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RÉVOLUTION FRANÇAISE.
et les marchandises de première nécessité, on lais-sait aux communes le soin de rechercher toutes lessubsistances, toutes les marchandises, et de lesfaire vendre à un prix convenable dans chaque lo-calité. Jamais aucun gouvernement ne prit à la foisdes mesures ni plus vastes ni plus hardimentimaginées; et pour accuser leurs auteurs de vio-lence, il faudrait oublier le danger d’une invasionuniverselle, et la nécessité de vivre sur les biensnationaux sans acheteurs. Tout le système desmoyens forcés dérivait de ces deux causes. Àujour-d’hui,unegénération superficielle et ingrate critiqueces opérations, trouve les unes violentes, les autrescontraires aux bons principes d économie, et jointle tort de l’ingratitude à l’ignorance du temps etdelà situation. Qu’on revienne aux faits, et qu’en-fin on soit juste pour des hommes auxquels il en acoûté tant d’efforts et de périls pour nous sauver.
Après ces mesures générales de finances et d’ad-ministration , il en fut pris d’autres plus spéciale-ment appropriées à chaque théâtre de la guerre.Les moyens extraordinaires, depuis longtemps ré-solus à l’égard de la Vendée , furent enfin décré-tés. Le caractère de cette guerre était maintenantbien connu. Les forces de la rébellion ne consis-taient pas dans des troupes organisées qu’on pûtdétruire par des victoires, mais dans une popula-tion qui, en apparence paisible et occupée de sestravaux agricoles, se levait tout à coup à un signaldonné, accablait de sa masse, surprenait de sonattaque imprévue les troupes républicaines, et, encas de défaite, se cachait dans ses bois, dans scschamps, et reprenait ses travaux sans qu’on pûtdistinguer celui qui avait été soldat de celui quin’avait pas cessé d’être paysan. Une lutte opiniâtrede plus de six mois, des soulèvements qui avaientété quelquefois de cent mille hommes, des actes dela plus grande témérité, une renommée formi-dable, et l’opinion établie que le plus grand dangerde la révolution était dans cette guerre civile dévo-rante, devaient appeler toute l’attention du gouver-nement sur la Vendée , et provoquer à son égardles mesures les plus énergiques et les plus colères.Depuis longtemps on disait que le seul moyen desoumettre ce malheureux pays, était non de lecombattre, mais de le détruire, puisque ses arméesn’étaient nulle part et se trouvaient partout. Cesvœux furent exaucés par un décret formidable *,où la Vendée , les derniers Bourbons, les étran-
gers, étaient frappés tous à la fois d’extermination.En conséquence de ce décret, il fut ordonné auministre de la guerre d’envoyer dans les dépar-tements révoltés des matières combustibles pourincendier les bois, les taillis et les genêts. « Les fo-rêts, était-il dit, seront abattues, les repaires desrebelles seront détruits, les récoltes seront coupéespar des compagnies d’ouvriers, les bestiaux serontsaisis, et le tout transporté hors du pays. Les vieil-lards, les femmes, les enfants, seront conduitshors de la contrée, et il sera pourvu à leur subsis-tance aves les égards dus à l’humanité, s 11 étaitenjoint en outre aux généraux et aux représentantsen mission de faire tout autour de la Vendée lesapprovisionnements nécessaires pour nourrir degrandes masses, et, aussitôt après, de provoquerdans les départements environnants non pas unelevée graduelle, comme dans les autres parties dela France , mais une levée subite et générale, et deverser ainsi toute une population sur une autre. Lechoix des hommes répondit à la nature de ces me-sures. On a vu Biron, Berthier, Menou, Wester-mann, compromis et destitués pour avoir soutenule système de la discipline, et Rossignol, infracteurde cette discipline, tiré de prison par les agents duministère. Le triomphe du système jacobin futcomplet. Rossignol, de simple chef de bataillon,fut tout à coup nommé général en chef de l’arméedes côtes de La Rochelle. Ronsin , le chef de cesagents du ministère, qui portaient dans la Vendeetoutes les passions des jacobins, et soutenaientqu’il ne fallait pas des généraux expérimentes,mais des généraux franchement républicains; non
pas une guerre régulière, mais exterminatrice!que tout homme de nouvelle levée était soldat,que tout soldat pouvait être général; Ronsin, I echef de ces agents, fut fait en quatre jours cap*'taine, chef d’escadron, général de brigade, etfnladjoint à Rossignol avec tous les pouvoirs du ® 1 'nistre lui-même, pour présider à l’exécution de cenouveau système de guerre. On ordonna en niêm ctemps que la garnison de Mayence fût conduite enposte du Rhin dans la Vendée . La méfiance était sigrande que les généraux de cette brave garnisonavaient été mis en arrestation pour avoir capitule-Heureusement, le brave Merlin, toujours écouteavec la considération due à un caractère héroïque,
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vint rendre témoignage de leur dévouement etleur bravoure. Kléber, Aubert-Dubayet, fu>enrendus à leurs soldats, qui voulaient les délivrer»
* lor aofit.