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Tome I.
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CONVENTION NATIONALE (1793).

•ls devaient par leur habileté, réparer les désastrescausés par les agents du ministère. Il est une vé-rité qu’il faut répéter toujours : la passion n’est ja-mais ni sage, ni éclairée, mais c’est la passion seulequi peut sauver les peuples dans les grandes extré-mités. La nomination de Rossignol était une har-diesse étrange, mais elle annonçait un parti bienPris; elle ne permettait plus les demi-mesures danscette funeste guerre de la Vendée , et elle obligeaittoutes les administrations locales qui étaient encore•ncertaines.àse prononcer. Ces jacobins fougueux,répandus dans les armées, les troublaient souvent;mais ils y communiquaient cette énergie de résolu-tion sans laquelle il n’y aurait eu ni armement, niapprovisionnement, ni moyens d’aucune espèce. Ilsctaient d’une injustice inique envers les généraux,mais ils ne permettaient à aucun de faiblir ni d’hé-siter. On verra bientôt leur folle ardeur, se com-binant avec la prudence d’hommes plus calmes,Produire les plus grands et les plus heureux résul-tats. Kilmaine , auteur de la belle retraite qui avaitsauvé l’armée du Nord, fut aussitôt remplacé parHouchard , ci-devant général de l’armée de la Mo-selle, et jouissant d’une assez grande réputation•le bravoure et de zèle. Dans le comité de salut pu-blic, quelques changements eurent lieu. Thuriot et Gasparin, malades, donnèrent leur démission.L un d’eux fut remplacé par Robespierre , qui péné-tra enfin dans le gouvernement, et dont la puis-sance immense fut enfin reconnue et subie par laconvention, qui jusqu’ici ne l’avait nommé d’aucuncomité. L’autre eut pour successeur le célèbre Car-n ot, qui, déjà envoyé à l’armée du Nord, avait•lonné de lui l’idée d’un militaire savant et habile.

A toutes ces mesuresadministrativesetmilitaireslurent ajoutées des mesures de vengeance, suivant1 Usage de faire suivre les actes d’énergie par desUctes de cruauté. On a déjà vu que, sur la demande'les envoyés des assemblées primaires, une loi avaitété résolue contre les suspects. 11 restait à en pré-Se nter le proj et. On le demandait chaque jour, parcelue ce n’était pas assez, disait-on, du décret dumars, qui mettait les aristocrates hors la loi.He décret exigeait un jugement, et on en souhai-tuit un qui permît d’enfermer, sans les juger ets Çulement pour s’assurer de leur personne, lescitoyens suspects par leurs opinions. En attendantdécret, on décida que les biens de tous ceux quiCla 'ent mis hors la loi appartiendraient à la ré-l^bliqum On exigea ensuite des dispositions pluss cvèrcs envers les étrangers. Déjà ils avaient été

mis sous la surveillance des comités qui s’étaientintitulés révolutionnaires, mais on voulait davan-tage. L’idée d’une conspiration étrangère, dontPitt était supposé le moteur, remplissait plus quejamais tous les esprits. Un portefeuille trouvé surles murs de Tune de nos villes frontières renfer-mait des lettres qui étaient écrites en anglais , etque des agents anglais en France s’adressaient entreeux. Il était question dans ces lettres de sommesconsidérables envoyées à des agents secrets répan-dus dans nos camps, nos places fortes et nos prin-cipales villes. Les uns étaient chargés de se lieravec les généraux pour les séduire, de prendre desrenseignements exacts sur l’état de nos forces, denos places et de nos approvisionnements; les autresavaient mission de s’introduire dans les arsenaux,dans les magasins, avec des mèches phosphoriques,et d’y mettre le feu. « Faites hausser, disaientencore» ces lettres, le change jusqu’à deux cents livres» pour une livre sterling. Il faut discréditer le» plus possible les assignats, et refuser tous ceuxs qui ne porteront pas l’effigie royale. Faites haus-s ser le prix de toutes les denrées. Donnez lesï ordres à vos marchands d’accaparer tous les ob-s jets de première nécessité. Si vous pouvez pér-il suaderàCott...ti d’acheter le suif et la chandelle» à tout prix, faites-la payer au public jusqu’à cinqî francs la livre. Milord est très-satisfait pour la» manière dont B.t.z. a agi. Nous espérons que les» assassinats se feront avec prudence. Les prêtresn déguisés et les femmes sont les plus propres àï cette opération. »

Ces lettres prouvaient seulement que l’Angle-terre avait quelques espions militaires dans nosarmées, quelques agents dans nos places de com-merce pour y aggraver quelques inconvénients dela disette, et que peut-être quelques-uns se fai-saient donner de l’argent sous prétexte de com-mettre à propos des assassinats. Mais tous cesmoyens étaient fort peu redoutables, et étaientcertainement exagérés par la vanterie ordinairedes agents employés à ce genre de manœuvres. Ilest vrai que les incendies avaient éclaté à Douai ,à Valenciennes, à la voilerie de Lorient, à Bayonne ,et dans les parcs d artillerie près Chemillé elSau-mur. Il est possible que ces agents fussent les au-teurs de ces incendies ; mais certainement ils n’a-vaient dirigé ni le poignard du garde du corpsParis contre Lepellelier, ni celui de CharlotteCorday contre Marat ; et s’ils agiotaient sur le pa-pier étranger et, les assignats, s’ils achetaient