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Tome II.
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RÉVOLUTION FRANÇAISE.

sortir les perturbateurs, et immédiatement aprèsune foule de membres demandèrent la parole :Bourdon del’Oise , Rewbel,CIauzel, pour appuyerle comité; Duhem, Duroy, Bentabolle, pour lecombattre. Chacun parla à son tour, présenta lesfaits dans un sens, et fut interrompu par les dé-mentis de ceux qui avaient vu les faits dans un senscontraire. Les uns n’avaient aperçu que des groupesoù l’on maltraitait les patriotes; les autres n’avaientrencontré que des groupes où l’on maltraitait lesjeunes gens, et où l’on attaquait la convention etles comités. Duhem, qui pouvait difficilement secontenir dans toutes les discussions de ce genre,s’écria que les coups avaient été dirigés par les aris-tocrates qui dînaient chez la Cabarrus, et quiallaient chasser au Raincy . On lui retira la parole,et ce qui demeura évident au milieu de ce conflitd’assertions contraires, c’est que les comités, mal-gré leur empressement à se réunir et à convoquerla force armée, n’avaient pu cependant l’envoyerque fort tard sur les lieux ; qu’une fois les patrouillesdirigées vers la rue Saint-Honoré, ils n’avaient pasvoulu dégager les jacobins par la force, et s’étaientcontentés de faire écouler peu à peu l’attroupe-ment; qu’entîn, ils avaient montré une indulgenceassez naturelle pour les groupes qui criaient Vivela convention! et dans lesquels on ne disait pasque le gouvernement fût livré à des contre-révo-lutionnaires. On ne pouvait guère, en effet, leurdemander davantage. Empêcher qu’on ne maltraitâtleurs ennemis était leur devoir ; mais c’était tropexiger de vouloir qu’ils chargeassent à la baïon-nette leurs propres amis, c’est-à-dire des jeunesgens qui tous les jours se présentaient en fouleprêts à les appuyer contre les révolutionnaires. Ilsdéclarèrent à la convention qu’ils avaient passé lanuit à discuter la question de savoir s’il fallaitou non suspendre les jacobins. On leur demandas’ils avaient arrêté un projet, et sur leur déclara-tion qu’ils ne s’étaient pas encore entendus, onleur renvoya le tout pour prendre un parti, etvenir ensuite soumettre leur résolution à l’assem-blée.

Cette journée du 20 fut un peu plus calme, parcequil n y avait pas réunion aux Jacobins. Mais lelendemain 21, jour de séance, les rassemblementsse renouvelèrent. Des deux côtés on semblait pré-paré, et il était évident qu’on allait en venir auxmains dans la soirée même. Les quatre comités seréunirent Aussitôt^ suspendirent par un Arreté lesséances des jacobins, et ordonnèrent que la clef de

la salle fut apportée sur-le-champ au secrétariatdu comité de sûreté générale.

L’ordre fut exécuté, la salle fermée, et les clef sportées au secrétariat. Cette mesure prévint I etumulte qu’on redoutait; les rassemblements sudissipèrent , et la nuit fut parfaitement calme. L elendemain, Laignelot vint au nom des quatre cO'mités faire part à la convention de l’arrêté qu ‘* savaient pris. — « Nous n’avons jamais eu, dit-ij >l’intention d’attaquer les sociétés populaires; nia 1 ®nous avons le droit de fermer les portes là où 1s’élève des factions, et où l’on prêche la gueri’ ecivile. » La convention le couvrit d’applaudiss e 'ments. L’appel nominal fut demandé, et l’arrêt^fut sanctionné à la presque unanimité, au mil* el jdes acclamations et des cris de Vive la république'vive la convention!

Ainsi finit cette société dont le nom est reste s 1célèbre et si odieux, et qui, semblable à toutesl fiSassemblées, à tous les hommes qui figurèrent su°'cessivement sur la scène, semblable à la révolul' 011même, eut le mérite et les torts de l’extrên 1 ®

énergie. Placéeau-dessousdelaconvenlion, ouvert

à tous les nouveaux venus, elle était la lice où I e ®jeunes révolutionnaires qui n’avaient pas fig ureencore, et qui étaient impatients de se montr er ’venaient essayer leurs forces, et presser la mai’ c ^ordinairement plus lente des révolutionnaires d e J aassis au pouvoir. Tant qu’il fallut de nouve aU 'sujets, de nouveaux talents, de nouvellesprêtes à se sacrifier, la société des jacobinsutile, et fournit des hommes dont la révolu 1avait besoin dans cette lutte sanglante et terri"

Quand la révolution, arrivée à son dernier teriu e ’

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commença à rétrograder, c’est dans la société

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jacobins que furent refoulés les hommes anélevés dans son sein, et qui avaient survécuaction violente. Bientôt elle devint importuneses inquiétudes, dangereuse même par ses lcl " e | ier -Elle fut alors sacrifiée par les hommes q 111chaient à ramener la révolution du terme exl !^ 0l)foù elle était arrivée à un juste milieu de ral sd’équité, de liberté, et qui, aveuglés, comme

les hommes qui agissent, par l'espérance, croy a j^ {

pouvoir la fixer dans ce milieu désiré. H s aV ^ r a-raison sans doute de vouloir revenir à la metion, et les jacobins avaient raison de * eU ^ v0 ju-

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qu ils allaient à la contre-révolution. Les

tions, semblables à un pendule violemmentcourant d’une extrémité à une autre, on eS ^ rcU -jours fondé à leur prédire des excès; mais heu