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RÉVOLUTION FRANÇAISE.
moyens de finances consistaient dans une monnaienon acceptée, dont le gage était incertain commela révolution elle-même, et qui, à chaque accident,diminuait d’une valeur proportionnée au péril.Telle était cette situation singulière : à mesure quele danger augmentait et que les moyens auraient
dû être plus grands, ils diminuaient au contraire;les munitions s’éloignaient du gouvernement, etles denrées du peuple. Il fallait donc à la fois créerdes soldats, des armes, une monnaie pour l’Étatet pour le peuple, et après tout cela s’assurer desvictoires.
CHAPITRE XXVI.
Arrivée et réception à Paris des commissaires des assemblées primaires. — Retraite du camp de César par l’armée du Nord'— Fête de l’anniversaire du 10 août et inauguration de la constitution de 1795. — Mesures extraordinaires de sala*public. Décret ordonnant la levée en masse. Moyens employés pour en assurer l’exécution. — Institution du Grand-Liv re *nouvelle organisation de la dette publique. — Emprunt forcé. Détails sur les opérations financières à cette époque. --Nouveaux décrets sur le maximum. — Décret contre la Vendée , contre les étrangers et contre les Bourbons.
Les commissaires envoyés par les assembléesprimaires pour célébrer l’anniversaire du 10 août,et accepter la constitution au nom de toute laFrance , venaient d’arriver àParis.On voulait saisirce moment pour exciter un mouvement d’enthou-siasme, réconcilier les provinces avec la capitale,et provoquer des résolutions héroïques. On pré-para une réception brillante. Les marchands furentappelés de tous les environs. On amassa des sub-sistances considérables pour qu’une disette ne vîntpas troubler ces fêtes, et que les commissairesjouissent à la fois du spectacle de la paix, de l’a-bondance et de l’ordre; on poussa les égards jus-qu’à ordonner à toutes les administrations des voi-tures publiques de leur céder des places, mêmecelles qui seraient déjà retenues par des voyageurs.L’administration du département qui, avec cellede la commune, rivalisait d’austérité dans son lan-gage et ses proclamations, fit une adresse auxfrères des assemblées primaires. « Ici, leur disait-s elle, des hommes couverts du masque du patrio-» tisme vous parleront avec enthousiasme de li-» berté, d’égalité, de république une et indivisible,t tandis qu’au fond de leur cœur, ils n’aspirent et» ne travaillent qu’au rétablissement de la royauté» et au déchirement de leur patrie. Ceux-là sonta les riches; et les riches dans tous les temps ont» abhorré les vertus et tué les mœurs. Là, vous» trouverez des femmes perverses, trop séduisantes» par leurs attraits, qui s’entendront avec eux pour» vous entraîner dans le vice... Craignez, craignez
s surtout le ci-devant Palais-Royal ; c’est dans ce» jardinquevoustrouverezcesperfides.Ce fameux» jardin, berceau de la révolution, naguère l’asile» des amis de la liberté, de l’égalité, n’est pl llS» aujourd’hui, malgré notre active surveillance,» que l’égout fangeux de la société, le repaire desa scélérats, l’antre de tous les conspirateurs—3 Fuyez ce lieu empoisonné; préférez au spectacle» dangereux du luxe et de la débauche les utiles9 tableaux de la vertu laborieuse; visitez les fa®'i bourgs, fondateurs de notre liberté; entrez dans» les ateliers, où des hommes actifs, simples et» vertueux comme vous, comme vous prêts à de's fendre la patrie, vous attendent depuis long'a temps pour serrer les liens de la fraternité. Ven e2» surtout dans nos sociétés populaires. Unissons-9 nous, ranimons-nous aux nouveaux dangers de3 la patrie, et jurons pour la dernière fois la n»o rt9 et la destruction des tyrans! 9Le premier soin fut de les entraîner aux Jac°'bins, qui les reçurent avec le plus grand empre s 'sement, et leur offrirent leur salle pour s’y réun 11 ’ 1Les commissaires acceptèrent cette offre, et ilf utconvenu qu’ils délibéreraient dans le seinmêm ela Société, et se confondraient avec elle pendantleur séjour. De cette manière, il n’y avait à Par*®que quatre cents jacobins de plus. La Société, fi® 1siégeait tous les deux jours, voulut alors se réu nirtous les jours, pour délibérer avec les commissairesdes départements sur les mesures de salut pubbe-On disait que, dans le nombre de ces commissaires,