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Tome I.
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CONVENTION NATIONALE (1793).

que Biron, et était rangé avec lui parmi les aristo-crates militaires. Le ministre de la guerre Bouchotte avait, comme on l’a vu , répandu ses agents jaco-bins et Cordeliers dans la Vendée . Là, ils riva-lisaient avec les représentants et les généraux, au-torisaient les pillages et les vexations sous le titrede réquisitions de guerre, et l’indiscipline sousprétexte de défendre le soldat contre le despotismedés officiers. Le premier commis de la guerre, sousBouchotte , était Vincent, jeune cordelier fréné-tique, l’esprit le plus dangereux et le plus turbu-lent de cette époque; il gouvernait Bouchotte ,faisait tous les choix, et poursuivait les générauxavec une rigueur extrême. Bonsin, cet ordonnateurenvoyé à Dumouriez , lorsque ses marchés furentannulés, était l’ami de Vincent et de Bouchotte ,et le chef de leurs agents dans la Vendée , sous letitre d’adjoint-ministre. Sous lui se trouvaient lesuommés Momoro , imprimeur, Grammont, comé-dien , et plusieurs autres qui agissaient dans lemême sens et avec la même violence. Weslermann,déjà peu d’accord avec eux, se les aliéna tout àfait par un acte d’énergie. Le nommé Rossignol,ancien ouvrier orfèvre, qui s’était fait remarquerau 20 juin et au 10 août, et qui commandait l’undes bataillons de la formation d’Orléans , était dunombre de ces nouveaux officiers favorisés par leFinistère cordelier. Étant un jour à boire avec dess oldats de Weslermann, il disait que les soldats nedevaient pas être les esclaves des officiers, queLiron était un ci-devant, un traître, et que l’ondevait chasser les bourgeois des maisons pour yloger les troupes. Weslermann le fit arrêter, et lebyra aux tribunaux militaires. Ronsin se hâta de le^clamer, et envoya tout de suite à Paris une dénon-c *ntion contre Westermann.

Westermann, sans s’inquiéter de cet événement,niit en marche avec sa légion pour pénétrerJusqu’au cœur même de la Vendée . Partant du côté°PPosé à la Loire , c’est-à-dire du midi du théâtrela guerre, il s’empara d’abord de Parthenay ,buis entra dans Amaillou, et mit le feu dans ce'Jurnier bourg, pour user de représailles enversp - de Lescure. Celui-ci, en effet, en entrant àanhenay, avait exercé des rigueurs contre les'affilants, qui étaient accusés d’esprit révolution-naire. Westermann fit enlever tous les habitantsutaillou et les envoya à ceux de Parthenay ,°uinie dédommagement; il brûla ensuite le châ-au Je Clisson, appartenant à Lescure, et répan-‘ Partout la terreur par sa marche rapide et le

bruit exagéré de ses exécutions militaires. Wes-termann n’était pas cruel, mais il commença cesdésastreuses représailles qui ruinèrent les paysneutres, accusés par chaque parti d’avoir favoriséle parti contraire. Tout avait fui jusqu’à Châlillon,où s’étaient réunis les familles des chefs vendéenset les débris de leurs armées. Le 3 juillet, Wes-termann ne craignant pas de se hasarder au centredu pays insurgé, entra dans Châtillon, et en chassale conseil supérieur et l’état-major, qui y siégeaientcomme dans leur capitale. Le bruit de cet exploitaudacieux se répandit au loin ; mais la position deWeslermann était hasardée. Les chefs vendéenss’étaient repliés, avaient sonné le tocsin, rassem-blé une armée considérable, et se disposaient àsurprendre Weslermann du côté où il s’y attendaitle moins. 11 avait placé sur un moulin et hors deChâtillon un poste qui commandait tous les envi-rons. Les Vendéens, s’avançant à la dérobée, sui-vant leur tactique ordinaire, entourent ce poste etse mettent à l’assaillir de toutes parts. Westermann,averti un peu tard, s’empresse de le faire soutenir,mais les détachements qu’il envoie sont repousséset ramenés dans Châtillon. L’alarme se répandalors dans l’armée républicaine ; elle abandonneChâtillon en désordre ; et Westermann lui-même,après avoir fait des prodiges de bravoure, est em-porté dans la fuite, et obligé de se sauver à lahâte, en laissant derrière lui un grand nombred’hommes morts ou prisonniers. Cet échec causaautant de découragement dans les esprits, que latémérité et le succès de l’expédition avaient causéde présomption et d’espérance.

Pendant que ces choses se passaientàChâtillon,Biron venait de convenir d’un plan avec Canclaux.Ils devaient descendre tous deux jusqu’à Nantes ,balayer la rive gauche de la Loire , tourner ensuitevers Machecoul, donner la main à Boulard, quipartirait des Sables, et, après avoir ainsi séparéles Vendéens de la mer, marcher vers la hauteVendée pour soumettre tout le pays. Les représen-tants ne voulurent pas de ce plan; ils prétendirentqu’il fallait partir du point même où l’on était,pour pénétrer dans le pays, marcher en consé-quence sur les ponts de Cé avec les troupes réuniesà Angers , et se faire appuyer vis-à-vis par unecolonne qui s’avancerait de Niort.Biron, se voyantcontrarié, donna sa démission. Mais, dans ce mo-ment même, on apprit la déroute de Châtillon,et on imputa tout à Biron. On lui reprocha d’avoirlaissé assiéger Nantes , et de n’avoir pas secondé

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