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RÉVOLUTION FRANÇAISE.
quelques marchandises moyennant les crédits ou-verts à Londres par Pitt, ils n’avaient qu’une mé-diocre influence sur notre situation commercialeet financière, qui tenait à des causes bien plusgénérales etplus majeures que ces viles intrigues.Cependant, ces lettres, concourant avec quelquesincendies, deux assassinats, et l’agiotage du pa-pier étranger, excitèrent une indignation univer-selle. La convention, par un décret, dénonça le gou-vernement anglais à tous les peuples, et déclara Pittl’ennemi du genre humain. En môme temps, elleordonna que tousles étrangers domiciliés en France ,depuis le 14 juillet 1789, seraient sur-le-champmis en état d’arrestation. (Décret du 1 er août.)
Enfin on décréta le prompt achèvement duprocès de Custine. On mit en jugement Biron etLamarche. L’acte d’accusation des girondins futpressé de nouveau, et ordre fut donné au tribunalrévolutionnaire de se saisir de leur procès dansle plus bref délai. Enfin la colère se reporta surles restes des Bourbons, et sur la famille infortu-née qui déplorait dans la tour du temple la mortdu dernier roi. Il fut décrété que tous les Bour-bons qui restaient en France seraient déportés ,excepté ceux qui étaient sous le glaive des lois*;que le duc d’Orléans, qui avait été transféré dansle mois de mai à Marseille , et que les fédéralistesn’avaient pas voulu faire juger, serait reconduit àParis , pour y comparaître devant le tribunal révo-lutionnaire. Sa mort devait servir de réponse à ceux
qui accusaient la Montagne de vouloir en faire unroi. L’infortunée Marie-Antoinette , malgré sonsexe, fut, comme son époux, vouée à l’échafaud.Elle passait pour l’instigatrice de tous les complotsde l’ancienne cour, et était regardée comme beau-coup plus coupable que Louis XVI . Elle avait I emalheur surtout d’être fille de l’Autriche,qui étaitdans ce moment la plus redoutable de toutes lespuissances ennemies. Suivant la coutume de bra-ver plus audacieusement l’ennemi le plus dange-reux, on voulut, au moment même où les arméesimpériales s’avançaient sur notre territoire, fairetomber la tête de Marie-Antoinette . Elle fut donctransférée à la conciergerie, pour être jugée»comme une accusée ordinaire, par le tribunal ré-volutionnaire. Madame Élisabeth, destinée à l adéportation, fut retenue pour déposer contre sasœur. Les deux enfants devaient être élevés etgardés par la république, qui jugerait, à l’époquede la paix, ce qu’il conviendrait de statuer à leurégard. Jusqu’alors, la dépense du Temple avait eiefaite avec une certaine somptuosité qui rappela' 1,le rang de la famille prisonnière. Il fut décrétéqu’elle serait réduite au nécessaire. Enfin, pourconsommer tous ces actes de la vengeance révolu-tionnaire, on décréta que les tombes royales deSaint-Denis seraient détruites.
Telles furent les mesures que les dangers im-minents du mois d’août 1793 provoquèrent pou''la défense et pour la vengeance de la révolutio»-
CHAPITRE XXVII.
Mouvement des armées en août et septembre 1793. — Investissement de Lyon par l’armée de la convention. —* Trah' 8 ^de Toulon qui se livre aux Anglais. — Défaite de 40,000 Vendéens à Luçon , Plan général de campagne contre la Ve* 11 ^ 0,Divisions des généraux républicains sur ce théâtre de la guerre. — Opérations militaires dans le Nord. Siège de P 1111kerque par le duc d’York. — Victoire de Hondtschoote. Joie universelle qu’elle cause en France . — Nouveaux re velDéroutes à Menin , à Pirmasens, à Perpignan , et à Torfou dans la Vendée. Retraite de Canclaux sur Nantes . —■contre le comité de salut public. — Établissement du gouvernement révolutionnaire. — Décret qui organise une arm erévolutionnaire de 6,000 hommes. — Loi des suspects. — Concentration du pouvoir dictatorial dans le comité de upublic. — Procès de Custine ; sa condamnation et son supplice. — Décret d’accusation contre les girondins, arrcs tatl0lïde soixante-trois membres de la convention.
poursuivre une armée démoralisée, qui avait tou-jours été malheureuse depuis l’ouverture de I acampagne. Dès le mois de mars, en effet, battu®a Aix-la-Chapelle et à Neerwinden , elle avait
* l«v août.