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Tome II.
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RÉVOLUTION FRANÇAISE .

apprend qu’on a arrêté cinq représentants; alorsil se met à exciter le peuple, en criant que desscélérats oppriment les députés fidèles, qu’ils ontarrêté Couthon, Saint-Jusl et Robespierre . Ce mi-sérable était à moitié ivre; il s’agitait sur son chevalet brandissait son sabre comme un frénétique. Ilse rend d’abord au faubourg Saint-Antoine poursoulever les ouvriers, qui comprenaient à peine cequ’il voulait dire, et qui d’ailleurs commençaient às’apitoyer en voyant passer tous les jours de nou-velles victimes. Par un hasard fatal, Henriot ren-contre les charrettes. En apprenant l’arrestation deRobespierre , on les avait entourées; et commeRobespierre était supposé l’auteur de tous lesmeurtres, on s’imaginait que, lui arrêté, les exé-cutions devaient finir. On voulait, en conséquence,faire rebrousser chemin aux condamnés. Henriot,survenant en cet instant, s’y oppose et fait con-sommer encore cette dernière exécution. Il revientensuite, toujours au galop, jusqu’au Luxembourg ,et ordonne à la gendarmerie de se réunir à la placede la maison commune. Il prend un détachement àsa suite, et descend le long des quais pour se rendreà la place du Carrousel et aller délivrer les prison-niers, qui se trouvaient au comité de sûreté géné-rale. En courant sur les quais avec ses aides decamp, il renverse plusieurs personnes. Un homme,qui avait sa femme sous son bras, se tourne versles gendarmes, et s’écrie : t Gendarmes, arrêtezce brigand, il n’est plus votre général! » Un aidede camp lui répond par un coup de sabre. Henriotcontinue sa route, et se jette dans la rue Saint-Honoré; arrivé sur la place du Palais-Égalité (Palais-Royal), il aperçoit Merlin de Thionville ,et pousse à lui en criant : « Arrêtez ce coquin!» c’est un de ceux qui persécutent les représentants» fidèles! » On s’empare aussitôt de Merlin, on lemaltraite et on le conduit au premier corps degarde. Dans les cours du Palais-National, Henriotfait mettre pied à terre à ceux qui l’accompagnent,et veut pénétrer dans le palais. Les grenadiers luien refusent l’entrée et croisent la baïonnette. Dansce moment, un huissier s’avance et dit : — « Gen-» darrnes, arrêtez ce rebelle; un décret de la con-» vention vous l’ordonne! » — Aussitôt on entoureHenriot, on le désarme, lui et plusieurs de sesaides de camp, on les garrotte, et on les conduitdans la salle du comité de sûreté générale, auprèsdes Robespierre, Couthon , Saint-Justet Lebas.

Jusqu ici tout allait bien pour la convention; sesdécrets, hardiment rendus, étaient heureusement

exécutés; mais la commune et les jacobins, quin’avaient pas encore proclamé ouvertement l'insur-rection, allaient éclater maintenant, et réaliserleur projet d’un 2 juin. Par bonheur, tandis quela convention suspendait imprudemment sa séance,la commune faisait de même, et le temps étaitperdu pour tout le monde.

Le conseil ne se rassemble de nouveau qu’à sixheures. A cette reprise de la séance, l’arrestationdes cinq députés et d’Henriot était connue. Le con-seil, à celte nouvelle, ne se contient plus, et dé-clare qu’il s’insurge contre les oppresseurs dupeuple qui veulent faire périr ses défenseurs. H

ordonne de sonner le tocsin à l’hôtel de ville etdans toutes les sections. Il députe un de ses mem-bres dans chacune d’elles pour les pousser à l’in-surrection, et les décider à envoyer leurs batail-lons à la commune. 11 envoie des gendarmes fermerles barrières, et enjoint à tous les concierges desprisons de refuser les prisonniers qui leur seraientprésentés. Enfin, il nomme une commission exécu-tive de douze membres, dans laquelle se trouventPayan et Colfinhal, pour diriger l’insurrection, etuser de tous les pouvoirs souverains du peuple'Dans ce moment, on avait déjà réuni sur la placede la commune quelques bataillons des sections,

plusieurs compagnies de canonniers, et une grandepartie de la gendarmerie. On commence à fai 1 ' 0prêter le serment aux commandants des bataillonsactuellement réunis. Ensuite on ordonne à Colfinhalde se rendre avec quelques cents hommes à 1®convention, pour délivrer les prisonniers.

Déjà Robespierre aîné avait été conduit a 11Luxembourg, Robespierre jeune à la mais® 11Lazare, Couthon à Port-Libre, Saint-Just «U*Écossais, Lebas à la maison de justice du dépar-tement. L’ordre donné par la commune aux coU'cierges fut exécuté, et on refusa les prisonniers'Les administrateurs de police s’en emparèrent, elles conduisirent en voiture à la mairie. Quand Ro-bespierre parut, on l’embrassa, on le combla <| etémoignages de dévouement, et on jura de mon rl1pour le défendre, lui et tous les députés fidèles*Pendant ce temps, Henriot était seul resté au com ltode sûreté générale. Colfinhal, vice-présidentjacobins, y arriva le sabre à la main, avecqucl<l ueScompagnies des sections, envahit les salles du c °

Henri » 1

rut sur

mité, en chassa les membres, et délivraet ses aides de camp. Henriot, délivré, courla place du Carrousel, retrouva encore ses cheva®*’s’élança sur l’un d’eux, et, avec assez de préseu° 6