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Tome II.
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RÉVOLUTION FRANÇAISE .

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prisons, se faisait montrer les écrous, et formaitdes listes.

On était au 15 ventôse. La section de Marat ,présidée par Momoro , s’assemble, et, indignée,dit-elle, des machinations des ennemis du peuple,elle déclare en niasse qu’elle est debout, qu’elle vavoiler le tableau de la déclaration des droits, etqu’elle restera dans cetétat jusqu a ce que les sub-sistances et la liberté soient assurées au peuple,et que ses ennemis soient punis. Dans la mêmesoirée, les Cordeliers s’assemblent en tumulte; onfait chez eux le tableau des souffrances publiques;on raconte les persécutions qu’ont récemment es-suyées les deux grands patriotes, Vincent et Ronsin,lesquels, dit-on, étaient malades au Luxembourg ,sans pouvoir obtenir un médecin qui les soignât.En conséquence, on déclare la patrie en danger, eton voile la déclaration des droits de l’homme. C’estainsi que toutes les insurrections avaient com-mencé, par la déclaration que les lois étaient sus-pendues, et que le peuple rentrait dans l’exercicede sa souveraineté.

Le lendemain 16, la section de Marat et les Cor-deliers se présentent à la commune pour lui signi-fier leurs arrêtés, et pour l’entraîner aux mêmesdémarches. Pache avait eu soin de nepas s’y rendre.Le nommé Lubin présidait le conseil général. Ilrépond à la députation avec un embarras visible;il dit que dans le moment où la convention prenddes mesures si énergiques contre les ennemis dela révolution, et pour secourir les patriotes indi-gents, il est étonnant qu’on donne un signal dedétresse, et qu’on voile la déclaration des droits.Feignant ensuite de justifier le conseil général,comme s’il était accusé, Lubin ajoute que le con-seil a fait tous ses efforts pour assurer les subsi-stances et en régler la distribution. Chaumettetient des discours tout aussi vagues. Il recommandela paix, requiert le rapport sur la culture desjardins de luxe, et sur l’approvisionnement de lacapitale, qui, d’après les décrets, devait être ap-provisionnée comme une place de guerre.

Ainsi les chefs de la commune hésitaient, et lemouvement, quoique tumultueux, n’était pas assezfort pour les entraîner et leur inspirer le couragede trahir le comité et la convention. Le désordrenéanmoins était grand. L’insurrection commençaitcomme toutes celles qui avaient jadis réussi, etne devait pas inspirer de moindres craintes. Parune rencontre fâcheuse, le comité de salut publicétait privé, dans le moment, de ses membres les

plusinfluents : Billaud-Varennes, Jean-Bon-Saint-André , étaient absents pour affaires d’administra-tion; Couthon et Robespierre étaient malades, etcelui-ci ne pouvait pas venir gouverner ses fidèlesjacobins. Il ne restait que Saint-Just et Collot-

d’Herboispour déjouer cette tentative. lisse rendenttout les deux à la convention, où l’on s’assemblaiten tumulte, et où l’on tremblait d’effroi. Sur leurproposition, on mande aussitôt Fouquier-Tinviüeîon le charge de rechercher sur-le-champ les dis-tributeurs des écrits incendiaires répandus dansles marchés, agitateurs qui troublent les sociétéspopulaires, tous les conspirateurs enfin qui me-nacent la tranquillité publique. On lui enjoint pardécret de les arrêter sur-le-champ, et d’en fairesous trois jours son rapport à la convention.

C’était peu d’avoir un décret de la convention,car elle ne les avait jamais refusés contre les per-turbateurs; et elle n’en avait pas laissé manquerles girondins contre la commune insurgée; mais ilfallait assurer l’exécution de ces décrets en se ren-dant maître de l’opinion. Collot, qui avait unegrande popularité aux Jacobins et aux Cordelierspar son éloquence de club, et surtout par une éner-gie de sentiments révolutionnaires bien connue,est chargé de cette journée, et se rend en hâte au*Jacobins. A peine sont-ils assemblés qu’il leur fai*le tableau des factions qui menacent la liberté, e ldes complots qu’elles préparent : « Une nouvelles campagne va s’ouvrir, dit-il ; les soins du comil 6 ’s qui ont si heureusement terminé la campagne» dernière, allaient assurer à la république de s» victoires nouvelles. Comptant sur votre confiances et votre approbation, qu’il a toujours eu en vue» de mériter, il se livrait à ses travaux; mais tou 1» à coup nos ennemis ont voulu l’entraver dans sa» marche ; ils ont soulevé autour de lui les p»'s triotes, pour les lui opposer et les faire égorge 1 's entre eux. On veut faire de nous des soldats d®» Cadmus ; on veut nous immoler par la main le 5» uns des autres. Mais non, nous ne serons point» les soldats de Cadmus ! grâce à votre bo 11» esprit, nous resterons amis, et nous ne seron s» que les soldats de la liberté! Appuyé sur vous,

» le comité saura résister avec énergie, compr 1 '

» mer les agitateurs, les rejeter hors des rangs dc s» patriotes, et, après ce sacrifice indispensable’

» poursuivre ses travaux et vos victoires. Le post 6» où vous nous avez placés est périlleux, ajout 6» Collot; mais aucun de nous ne tremble devant> le danger. Le comité de sûreté générale accept e