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Tome I.
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CONVENTION NATIONALE (1795).

commune, et basé sur les prix antérieurs dujanvier au 1" mai. Personne ne pouvait ache-ter pour suffire à ses besoins au delà d’un mois;ceux qui avaient vendu ou acheté à un prix au-dessus du maximum, ou menti dans leurs décla-rations, étaient punis de la confiscation et d’uneamende de 500 à 1,000 francs. Des visites domi-ciliaires étaient ordonnées pour vérifier la vérité;de plus , le tableau de toutes les déclarations de-vait être envoyé par les municipalités au ministrede l’intérieur, pour faire une statistique généraledes subsistances de la France . La commune deï'aris, ajoutant ses arrêtés de police aux décretsde la convention, avait réglé en outre la distribu-bon du pain dans les boulangeries. On ne pouvaitS y présenter qu’avec des cartes de sûreté. Sur cettecarte, délivrée par les comités révolutionnaires,était désignée la quantité de pain qu’on pouvaitdemander, et cette quantité était proportionnéeau nombre d’individus dont se composait chaquefamille. On avait réglé jusqu’à la manière dont ondevait faire queue à la porte des boulangers. Unecorde était attachée à leur porte ; chacun la tenaitPar la main, de manière à ne pas perdre son range t à éviter la confusion. Cependant de méchantesfemmes coupaient souvent la corde ; un tumultee Pouvantable s’ensuivait, et il fallait la force arméePour rétablir l’ordre. On voit à combien d’immen-s es soucis est condamné un gouvernement, et àQuelles mesures vexatoires il se trouve entraîné,dès qu’il est obligé de tout voir pour tout régler.Mais dans cette situation, chaque chose s’enchaî-n ait à une autre. Forcer le cours des assignatsav ait conduit à forcer les échanges, à forcer lesPrix, à forcer même la quantité, l’heure, le modedes achats; le dernier fait résultait du premier, et

premier avait été inévitable comme la révolu-’*°u elle -même.

Cependant le renchérissement des subsistances,qui avait amené le maximum, s’étendait à toutesle s marchandises de première nécessité. Viandes,^gumes, fruits, épices, matières à éclairer et àMrûler, boissons, étoffes pour vêtement, cuirs poura chaussure, tout avait augmenté à mesure quees assignats avaient baissé, et le peuple sobsti-chaque jour davantage à voir des accapareursa °ù il n’y avait que des marchands qui refusaient®0e monnaie sans valeur. On se souvient qu en fé-^ r *er il avait pillé chez les épiciers d’après l’avis116 Marat. En juillet, il avait pillé des bateaux deSavon qui arrivaient par la Seine à Paris . La com-

mune indignée avait rendu les arrêtés les plus sé-vères, et Pache imprima cet avis simple et laco-nique.

« Le maire Pache a ses concitoyens.

« Paris contient sept cent mille habitants : lesol de Paris ne produit rien pour leur nourriture,leur habillement, leur entretien; il faut donc queParis tire tout des autres départements et de l’é-tranger.

s Lorsqu’il arrive des denrées et des marchan-dises à Paris , si les habitants les pillent, on ces-sera d’en envoyer.

» Paris n’aura plus rien pour la nourriture,l’habillement, l’entretien de ses nombreux habi-tants.

» Et sept cent mille hommes dépourvus de touts’entre-dévoreront, a

Le peuple n’avait plus pillé; mais il demandaittoujours des mesures terribles contre les mar-chands, et on a vu le prêtre Jacques Roux ameu-ter les cordeliers, pour faire insérer dans la con-stitution un article relatif aux accapareurs. On sedéchaînait beaucoup aussi contre les agioteurs, quifaisaient, disait-on, augmenter les marchandises,en spéculant sur les assignats, l’or, l’argent et lepapier étranger.

L’imagination populaire se créait des monstreset partout voyait des ennemis acharnés, tandisqu’il n’y avait que des joueurs avides, profitant dumal, mais ne le produisant pas, et n’ayant certaine-ment pas la puissance de le produire. L’avilisse-ment des assignats tenait à une foule de causes :leur quantité considérable ; l’incertitude de leurgage qui devait disparaître si la révolution succom-bait; leur comparaison avec le numéraire qui neperdait pas sa réalité, et avec les marchandisesqui, conservant leur valeur, refusaient de se don-ner contre une monnaie qui n’avait plus la sienne.Dans cet état de choses, les capitalistes ne vou-laient pas garder leurs fonds sous forme d’assignats,parce que sous cette forme ils dépérissaient tousles jours. D abord ils avaient cherché à se procu-rer de l’argent ; mais six ans de gêne effrayaient lesvendeurs et les acheteurs de numéraire. Ils avaientalors songé à acheter des marchandises; mais ellesoffraient un placement passager, parce qu’elles nepouvaient se garder longtemps, et un placementdangereux, parce que la fureur contre les accapa-