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CONVENTION NATIONALE (1793).
Les coalisés peuvent se j'épandre dans tout le dé-partement du Nord . Que feront-ils? Iront-ils, mar-chant une journée de plus, attaquer le camp deOavarelle, et enlever l’ennemi qui leur a échappé?Marcheront-ils sur Paris , ou reviendront-ils àleur ancien projet sur Dunkerque ? En attendant,>ls poussent des partis jusqu’à Péronne et Saint-Quentin, et l’alarme se communique à Paris , où1 on répand avec effroi que le camp de César estPerdu, comme celui de Famars ; que Cambray estlivré comme Valenciennes. De toutes parts, on sedéchaîne contre Kilmaine , oubliant le service im-mense qu’il vient de rendre par sa belle retraite.
La fête solennelle du 10 août, destinée à élce-h'iser tous les esprits, se prépare au milieu de cesbruits sinistres. Le 9, on fait à la convention leApport sur le recensement des voles. Les quarante-quatre mille municipalités ont accepté la constitu-tion. Il ne manque dans le nombre des votes queceux de Marseille, de la Corse et de la Vendée .Lne seule commune, celle de Saint-Tonnant, dé-partement des-Côtes-du-Nord , a osé demander ler établissement des Bourbons sur le trône.
Le 10, la fête commence avec le jour. Le célèbrePeintre David a été chargé d’en être l’ordonnateur.^ quatre heures du malin, le cortège est réuni surplace de la Bastille . La convention, les envoyésdes assemblées primaires, parmi lesquels on achoisi les quatre-vingt-six doyens d’âge, pour re-présenter les quatre-vingt-six départements, lesSociétés populaires, et toutes les sections armées,s e rangent autour d’une grande fontaine, dite dela Régénération. Cette fontaine est formée par unegrande statue de la nature qui, de ses mamelles,v «rse l’eau dans un vaste bassin. Dès que le soleil® doré le faîte des édifices, on le salue en chantants strophes sur l’air de la Marseillaise. Le prési-
®Ut de la convention prend une coupe, verse surlc sol l’eau de la régénération, en boit ensuite, etlr ansniet la coupe aux doyens des départements,1 ui boivent chacun à leur tour. Après cette céré-^cnie, le cortège s’achemine le long des boule-'ards. Les sociétés populaires, ayant une bannière° ù °st peint l’œil de la surveillance, s’avancent les^ tei uières. Vient ensuite la convention tout en-l *èr e _ Chacun de ses membres tient un bouquet( é Pis et de blé, et huit d’entre eux, placés auCentre, portent sur une arche l’acte constitutionnel® l les droits de l’homme. Autour de la convention,doyens d’âge forment une chaîne, et marchent1118 Par un cordon tricolore. Ils tiennent dans
leurs mains un rameau d’olivier, signe de la récon-ciliation des provinces avec Paris , et une piquedestinée à faire partie du faisceau national formépar les quatre-vingt-six départements. A la suitede cette portion du cortège, viennent des groupesde peuple, avec les instruments des divers métiers.Au milieu d’eux, s’avance une charrue qui porteun vieillard et sa vieille épouse, et qui est traînéepar leurs jeunes fils. Cette charrue est immédia-tement suivie d’un char de guerre sur lequel re-pose l’urne des soldats morts pour la patrie. Enfinla marche est fermée par des tombereaux chargésde sceptres, de couronnes, d’armoiries et de tapisà fleurs de lis.
Le cortège parcourt les boulevards et s’ache-mine vers la place de la Révolution. En passant auboulevard Poissonnière, le président de la conven-tion donne une branche de laurier aux héroïnesdes 3 et 6 octobre, assises sur leurs canons. Sur laplace de la Révolution, il s’arrête de nouveau, etmet le feu à tous les insignes de la royauté et dela noblesse traînés dans les tombereaux. Ensuiteil déchire un voile jeté sur une statue, qui, appa-raissant à tous les yeux, laisse voir les traits de laLiberté. Des salves d’artillerie marquent l’instantde son inauguration; et, au même moment, desmilliers d’oiseaux, portant de légères banderoles,sont délivrés, et semblent annoncer, en s’élançantdans les airs, que la terre est affranchie.
On se rend ensuite au Champ de Mars par laplace des Invalides, et on défile devant une ligurecolossale représentant le peuple français qui ter-rasse le fédéralisme et l’étouffe dans la fange d’unmarais. Enfin on arrive au champ même de la fédé-ration. Là, le cortège se divise en deux colonnes,qui s’allongent autour de l’autel de la patrie. Leprésident de la convention et les quatre-vingt-sixdoyens occupent le sommet de l’autel ; les membresde la convention et la masse des envoyés des assem-blées primaires en occupent les degrés. Chaquegroupe de peuple vient déposer alternativementautour de l’autel les produits de son métier, desétoffes, des fruits, des objets de toute espèce. Leprésident de la convention, recueillant ensuite lesactes sur lesquels les assemblées primaires ontinscrit leurs votes, les dépose sur l’autel de lapatrie. Une décharge générale d’artillerie retentitaussitôt; un peuple immense joint ses cris auxéclats du canon, et on jure, avec le même enthou-siasme qu’au 14 juillet 1790 et 1792, de défendrela constitution : serment bien vain, si on considère