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Tome II.
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CONVENTION NATIONALE (1795),

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CHAPITRE X.

Couverture des salons, des spectacles, des réunions savantes ; établissement des écoles primaires , normale, de droit etde médecine ; décrets relatifs au commerce , à l’industrie , à l’administration de la justice et des cultes. — Disette dessubsistances dans l’hiver de l’an ht. — Destruction des bustes de Marat. — Abolition du maximum et des réquisitions.— Systèmes divers sur les moyens de retirer les assignats. — Augmentation de la disette à Paris . — Réintégration desdéputés girondins. — Scènes tumultueuses à l’occasion de la disette ; agitation des révolutionnaires ; insurrection du12 germinal ; détails de cette journée. — Déportation de Barrère , Bülaud-Varennes et Collot-d’Herbois . — Arrestationde plusieurs députés montagnards. — Troubles dans les villes. — Désarmement des patriotes.

Les jacobins étaient dispersés, les principauxagents ou chefs du gouvernement révolutionnairepoursuivis, Carrier mis à mort, plusieurs autresdéputés recherchés pour leurs missions; enfinHillaud- Varennes, CoIlot-d’Hcrbois, Barrère etVadier étaient mis en état de prévention, et desti-nés à être traduits bientôt devant le tribunal de■ leurs collègues. Mais, tandis que la France cher-chait ainsi à se venger des hommes qui avaiente xigé d’elle des efforts douloureux, et l’avaientcondamnée à un régime terrible, elle revenait avecPassion aux plaisirs, aux douceurs des arts et de lacivilisation, dont ces hommes la privèrent un in-fant. Nous avons déjà vu avec quelle ardeur onlSe préparait à jouir de cet hiver, avec quel goûts, ngulier et nouveau les femmes avaient cherché;1 se parer, avec quel empressement on se rendait;, «x concerts de la rue Feydeau. Maintenant tous* e s spectacles étaient rouverts. Les acteurs de lacomédie française étaient sortis de prison : Larive ,Saint-Prix, Mole, Dazincourt , Saint-Plial, mes-demoiselles Contât, Devienne, avaient reparu sur^ scène. On sc portait aux spectacles avec fureur.

y applaudissait tous les passages qui pouvaient!a 're allusion à la terreur; on y chantait l’air du^h'eil du Peuple; on y proscrivait la Mar set l-a Ue. Dans les loges paraissaient les beautés duj e mps, femmes ou amies des thermidoriens ; dans0 parterre, la jeunesse dorée de Fréron semblaitliguer par ses plaisirs, par sa parure et par sonces terroristes sanguinaires, grossiers, qui,^ s mt-on, avaient voulu chasser toute civilisation.q 6s ^ds étaient suivis avec le même empressement.( j n en vit un où il n’était personne qui n’eût perduParents dans la révolution; on l’appela le bales victimes. Les lieux publics consacrés aux arts

étaient aussi rouverts. La convention, qui, avectoutes les passions, a eu toutes les grandes idées,avait ordonné la formation d’un musée, où l’onréunissait aux tableaux que possédait déjà laFranceceux que nous procurait la conquête. Déjà on yavait transporté ceux de l’école flamande conquisen Belgique. Le Lycée, où Laharpe avait célébrétout récemment la philosophie et la liberté enbonnet rouge, le Lycée, fermé pendant la terreur,venait d’être rendu au public, grâce aux bienfaitsde la convention, qui avait fait une partie des fraisde l’établissement, et qui avait distribué quelquescentaines de cartes aux jeunes gens de chaque sec-tion. Là, on entendait Laharpe déclamer contrel’anarchie, la terreur, l’avilissement de la langue,le philosophisme, et tout ce qu’il avait vanté autre-fois, avant que cette liberté, qu’il célébrait sans laconnaître, eût effrayé sa petite âme. La conventionavait accordé des pensions à presque tous les gensde lettres, et à tous les savants, sans aucune dis-tinction d’opinions. Elle venait de décréter lesécoles primaires, où le peuple devait apprendreles éléments de la langue parlée et écrite, les rè-gles du calcul, les principes de l’arpentage, et quel-ques notions pratiques sur les principaux phéno-mènes de la nature; les écoles centrales destinéesaux classes plus élevées, et où la jeunesse devaitapprendre les mathématiques, la physique, la chi-mie, l’histoire naturelle, l’hygiène, les arts etmétiers, les arts du dessin, les belles-lettres, leslangues anciennes, les langues vivantes les plusappropriées aux localités, la grammaire générale,la logique et l’analyse, l’histoire, l’économie poli-tique, les éléments de législation, le tout dansl’ordre le mieux approprié au développement del’esprit; l’école normale, où devaient se former,