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reurs était au comble. On cherchait donc des sû-retés dans les pays étrangers.Tousceux qui avaientdes assignats s’empressaient de se procurer deslettres de change sur Londres, sur Amsterdam ,sur Hambourg, sur Genève , sur toutes les placesde l’Europe ; ils donnaient, pour obtenir ces va-leurs étrangères, des valeurs nationales énormes,et avilissaient ainsi les assignats en les abandon-nant. Quelques-unes de ces lettres de change étaientréalisées hors de France , et la valeur en était tou-chée par les émigrés. Des meubles magnifiques,dépouilles de l’ancien luxe, consistant en ébénis-terie, horlogerie, glaces, bronzes dorés, porce-laines, tableaux , éditions précieuses, payaient ceslettres de change qui s’étaient transformées en gui-nées ou en ducats. Mais on ne cherchait à en réa-liser que la plus petite partie. Recherchées pardes capitalistes effrayés qui ne voulaient point émi-grer, mais seulement donner une garantie solideà leur fortune, elles restaient presque toutes surla place, où les plus alarmés se les transmettaientles uns aux autres. Elles formaient ainsi une masseparticulière de capitaux, garantie par l’étranger,et rivale de nos assignats. On a lieu de croire quePitt avait engagé les banquiers anglais à signerune grande quantité de ce papier, et leur avaitmême ouvert un crédit considérable pour en aug-menter la masse, et contribuer, de cette manière,toujours davantage au discrédit des assignats.
On mettait encore beaucoup d’empressement àse procurerles actions des compagnies defxnances,qui semblaient hors des atteintes de la révolutionet de la contre-révolution, et qui offraient en outreun placement avantageux. Celles de la compagnied’escompte avaient une grande faveur; mais cellesde la compagnie des Indes étaient surtout recher-chées avec la plus grande avidité, parce qu’ellesreposaient en quelque sorte sur un gage insaisis-sable , leur hypothèque consistant en vaisseaux,eten magasins situés sur tout le globe. Vainementles avait-on assujetties à un droit de transfert con-sidérable : les administrateurs échappaient à laloi en abolissant les actions, et en les remplaçantpar une simple inscription sur les registres de lacompagnie, qui se faisait sans formalité. Ils frau-daient ainsi l’État d’un revenu considérable, caril s’opérait plusieurs milliers de transmissions parjour, et ils rendaient inutiles les précautionsprises pour empêcher l’agiotage. Vainement en-core, pour diminuer l’attrait de ces actions, avait-on frappé leur produit d’un droit de cinq pour
cent: les dividendes étaient distribués aux action-naires comme remboursement d’une partie du ca-pital; et par ce stratagème les administrateurséchappaient encore à la loi. Aussi de 600 francsces actions s’élevèrent à 1,000, 1,200, et même2,000 francs. C’étaient autant de valeurs qu’onopposait à la monnaie révolutionnaire, et qui ser-vaient à la discréditer.
On opposait encore aux assignats non-seule-toutes ces espèces de fonds, mais certaines partiesde la dette publique, et même d’autres assignatsparticuliers. Il existait en effet des emprunts sous-crits à toutes les époques, et sous toutes les formes-11 y en avait qui remontaient jusqu’à Louis XlU‘Parmi les derniers souscrits sous Louis XIV , il?en avait de différentes créations. On préférait gé-néralement ceux qui étaient antérieurs à la mo-narchie constitutionnelle à ceux qui avaient eteouverts pour le besoin de la révolution. Tousétaient opposés aux assignats hypothéqués sur lesbiens du clergé et des émigrés. Enfin, entre l eSassignats eux-mêmes, on faisait des différences-Sur cinq milliards environ émis depuis la créa-tion, un milliard était rentré par les achats debiens nationaux; quatre milliards à peu près res-taient en circulation ; et sur ces quatre milliards!on en pouvait compter cinq cent millions créés[ sous Louis XVI , et portant l’effigie royale. Cesderniers seraient mieux traités, disait-on, en casde contre-révolution, et admis pour une partie aumoins de leur valeur. Aussi gagnaient-ils 10 ou lopour cent sur les autres. Les assignats répubh'eains , seule ressource du gouvernement, seulemonnaie du peuple , étaient donc tout à f a,tdiscrédités, et luttaient à la fois contre le n«'méraire, les marchandises, les papiers étran-gers, les actions des compagnies de finances, l eSdiverses créances sur l’État, et enfin contre le®assignats royaux.
Le remboursement des offices, le payement de®grandes fournitures faites à l’État pour les besoin®de la guerre, l’empressement de beaucoup de d e 'biteurs à se libérer, avaient produit de grand®amas de fonds dans quelques mains. La guerre (crainte d’une révolution terrible, avaient * nte1 ^rompu beaucoup d’opérations commerciales, aIïieI j ade grandes liquidations, et augmenté encoremasse des capitaux stagnants et cherchant de®sûretés. Ces capitaux, ainsi accumulés, etaielivrés à un agiot perpétuel sur la bourse de Par*®’et se changeaient tour à tour en or, argent, den