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Tome II.
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DÉVOLUTION FRANÇAISE.

sous les savants et les littérateurs les plus célèbres,déjeunes professeurs qui ensuite iraient répandredans toute la France l’instruction puisée au foyerdes lumières; enfin, les écoles spéciales de méde-cine, de droit, d’art vétérinaire. Outre ce vastesystème d’éducation destiné à répandre, à propa-ger cette civilisation qu’on accusait si injustementla révolution d’avoir bannie, la convention votades encouragements pour des travaux de toute es-pèce. L’établissement de diverses manufactures ve-nait d’être ordonné. On avait donné aux Suisses ,expatriés pour cause de troubles, des domainesnationaux à Besançon , afin d’y former une manu-facture d’horlogerie. La convention avait demandéen outre à ses comités des projets de canaux, desplans de banque, et un système d’avances pourcertaines provinces ruinées par la guerre. Elle avaitadouci quelques lois qui pouvaient nuire à l’agri-culture et au commerce. Une foule de cultivateurset d’ouvriers avaient quitté l’Alsace, lorsqu’ellefut évacuée par Wurmser, Lyon pendant le siège,et tout le Midi , depuis les rigueurs exercées contrele fédéralisme. Elle les distingua des émigrés, etrendit une loi par laquelle les laboureurs, les ou-vriers sortis deFrance depuis le 1" mai 1793, et dis-posés à y rentrer avant le 1" germinal, ne seraientpas considérés comme émigrés. La loi des suspects,dont ondemandaitle rapport, fut maintenue; maiselle n’était plus redoutable qu’aux patriotes quiétaient devenus les suspects du jour. Le tribunalrévolutionnaire venait d’être entièrement recom-posé, et ramené à la forme des tribunaux crimi-nels ordinaires: il y avait juges, jurés et défen-seurs. On ne pouvait plus juger sur pièces écriteset sans entendre les témoins. La loi qui permettaitla mise hors des débats, et qui avait été renduecontre Danton , était rapportée. Les administra-tions de districts devaient cesser d’être perma-nentes, excepté dans les villes au-dessus de cin-quante mille âmes. Enfin, le grand intérêt du culteétait réglé par une loi nouvelle. Cette loi rappelaitqu’en vertu de la déclaration des droits, tous lescultes étaient libres; mais elle déclarait que l’Étatn en salariait plus aucun, et n’en permettait plusla célébration publique. Chaque secte pouvait con-struire, louer des édifices, et se livrer aux prati-ques de son culte dans l’intérieur de ses édifices.Enfin, pour remplacer les anciennes cérémoniesde la religion catholique, et celles de la Raison,la convention venait de faire un plan de fètesdéca-daircs. Elle avait combiné la danse, la musique et

les exhortations morales, de manière à rendre pro-fitables les plaisirs du peuple, et à produire surson imagination des impressions à la fois utiles etagréables. Ainsi distraite du soin pressant de scdéfendre, la révolution dépouillait ses formes vio-lentes, et revenait à sa mission véritable, celle defavoriser les arts, l’industrie, les lumières et lacivilisation.

Mais tandis qu’on voyait les lois cruelles dispa-raître, les hautes classes se recomposer et se livreraux plaisirs, les classes inférieures souffraientd’une affreuse disette et d’un froid presque inconnudans nos climats. Cet hiver de l’an ni, qui nousavait permis de traverser à pied sec les fleuves etles bras de mer de la Hollande, nous faisait payercher cette conquête en condamnant le peuple desvilles et des campagnes à de rudes souffrances.C’était sans contredit le plus rigoureux du siècle :il surpassait encore celui qui précéda l’ouverturedes états généraux, en 1789. Les subsistancesmanquaient par différentes causes. La principaleétait l’insuffisance de la récolte. Quoiqu’elle se fûtannoncée très-belle, la sécheresse, puis les brouil'lards, avaient trompé toutes les espérances. Lebattage avait été négligé, comme dans les annéesprécédentes, soit par le défaut de bras, soit par b*mauvaise volonté des fermiers. Les assignats bais-sant tous les jours, et étant tombés récemment audixième de leur valeur, le maximum était devenu

plus oppressif, et la répugnance à y obéir, l cSefforts pour s’y soustraire, plus grands. Les fer'miers faisaient partout de fausses déclarations, ctétaient aidés dans leurs mensonges par les muni'cipalités, qui venaient, comme on sait, d’êtrerenouvelées. Composées presque toutes d’hommesmodérés, elles secondaient volontiers la révol lecontre les lois révolutionnaires; enfin, tous les reS'sorts de l’autorité étant relâchés, ct le gouverne'ment ayant cessé de faire peur, les réquisitionspour l’approvisionnement des armées ct des S 1 ’ 81 'des communes n’étaient plus obéies. Ainsi,système extraordinaire des approvisionnement 6 'destiné à suppléer au commerce, se trouvait desorganisé bien avant que le [commerce eût repn sson mouvement naturel. La disettedevait être p 1 ' ^sensible encore dans de grandes communes, *° l îjours plus difficiles à approvisionner. Paris e ^menacé d’une famine plus cruelle qu’aucunecelles dont on avait eu peur dans le cours d®révolution. Aux causes générales se réunissaides causes toutes particulières. Par la suppr*-’» sl