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ne mit pas assez d’adresse à éviter une rupture, un mandat d’arrêt, et le réunir à Chabot, Bazire,La lecture des numéros de Camille occupe deux Delaunay et Julien de Toulouse ,séances tout entières. On passe ensuiteà Fabre. On
l’interroge, on veut l’obliger à dire quelle part il a
eue aux écrits nouvellement répandus. 11 répond , - - - . • .
qu’il n’y est pas pour une virgule, et que, relali- | peaux, presque girondin ,vement à Philipeaux et Bourdon de l’Oise, il peutassurer ne pas les connaître. On veut enfin pren-dre un parti sur les quatre individus dénoncés.
Robespierre , quoique n’étant plus disposé à mé-nager Camille, propose de laisser là cette discus-sion, et de passer à un autre sujet plus grave, plusdigne de la société, plus utile à l’esprit public,savoir, les vices et les crimes du gouvernementanglais . « Ce gouvernement atroce cache, dit-il,
» sous quelques apparences de liberté, un prin-» cipe de despotisme et de machiavélisme atroce;
5 il faut le dénoncer à son propre peuple, et ré'
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Il restait de toutes ces discussions une impres-sion fâcheuse pour les nouveaux modérés. Il n’yavait aucune espèce de concert entre eux. Phili-"n autrefois, ne connaissait
ni Camille, ni Fabre, ni Bourdon; Camille seulétait assez lié avec Fabre; quant à Bourdon, ilétait entièrement étranger aux trois autres. Maison s’imagina dès lors qu’il y avait une faction se-crète dont ils étaient ou complices ou dupes. Lafacilité de caractère, les goûts épicuriens de Ca-mille, et deux ou trois dîners qu’il avait faits avecles riches financiers de l’époque, la complicitédémontrée de Fabre avec les agioteurs, sa récenteopulence, firent supposer qu’ils étaient liés à la
prétendue faction corruptrice. On n’osait pas en-core désigner Danton comme en étant le chef;pondre a ses calomnies en prouvant ses vices mais, si on ne l’accusait pas d’une manière publi-» d’organisation et ses forfaits, s Les jacobins que, si Hébert dans sa feuille, si les Cordeliers àvoulaient bien de ce sujet, qui fournissait une si leur tribune ménageaient ce puissant révolution-vaste carrièreà leur imagination accusatrice; mais naire, ils se disaient entre eux ce qu’ils n’osaient
publier.
L’homme le plus nuisible au parti était Lacroix,dont les concussions en Belgique étaient si démon-trées qu’on pouvait très-bien les lui imputer sansêtre accusé de calomnie, et sans qu’il osât répondre.On l’associait aux modérés, à cause de son ancienneliaison avec Danton , et il leur faisait partager sa
quelques-uns d’entre eux désiraient auparavantradier Philipeaux, Camille, Bourdon et Fabre.
Une voix même accuse Robespierre de s’arrogerune espèce de dictature. « Ma dictature, s’écrie-» t-il, est celle de Marat et de Lepelletier; elle» consiste à être exposé tous les jours aux poi-» gnards des tyrans. Mais je suis las des disputes» qui s’élèvent chaque jour dans le sein de la so- | honte.» ciété, et qui n’aboutissent à aucun résultat utile.
» Nos véritables ennemis sont les étrangers; ce» sont eux qu’il faut poursuivre et dont il fauts dévoiler les trames. » Robespierre renouvelleen conséquence sa proposition, et fait décider, aumilieu des applaudissements, que la société, met-tant de côté les disputes élevées entre les indivi-dus, s’occupera, dans les séances qui vont suivre,de discuter, sans interruption, les vices du gou-vernement anglais .
C’était détourner à propos l’inquiète imagina-tion des jacobins, et la diriger sur une proie quipouvait les occuper longtemps. Philipeaux s étaitdéjà retiré sans attendre une décision. Camille etBourdon ne furent ni rejetés ni confirmés; on n’enparla plus, et ils se contentèrent de ne plus pa-raître devant la société. Pour Fabre-d’Églantine,bien que Chabot l’eût entièrement justifié, lesfaits qui arrivaient chaque jour à la connaissancedu comité de sûreté générale ne permirent plus dedouter de sa complicité; il fallut lancer contre lui
Les Cordeliers, mécontents de ce que les jaco-bins avaient passé à l’ordre du jour sur les dénon-cés, déclarèrent ; 1° que Philipeaux était un ca-lomniateur; 2° que Bourdon, accusateur acharnéde Ronsin, de Vincent et des bureaux de la guerre, .avait perdu leur confiance, et n’était à leurs yeuxque le complice de Philipeaux; 5” que Fabre,partageant les sentiments de Bourdon et de Phi-lipeaux , n’était qu’un intrigant plus adroit ; 4° queCamille, déjà exclu de leurs rangs, avait aussiperdu leur confiance, quoique auparavant il eûtrendu de grands services à la révolution.
Après avoir détenu quelque temps Ronsin etVincent, on les fit élargir, car on ne pouvait lesmettre en jugement pour aucune cause. 11 n’étaitpas possible de poursuivre Ronsin pour sa conduitedans la Vendée , caries événements de cette guerreétaient couverts d’un voile épais; ni pour ce qu’ilavait fait à Lyon , car c’était soulever une questiondangereuse, et accuser en même temps Collot-d’IIerbois cl tout le système actuel du gouverne-