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CONVENTION NATIONALE (1795).
bons en les rendant spéciales, limitées, régulières,®t on avait ajourné les questions relatives au sé-questre, au numéraire et aux assignats. Aujour-dhui, tout ménagement pour les créations révo-lutionnaires avait disparu. Ce n’était plus uneS| mple modification qu’on demandait, e’élail l'abo-lition même du système d’urgence établi pendantla terreur. Les adversaires de ce système donnaient^excellentes raisons. Tout n’étant pas maxime,disaient-ils, le maximum était absurde et inique.Ee fermier payant 30 francs un soc qu’il payaitjadis 50 sous, 700 francs un domestique qu’ilPayait 100, et 10 francs le journalier qu’il payaitHO sous, ne pourrait jamais donner ses denrées auUiême prix qu’autrefois. Les matières premièresapportées de l’étranger ayant été affranchies ré-cemment du maximum, pour rendre quelque ac-tivité au commerce, il était absurde de les y sou-mettre ouvrées; car elles seraient payées huit oudix fois moins qu’à l’état brut. Ces exemples■Tétaient pas les seuls : on en pouvait citer milledu même genre. Le maximum exposant ainsi lemarchand, le manufacturier, le fermier, à desPerles inévitables, ils ne voudraient jamais le su-bir; les uns abandonneraient les boutiques ou lafabrication, les autres enfouiraient leur blé ou leferaient consommer dans les basses-cours, parceffn’ils trouveraient plus d’avantages à vendre devolaille ou des cochons engraissés. De manière°U d’autre, il fallait, si on voulait que les marchésfessent approvisionnés, que les prix fussent li-bres; car jamais personne ne voudrait travaillerP°ur perdre. Du reste, ajoutaient les adversairesdu système révolutionnaire, le maximum n’avaitJamais été exécuté; ceux qui voulaient trouver àacheter se résignaient à payer d’après le prix réel,Uon d’après le prix légal. Toute la question ser °duis:iit donc à ces mots : payer cher ou n’avoirl, en. Vainement voudrait-on suppléer à l’activité8 Pontanée de l’industrie et du commerce par lesfé quisitions, c’est-à-dire par l’action du gouverne-ment. Un gouvernement commerçant était unemonstruosité ridicule. Cette commission des ap-b r °visionnements, qui faisait tant de bruit de sesopérations, sait-on ce qu’elle avait apporté en(, 'ance de blé étranger? De quoi nourrir la FranceRidant cinq jours. Il fallait donc en revenir àActivité individuelle, c’est-à-dire au commercel bfe, et ne s’en fier qu’à lui. Lorsque le maxi-serait supprimé, etque lertégocianl pourraittrouver le prix du fret, des assurances, de l’in-
térêt de ses capitaux, et son juste bénéfice, ilferait venir des denrées de tous les points du globe.Les grandes communes surtout, qui n’étaient pascomme celle de Paris approvisionnées aux frais del’Etat, ne pouvaient recourir qu’au commerce, etseraient affamées si on ne lui rendait sa liberté.
En principe, ces raisonnements étaient justes;il n’en était pas moins vrai que la transition ducommerce forcé au commerce libre devait êtredangereuse dans un moment d’aussi grande crise.En attendant que la liberté des prix eût réveillél’industrie individuelle, et approvisionné les mar-chés, le renchérissement de toutes choses allaitêtre extraordinaire. Celait un inconvénient très-passager pour toutes les marchandises qui n’é-taient pas de première nécessité; ce n’était qu’uneinterruption momentanée jusqu’à l’époque où laconcurrence ferait tomber les prix; mais pour lessubsistances qui n’admettent pas d’interruption,comment se ferait la transition? En attendant quela faculté de vendre les blés à prix libre eût faitexpédier des vaisseaux en Crimée, en Pologne , enAfrique, en Amérique , et obligé, par la concur-rence, les fermiers à livrer leurs grains, commentvivrait le peuple des villes sans maximum et sansréquisitions? Encore valait-il mieux de mauvaispain, produit avec les pénibles efforts de l’admi-nistration, avec d’incroyables tiraillements, que ladisette absolue. Sans doute il fallait sortir de cesystème forcé le plus tôt possible, mais avec degrands ménagements et sans un sot emportement.
Quant aux reproches de M. Boissy-d’Anglas à la 'commission des approvisionnements, ils étaientaussi injustes que ridicules. Ses importations, di-sait-il, n’auraient pu nourrir la France que pendantcinq jours. D’abord on niait le calcul; mais peuimportait. Ce n’est jamais que le peu qui manqueà un pays, autrement il serait impossible d’y sup-pléer; mais n’élait-ce pas un service immense qued’avoir fourni ce peu? Se figure-t-on le désespoird’une contrée privée de pain pendant cinq jours?Encore si cette privation eûlété également répartie,elle aurait pu n’être pas mortelle; mais tandis queles campagnes auraient regorgé de blé, on auraitvu les grandes villes, et surtout la capitale enmanquer, non pas seulement pendant cinq jours,mais pendant dix, vingt, cinquante, et un boule-versement s’ensuivre. Du reste, la commission decommerce et des approvisionnements, dirigée parLindet , ne s était pas bornée seulement à tirer desdenrées du dehors, mais elle avait encore fait