doute, il est dans le comité de salutPublic des hommes capables de remonter la ma-chine et de donner une nouvelle force à ses moyens.R ne faut que les y encourager. Qui oubliera lesservices que cecomitéarendusàla chose publique,nombreux complots qu’il a découverts, lesheureux aperçus que nous lui devons, les vuesSages et profondes qu’il nous a développées?
» L’assemblée n’a point créé un comité de salutpublic pour l'influencer elle-même, ni pourdirigerses décrets; mais ce comité lui a été utile pourdémêler, dans les mesures proposées, ce qui étaithon d’avec ce qui, présenté sous une forme sédui-Sa nte, pouvait entraîner les conséquences les plusdangereuses; mais il a donné les premières impul-sions à plusieurs déterminations essentielles qui®nt sauvé peut-être la patrie ; mais il lui a sauvé les•nconvénients d’un travail pénible, souvent infruc-lu eux, en lui présentant les résultats, heureuse-ment trouvés, d’un travail qu’elle ne connaissait
à peine, et qui ne lui était pas assez familier.
J Tout cela suffit pour prouver que le comité des alut public n’a pas été d’un si petit secours qu’onVoudrait avoir l’air de le croire. Il a fait des fautess ans doute, est-ce à moi de les dissimuler? Pen-serais-je vers l’indulgence, moi qui crois qu’on11 a point assez fait pour la patrie quand on n’a pasl °ut fait? Oui, il a fait des fautes, et je veux les luile Procher avec vous ; mais il serait impolitique enCe moment d’appeler la défaveur du peuple sur unc °mité qui a besoin d’être investi de toute sa con-® a nce, qui est chargé de grands intérêts, et dontÇ patrie attend de grands secours; et, quoiqu’iln ’ a it pas l’agrément des citoyennes républicaines^évolutionnaires, je ne le crois pas moins propre àSes importantes opérations. »
Toute discussion fut fermée après les réflexionsae Robespierre. Le surlendemain, le comité futre-celé et réduit à neuf individus, comme dansorigine. Ses nouveaux membres étaient Barrère,ea n-Bon-Saint-André, Gasparin, Couthon , Hé-Cault-Séchelles, Saint-Just,Thuriot, Robert Lindet ,r * e ur de la Marne . Tous les membres accusés de
faiblesse étaient congédiés, excepté Barrère, à quisa grandevfacilité à rédiger des rapports et à seplier aux circonstances avait fait pardonner lepassé. Robespierre n’y était pas encore, mais avecquelques jours de plus, avec un peu plus de dangersur les frontières et de terreur dans la convention,il allait y arriver.
Robespierre eut encore plusieurs autres occa-sions d’employer sa nouvelle politique. La marinecommençant à donner des inquiétudes, on ne ces-sait de se plaindre du ministre d’Albarade, de sonprédécesseur Monge, de l’état déplorable de nosescadres, qui, revenues de Sardaigne dans leschantiers de Toulon , ne se réparaient pas, et quiétaient commandées par de vieux officiers presquetous aristocrates. On se plaignait même de quelquesindividus nouvellement agrégés au bureau de lamarine. On accusait beaucoup entre autres unnommé Peyron, envoyé pour réorganiser l’arméeà Toulon . Il n’avait pas fait, disait-on, ce qu’ilaurait dû faire : on en rendait le ministre respon-sable, et le ministre rejetait la responsabilité sur ungrand patriote, qui lui avait recommandé Peyron.On désignait avec affectation ce patriote célèbre,sans oser le nommer. — Son nom, s’écrient plu-sieurs voix! — Eh bien, reprend le dénonciateur,ce patriote célèbre, c’est Danton ! — A ces mots,des murmures éclatent. Robespierre accourt : « Jedemande, dit-il, que la farce cesse et que la séancecommence.On accuse d’Albarade; je ne le con-
nais que par la voix publique, qui le proclame unministre patriote; mais que lui reproche-l-on ici?une erreur. Quel homme n’en est pas capable? Unchoix qu’il a fait n’a pas répondu à l’attente géné-rale! Bouchotte et Pache aussi ont fait des choixdéfectueux, et cependant ce sont deux vrais répu-blicains, deux sincères amis de la patrie. Un hommeest en place, il suffit, on le calomnie. Eh ! quandcesserons-nous d’ajouter foi aux contes ridicules ouperfides dont on nous accable de toutes parts !
» Je me suis aperçu qu’on avait joint à cette dé-nonciation assez générale du ministre une dénon-ciation particulière contre Danton . Serait-ce luiqu’on voudrait vous rendre suspect? Mais, si, aulieu de décourager les patriotes en leur cherchantavec tant de soin des crimes où il existe à peine uneerreur légère, on s’occupait un peu des moyens deleur faciliter leurs opérations, de rendre leur tra-vail plus clair et moins épineux, cela serait plushonnête, et la patrie en profiterait. On a dénoncéBouchotte , on a dénoncé Pache, car il était écrit