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CONVENTION NATIONALE (-179-4).
du bureau à sa place, s’approche de nouveau duPrésident et lui demande la parole. Mais Thuriot ,(jui remplaçait ColIot-d’Herbois au fauteuil, nelui répond qu’en agitant sa sonnette. Alors Robes-pierre se tourne vers la Montagne et n’y trouve quedes amis glacés ou des ennemis furieux; il dirigeensuite ses yeux vers la Plaine. — « C’est à vous,8 dit-il, hommes purs, hommes vertueux, c’est à
* vous que je m’adresse, etnon auxbrigands! » Ondétourne la tête ou on le menace. Enfin, il se re-porte encore vers le président, et s’écrie : « Pour» la dernière fois, président des assassins, je te
* demande la parole ! » Il prononce ces derniersniots d’une voix étouffée et presque éteinte. — « Le8 sang de Danton t’étouffe! » lui dit Garnier de1 Aube.Duval, impatienldecetlelutte, selèveeldit:
* Président, est=-ce que cet homme sera encore8 longtemps le maître de la convention? — Ah!1 qu’un tyran est dur à abattre! ajoute Fréron. —» Aux voix! aux voix! » s’écrie Loseau. L’arresta-lion tant proposée est enfin mise aux voix et dé-crétée au milieu d’un tumulte épouvantable. Apeine le décret est-il rendu que de tous les côtésde la salle on se lève en criant : Vive la liberté !v 'ive la république! les tyrans ne sont plus!
Une foule de membres se lèvent et disent qu’ils°nt entendu voter pour l’arrestation des complicesde Robespierre , Saint-JustetCoutlion. Aussitôt onles ajoute au décret. Lebas demande à y être ad-joint; on lui accorde sa demande ainsi qu’à Robes-pierre jeune. Ces hommes inspiraient encore unel elle appréhension que les huissiers de la sallen avaient pas osé se présenter pour les traduire àla barre. En voyant qu’ils étaient restés sur leursSl éges, on demande pourquoi ils ne descendentpasa la place des accusés; le président répond que lesl'uissiers n’ont pas pu faire exécuter l’ordre. LeCr * : A la barre ! à la barre ! devient aussitôt gé-rerai. Les cinq accusés y descendent, RobespierreIj'rieux, Saint-Just calme et méprisant, les autresc °nsternés de celte humiliation si nouvelle poure,) v. Ils étaient enfin à cette place où ils avaiente üvoyé Vergniaud, Brissot , Pétion, Camille Des-^'oulins, Danton , et tant d’autres de leurs collè-ges, pleins ou de vertu, ou de génie, ou de cou-r! >ge.
U était cinq heures. L’assemblée avait déclaré laSe arice permanente; mais en ce moment, accabléefatigue, elle prend la résolution dangereuse des,ls pendre la séance jusqu’à sept pour se donner'* 11 peu de repos. Les députés se séparent alors, et
laissent ainsi à la commune, si elle a quelque au-dace, la faculté de fermer le lieu de leurs séanceset de s’emparer de la domination dans Paris . Lescinq accusés sont conduits au comité de sûretégénérale, et interrogés par leurs collègues en atten-dant d’être traduits dans les prisons.
Pendant que ces événements si importants sepassaient dans la convention, la commune étaitrestée dans l’attente. L’huissier Courvol était allélui signifier le décret qui mettait Henriot en arres-tation, et mandait le maire et l’agent national àla barre. Il avait été fort mal accueilli. Ayant de-mandé un reçu, le maire lui avait répondu : Unjour comme aujourd’hui, on ne donne pas de reçu.Va à la convention, va lui dire que nous sauronsle maintenir, et dis à Robespierre qu'il n’ait paspeur, car nous sommes ici. Le maire s’était ex-primé ensuite devant le conseil général de lamanière fa plus mystérieuse sur le motif de laréunion; il ne parla que du décret qui ordonnait àla commune de veiller à la tranquillité de Paris ; ilrappela les époques où cette commune avait déployéun grand courage, désignant assez clairement le31 mai. L’agent national Payan, parlant après lemaire, avait proposé d’envoyer deux membres duconseil sur la place de la commune, où se trouvaitune foule immense, pour haranguer le peuple etl’inviter à se réunir à ses magistrats pour sauverla patrie. Ensuite on avait rédigé une adresse danslaquelle on disait que des scélérats opprimaientRobespierre , ce citoyen vertueux qui fit décréterle dogme consolateur de l’Etre suprême et del’immortalité de l’âme; Saint-Just, cet apôtre dela vertu, qui fit cesser la trahison au Rhin et auNord; Coulhon, ce citoyen vertueux qui n’a quele corps et la tête de vivants, mais qui les a brûlantsde patriotisme. Aussitôt après, on avait arrêté queles sections seraient convoquées, que les prési-dents et les commandants delà force armée seraientmandés à la commune pour y recevoir ses ordres.Une députation avait été envoyée aux jacobins pourqu’ils vinssent fraterniser avec la commune, etqu’ils envoyassent au conseil général leurs mem-bres les plus énergiques et un bon nombre de ci-toyens et de citoyennes des tribunes. Sans énoncerencore l’insurrection, la commune en prenait tousles moyens et marchait ouvertement à ce but. Elleignorait l’arrestation des cinq députés, et c’estpourquoi elle gardait encore quelque réserve.
Pendant ce temps, Henriot était monté à chevalet courait les rues de Paris . Chemin faisant, il