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Tome I.
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RÉVOLUTION FRANÇAISE .

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que les meilleurs patriotes seraient dénoncés. Il estbien temps de mettre fin à ces scènes ridicules etaffligeantes; je voudrais que la société des jacobinss’en tînt à une série de matières qu’elle traiteraitavec fruit; qu’elle restreignît le grand nombre decelles qui s’agitent dans son sein, et qui, pour laplupart, sont aussi futiles que dangereuses. »

Ainsi, Robespierre , voyant le danger d’un nou-veau débordement des esprits, qui aurait anéantitout gouvernement, s’efforçait de rattacher les ja-cobins autour de la convention, des comités et desvieux patriotes. Tout était profit pour lui dans celtepolitique louable etutile. En préparant la puissancedes comités, il préparait la sienne propre ; en dé-fendant les patriotes de même date et de mêmeénergie que lui, il se garantissait, et empêchaitl’opinion de faire des victimes à ses côtés; il pla-çait fort au-dessous de lui ceux dont il devenait leprotecteur; enfin il se faisait, par sa sévérité même,adorer des jacobins, et se donnait une haute répu-tation de sagesse. En cela, Robespierre ne mettaitd’autre ambition que celle de tous les chefs révolu-tionnaires, qui jusque-là avaient voulu arrêter larévolution au point où ils s’arrêtaient eux-mêmes ;et cette politique, qui les avait tous dépopularisés,ne devait pas le dépopulariser lui, parce que larévolution approchait du terme de ses dangers etde ses excès.

Les députés détenus avaient été mis en accusa-tion immédiatement après la mort de Marat , et onpréparait leur jugement. On disait déjà qu’il fallaitfaire tomber les têtes des Bourbons qui restaientencore, quoique ces têtes fussent celles de deuxfemmes, l’une épouse, l’autre sœur du dernierroi ; et celle de ce duc d’Orléans, si fidèle à la révo-lution, et aujourd’hui prisonnier à Marseille , pourprix de ses services.

On avait ordonné une fête pour l’acceptation dela constitution. Toutes les assemblées primairesdevaient envoyer des députés qui viendraient ex-primer leur vœu, et se réuniraient au champ dela fédération dans une fête solennelle. La date n’enétait plus fixée au 14 juillet, mais au 10 août, carla prise des Tuileries avait amené la république ,tandis que la prise de la Bastille, laissant subsisterla monarchie, n’avait aboli que la féodalité. Aussiles républicains et les royalistes constitutionnels sedistinguaient-ils, en ce que les uns célébraient le10 août, et les autres le 14 juillet.

Le fédéralisme expirait, et l’acceptation de laconstitution était générale. Bordeaux gardait tou-

jours la plus grande réserve, ne faisait aucun actedécisif ni de soumission ni d’hostilité, mais accep-tait la constitution. Lyon poursuivait les proce-dures évoquées au tribunal révolutionnaire ; mais»rebelle en ce point seul, il se soumettait quant auxautres, et adhérait aussi à la constitution. Marseille seule refusait son adhésion. Mais sa petite armée»déjà séparée de celle du Languedoc, venait, dansles derniers jours de juillet, d’être chassée d’Avi-gnon , et de repasser la Durance. Ainsi le fédéra-lisme était vaincu, et la constitution triomphante-Mais le danger s’aggravait sur les frontières; il de-venait imminent dans la Vendée, sur le Rhin etdans le Nord ; de nouvelles victoires dédomma-geaient les Vendéens de leur échec devant Nantes »et Mayence, Valenciennes , étaient pressées pln svivement que jamais par l’ennemi.

Nous avons interrompu notre récit des événe-ments militaires au moment où les Vendéens, re-poussés de Nantes , rentrèrent dans leur pays, etnous avons vu Biron arriver à Angers , après 1®délivrance de Nantes , et convenir d’un plan avecle général Canclaux. Pendant ce temps, Wester-mann s’était rendu à Niort avec la légion germa-nique, et avait obtenu de Biron la permission des’avancer dans l’intérieur du pays. Westerniai'i 1était ce même Alsacien qui s’était distingué au■10 août, et avait décidé le succès de cette journée;qui, ensuite, avait servi glorieusement sous D u 'mouriez, s’était lié avec lui et avec Danton , et ffl 1enfin dénoncé par Marat , qu’il avait bàtonne»dit-on, pour diverses injures. Il était du nonib rCde ces patriotes dont on reconnaissait les grandsservices, mais auxquels on commençait à rep 1 ' 0 'cher les plaisirs qu’ils avaient pris dans la révol®'tion, et dont on se dégoûtait déjà, parceexigeaient de la discipline dans les armées, 1165connaissances dans les officiers, et ne voulaient p® 5exclure tout général noble, ni qualifier de traî trCtout général battu. Westcrmann avait formélégion dite germanique, de quatre ou cinq nnl* chommes, renfermant infanterie, cavalerie et ® rt1 /lcrie. A la tête de cette petite armée, dont il s’ét®* 1rendu maître, et où il maintenait une discipl* 0 ®sévère, il avait déployé la plus grande audace etfait des exploits brillants. Transporté dans 1® ^ cll ~dée avec sa légion, il l’avait réorganisée de nonveau, et en avait chassé les lâches qui étaient allé®le dénoncer. Il témoignait un mépris très-n®pour ces bataillons informes qui pillaient et desolaient le pays; il affichait les mêmes sentiment®