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Tome II.
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RÉVOLUTION FRANÇAISE .

jours fait en tout sa volonté, et qu’il a voulu serendre maître absolu. Billaud ajoute qu’il pour-rait citer encore beaucoup d’autres faits, maisqu’il suffira de dire qu’hier les agents de Robes-pierre aux Jacobins, les Dumas, les Coffinhal ,se sont permis de décimer la convention natio-nale . Tandis que Billaud énumérait ces griefs,l’assemblée laissait échapper par intervalle desmouvements d’indignation. Robespierre , livide decolère, avait quitté son siège et gravi 1 escalier dela tribune. Placé derrière Billaud, il demandaitla parole au président avec une extrême violence.Il saisit le moment où Billaud vient d’achever pourla redemander encore plus vivement. — A bas letyran! à bas le tyran! s’écrie-t-on dans toutes lesparties de la salle. Deux fois ce cri accusateur s’é-lève, et annonce que l’assemblée ose enfin luidonner le nom qu’il méritait. Tandis qu’il insiste,Tallien , qui s’esl élancé à la tribune, réclame laparole, et l’obtient avant lui. « Tout à l’heure,» dit-il, je demandais que le voile fût entièrementi déchiré; je m’aperçois qu’il vient de l’être. Lesd conspirateurs sont démasqués. Je savais que mas tête était menacée, et jusqu’ici j’avais gardé le» silence; mais hier j’ai assisté à la séance dest > jacobins, j’ai vu se former l’armée du nouveau» Cromwell , j’ai frémi pour la patrie, et je mei suis armé d’un poignard pour lui percer le sein» si la convention n’avait pas le courage de le dé-s créter d’accusation. » En achevant ces mots,Tallien montre son poignard, et l’assemblée lecouvre d’applaudissements. Il propose alors l’ar-restation du chef des conspirateurs, Henriot. Bil-laud propose d’y ajouter celle du président Dumas,et du nommé Boulanger, qui, la veille, a été l’undes agitateurs les plus ardents aux Jacobins. Ondécrète sur-le-champ l’arrestation de ces troiscoupables.

Barrère entre dans ce moment, pour faire àl’assemblée les propositions que le comité a déli-bérées dans la nuit, avant de se séparer. Robes-pierre , qui n’avait pas quitté la tribune, profitede cet intervalle pour demander encore la parole.Ses adversaires étaient décidés à la lui refuser, depeur qu un reste de crainte et de servilité ne seréveillât à sa voix. Placés tous au sommet de laMontagne, ils poussent de nouvelles clameurs, et,tandis que Robespierre se tourne tantôt vers leprésident, tantôt vers l’assemblée A bas! à basle tyran ! s écrient-ils avec des voix de tonnerre.Barrere obtient encore la parole avant Robes-

pierre . On dit que cet homme, qui, par vanité)avait voulu jouer un rôle, et qui, par faiblesse,tremblait maintenant de s’en être donné un, avaitdeux discours dans sa poche, l’un pour Robes-pierre , l’autre pour les comités. Il développe laproposition convenue la nuit : c’est d’abolir 1 egrade de commandant général, de rétablir l’an-cienne loi de la législative, par laquelle chaquechef de légion commandait à son tour la force ar-mée de Paris , et enfin d’appeler le maire et l’agentnational à la barre, pour y répondre de la tran-quillité de la capitale. Ce décret est adopté sur-le-champ, et un huissier va le communiquera 1*commune, au milieu des plus grands périls.

Lorsque le décret proposé par Barrère a étéadopté, on reprend l’énumération des torts deRobespierre ; chacun vient à son tour lui faire unreproche. Vadier , qui voulait avoir découvert uneconspiration importante en saisissant CatherineThéot , rapporte, ce qu’il n’avait pas dit la veille>que dom Gerle possédait un certificat de civismesigné par Robespierre , et que, dans un matelas deCatherine, se trouvait une lettre dans laquelle elleappelait Robespierre son fils chéri. 11 s’étend en-suite sur l’espionnage dont les comités étaien 1entourés, avec la diffusion d’un vieillard et unelenteur qui ne convenait pas à l’agitation du mo-ment. Tallien , impatient, remonte à la tribune etprend encore la parole, en disant qu’il faut ra-mener la question à son véritable point. En effet)on avait décrété Henriot, Dumas, Boulanger, 011avait appelé Robespierre un tyran, mais on n’av a,tpris aucune résolution décisive. Tallien obser' cque ce n’est pas à quelques détails de la vie d ecet homme, appelé un tyran, qu’il faut s’attache^

mais qu’il faut en montrer l’ensemble. Alors

de

commence un tableau énergique de la conduite

ce rhéteur lâche, orgueilleux et sanguinaire.

Robespierre , suffoqué de colère, l’interrompt P a ^des cris de fureur.—Louchet dit : Il faut en f> nir ’l’arrestation contre Robespierre !—Loseau ajoU te ^L’accusation contre ce dénonciateur! — L’a ccUsation ! l’accusation ! crient une foule de dép ute . S— Louchet se lève, et regardant autour de I u *’demande si on l’appuie. — Oui, oui! répondcent voix. — Robespierre le jeune dit de sa pl flCe .« Je partage les crimes de mon frère, unissez-» à lui! » On fait à peine attention à ce devoment. — L’arrestation! l’arrestation! crie-t ,encore. — Dans ce moment, Robespierre ,n’avait pas cessé d’aller de sa place au bureau ,